Arrêt sur le monument de la Renaissance africaine

Arrêt sur le monument de la Renaissance africaine
Monument de la renaissance africaine

Monument de la renaissance africaine

Plus de deux ans se sont écoulés depuis l’inauguration le 3 avril 2010, à l’occasion des cérémonies du cinquantenaire de l’indépendance du Sénégal, du majestueux et superbe monument dit de la « renaissance africaine » de Dakar. Il est donc aujourd’hui légitime que l’on se penche sur l’impact qu’il a pu avoir sur les nombreux visiteurs, bien sûr, mais notre propos du jour se veut plutôt une exhortation à un pèlerinage culturel.

Pour mémoire, situé à Ouakam, un arrondissement de Dakar, sur l’une des deux collines volcaniques coniques, les fameuses « mamelles » de cent mètres de haut qui surplombent la capitale sénégalaise, usurpant la vedette au vieux phare de Dakar qui représentait, jusqu’au siècle dernier, le seul point de repère des côtes de l’Afrique occidentale. Il se décline comme une imposante structure en bronze et cuivre de cinquante-deux mètres de haut et représente un couple et son enfant, les yeux scrutant l’horizon lointain qui rapproche le ciel de l’Océan atlantique. C’est un magnifique ouvrage inspiré et tracé par le président Abdoulaye Wade.

Il sied de rappeler qu’il aura fallu dépenser entre neuf et quinze milliards de francs CFA, soit quinze à vingt-trois millions d’euros, pour représenter l’image de la « dignité du continent… et une Afrique sortant des entrailles de la terre, quittant l’obscurantisme pour aller vers la lumière ». D’aucuns ajouteront, n’en déplaisent aux puristes culturels, qu’il s’agit d’« une Afrique qui a pansé ses blessures pour se projeter dans l’avenir ».

La statue, qui aurait été conçue par un sculpteur d’origine roumaine, Virgil Magherusan, mérite que l’on s’y arrête quels que soient les préjugés, les polémiques engagées telles le coût jugé pharaonique dans un contexte de crise économique, le financement jugé opaque ou sa construction par la dictature nord-coréenne, la position en retrait de la femme dans la sculpture critiquée par les féministes, etc.

L’on se retrouve très vite pris par ce sentiment d’appropriation qu’exprimait Abdoulaye Wade lorsqu’il décrit ce monument comme « une force de propulsion et d’attraction dans la grandeur, la stabilité et la pérennité de l’Afrique ». «À l’instar de la statue de la Liberté aux États-Unis, de l’Arc de Triomphe et de la Tour Eiffel à Paris, je veux donner une certaine image de la Renaissance africaine. Après six siècles de ténèbres nous allons vers la lumière. »

Selon le ministre sénégalais de la Culture et de la Francophonie, à l’époque Serigne Mamadou Bousso Lèye, la durée de vie du monument serait de 1200 ans. Considérons cela, comme au temps des pharaons, comme un défi de longévité qui illustrera aussi bien la grandeur que la reconnaissance du berceau de l’humanité.

Quand le président Wade affirme : « J’ai décidé que toutes les recettes seront destinées à la construction de cases des tout-petits, pas seulement au Sénégal, mais dans toute l’Afrique, parce que ce monument n’est pas celui du Sénégal, mais de l’Afrique », toute l’Afrique devrait se sentir interpellée par cet autre signe des temps.

Ferréol Constant Patrick Gassackys

 


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