En Afrique du Sud, l’opposition échoue à former des coalitions contre l’ANC

Julius Malema parle à la presse le 17 août 2016 dans le township Alexandra à johannesbourg

Julius Malema parle à la presse le 17 août 2016 dans le township Alexandra à johannesbourg |AFP

Les principaux partis d’opposition en Afrique du Sud ne formeront pas de coalitions municipales à Pretoria et Johannesburg mais devraient s’unir ce week-end pour empêcher l’élection d’un maire issu du parti au pouvoir, l’ANC, dans ces deux villes-clés du pays.

A Pretoria comme à Johannesburg, le Congrès National Africain (ANC) a perdu sa majorité absolue lors des élections municipales du 3 août, un revers historique pour le parti fondé par Nelson Mandela.

Ces résultats ont obligé les différentes formations politiques à négocier pour former des coalitions.

Troisième force politique avec plus de 11% des voix dans les deux villes, le parti de gauche radicale des Combattants pour la liberté économique (EFF) occupait la position du faiseur de roi.

Mais ses négociations avec l’Alliance démocratique (DA), parti d’opposition libéral de centre-droit, comme avec l’ANC n’ont pas abouti.

« Nous ne formerons de coalition avec personne », a assuré Julius Malema, le leader populiste de l’EFF lors d’une conférence de presse mercredi.

Il avait notamment posé comme préalable le départ du président Jacob Zuma pour former une coalition avec l’ANC mais a essuyé « un non ferme » en retour.

M. Malema a néanmoins expliqué que son parti voterait pour faire élire un maire DA dans la capitale Pretoria et dans la plus grande ville du pays Johannesburg, notant que sa formation était « coincée entre deux diables » mais que le parti libéral était « un meilleur diable comparé à l’ANC ».

« L’ANC n’aura pas un seul vote venant de l’EFF », a asséné M. Malema, qualifiant le parti au pouvoir d’organisation « soutenant la kleptocratie ».

Concrètement, si ces promesses s’appliquent ce week-end lors de l’élection des conseils municipaux, aucune majorité absolue ne devrait se dégager à Pretoria et à Johannesburg.

Des maires DA seraient ainsi élus dans ces deux villes mais ne disposeraient pas de plus de 50% des sièges pour faire voter leurs décisions et devraient trouver des points d’entente au cas par cas avec l’EFF.

« Cela va être un jeu délicat du chat et de la souris », prévient Richard Calland, professeur à l’université du Cap, qui met en garde contre des gouvernements municipaux « instables » qui ne « satisferaient pas les attentes des électeurs ».

– Camouflet en vue pour l’ANC –

Ce scénario constituerait un véritable camouflet pour l’ANC, déjà secoué par les résultats du scrutin au niveau national où elle a obtenu moins de 54% des voix, son pire score depuis son arrivée au pouvoir en 1994 à la fin de l’apartheid.

Le parti a également perdu la majorité absolue dans cinq des six plus grandes villes du pays, une première.

Plusieurs analystes estiment que les scandales de corruption qui entourent le deuxième mandat du président Zuma sont à l’origine de cette chute de popularité dans les urnes.

Ces derniers jours, l’ANC a exclu toute démission du chef de l’Etat.

Mercredi, le leader de la DA a annoncé que son parti allait former des coalitions avec plusieurs formations mineures tout en confirmant qu’il n’avait pas réussi à s’entendre avec l’EFF.

« Il est clair que nous ne pouvions pas trouver d’accord sur les questions idéologiques. Il y a trop de sujets sur lesquels nos positions divergent », a déclaré Mmusi Maimane au cours d’une conférence de presse.

Il a néanmoins salué la proposition de Julius Malema appelant à élire des maires DA dans les villes concernées, indiquant qu’il s’agissait d’une « grande opportunité (pour la DA) de former des gouvernements », à Pretoria notamment.

« Nous avons une vision commune pour la réalisation de certains objectifs, je suis sûr que nous pouvons travailler ensemble », assure à l’AFP James Selfe, député DA en charge des négociations pour les coalitions.

La DA a également annoncé des accords avec plusieurs petits partis pour gouverner avec une majorité absolue à Nelson Mandela Bay, la sixième métropole du pays qui englobe la ville industrielle de Port Elizabeth.

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