6 journalistes ivoiriens en liberté, mais inculpés

Un homme regarde les « Une » des journaux Le Temps et La Voie après l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis, le 10 novembre 2016 à Abidjan, en Côte d’Ivoire| AFP

Les six journalistes ivoiriens, interpellés et incarcérés depuis dimanche à Abidjan, ont été inculpés mardi de « divulgations de fausses nouvelles » et remis en liberté, a annoncé leur syndicat.

Vamara Coulibaly, Yacouba Gbané et Franck Bamba Mamadou, respectivement directeurs des quotidiens ivoiriens l’Inter et Soir Info (indépendants), du Temps (opposition) et de Notre Voie (opposition), ont été inculpés « d’atteintes à la sureté de l’Etat, à l’incitation des militaires à l’insoumission et à la rébellion » a déclaré à l’AFP le responsable du Syndicat de la presse privée de Côte d’Ivoire, Guillaume Gbato.

Ces inculpations concernent également les collaborateurs de ces patrons, Hamadou Ziao (rédacteur en chef de l’Inter), Jean Bédel Gnago (Soir info) et Ferdinand Bailly (Le temps), arrêtés au même moment.

« C’est un soulagement, mais nous demandons l’abandon total de toutes les charges retenues contre nos confrères », a souligné M. Gbato.

Plusieurs associations de journalistes, nationales et internationales, avaient protesté contre ces arrestations, déplorant une « atteinte flagrante à la liberté de la presse ».

Les journalistes ont été inculpés pour leur couverture de la récente mutinerie de soldats des Forces spéciales ivoiriennes qui s’étaient mutinés, il y a une semaine dans leur base d’Adiaké, à 90 km à l’est d’Abidjan, pour réclamer des primes. Ils avaient mis fin à leur mouvement deux jours plus tard.

Les Forces spéciales sont une unité d’élite de l’armée directement engagée dans la sécurité rapprochée du président ivoirien Alassane Ouattara.

Début janvier, la Côte d’Ivoire avait été secouée par une mutinerie d’anciens rebelles intégrés dans l’armée, qui avaient paralysé plusieurs villes pour réclamer le paiement de primes.

En répondant à leurs revendications, via le versement de primes à 8.500 de ces membres de l’ex-rébellion ayant contrôlé le nord du pays entre 2002 et 2011, les autorités avaient provoqué la colère de militaires et gendarmes non concernés par cet accord, qui s’étaient à leur tour mutinés. Des affrontements avaient fait quatre morts à Yamoussoukro (centre).

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