Alcool: les dangers de « Lotoko », «Su pu na Tolo », « Koutoukou », « Changa’a »

Alccol: Boissons traditionnelles africaines. Image d'illustration.

Boisson traditionnelle africaine. Image d’illustration.

Le marché de la bière en Afrique est très concurrentiel. Certains marchés tentent de se démarquer, comme au Kenya où la bière danoise a le vent en poupe. 

Le marché de la bière en Afrique continue d’aiguiser les appétits. Il faut dire que les succès ont été rendez-vous. Au point même d’inquiéter l’organisation mondiale de la santé qui a tiré la sonnette d’alarme : « la plupart des gens en Afrique ne boivent pas pour des raisons culturelles, religieuses et économiques mais ceux qui boivent, consomment beaucoup » affirme Vladimir Poznyak, ancien coordinateur de l’unité de lutte contre les toxicomanies. L’expansion de la vente d’alcool pourrait rapidement devenir un véritable enjeu de santé publique. L’Ouganda a fait de la lutte contre l’alcoolisme , une priorité. Selon l’Uganda Youth Development Link, un organisme de prévention contre l’alcoolisme : « Il est plus facile aujourd’hui en Ouganda de trouver une boisson alcoolisée que de l’eau minérale », regrette cette association.

Les anglophones se distinguent

Pourtant, les risques liés à la consommation excessive d’alcool ne semblent pas calmer les ardeurs des consommateurs parfois très jeunes. C’est pourquoi, face à ce phénomène de la consommation précoce et excessive d’alcool, l’Afrique du Sud a décidé de légiférer pour relever l’âge légal de consommation de 18 à 21 ans. De son côté, la Zambie a décidé simplement d’interdire la vente de petits sachets d’alcool en libre accès sur tout le territoire. Il faut dire que ces petits sachets ont un succès qui ne se dément pas. Ces sachets qui peuvent contenir entre 50 et 200 mm d’alcool sont en vente libre dans les épiceries, jour et nuit, aux côtés des produits de premières nécessités comme les denrées alimentaires ou autres produits d’hygiène et ils ont aussi la particularité d’être très accessibles financièrement pour les revenus les plus modestes.

Les effets dramatiques des alcools frelatés

L’émergence du marché publicitaire autour de la boisson alcoolisée alliée à une offre toujours plus importante avec des prix cependant pas toujours très accessibles pour les revenus modestes poussent certains à consommer de l’alcool frelaté. Réputé pour son prix abordable et ses effets secondaires soudains et garantis, ces breuvages appelés communément « Lotoko », (RDC) «Su pu na Tolo » , « Koutoukou » (Côte d’Ivoire) ou encore «  Changa’a » (Kenya) font des ravages. Ainsi, à Nairobi : un fait divers d’une ampleur inédite avait défrayé la chronique en 2014. 80 personnes avaient trouvé la mort et 180 autres personnes avaient été hospitalisées pour se faire désintoxiquer. Un fait divers qui avait provoqué à l’époque un débat sur la légifération autour de la vente d’alcool.

Priorité aux circuits courts

Au Kenya,, la vraie remise en question contre ce fléau a porté sur l’accessibilité financière pour la consommation de ce produit afin d’éviter que les populations les plus modestes ne se tournent vers un alcool encore plus nocif pour la santé. Ainsi, Nairobi a laissé ces distributeurs locaux aux manettes pour faciliter les circuits-courts et faire baisser les taxes sur les produits alcoolisés moins dangereux pour la santé.

Ainsi, a-t-on appris en juin dernier que le brasseur danois de La Royal Unibrew avait signé un partenariat commercial avec Humphrey Kariuki, gérant de la société WOW Bewerages. La société kényane s’est engagée à ouvrir ses réseaux de distribution à la bière danoise en contrepartie d’une rétribution des ventes de celles-ci à hauteur de 10% par bière vendue.

Rudy Casbi


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