Aubin Minaku : « la majorité présidentiel a l’intention de conserver le pouvoir. » en RDC

Aubin Minaku : « la majorité présidentiel a l’intention de conserver le pouvoir. » en RDC

Aubin Minaku, élu nouveau  président  de l'Assemblée nationale congolaise le 12/04/2012 à Kinshasa. Radio Okapi/ Ph. John Bompengo

Aubin Minaku, élu nouveau président de l’Assemblée nationale congolaise le 12/04/2012 à Kinshasa. Radio Okapi/ Ph. John Bompengo

C’est devant un parterre de la presse congolaise que le président de l’assemble nationale, Aubin Minaku a décidé tout comme son parti, le PPRD, de parler pour contrecarrer ce qu’il qualifie de rumeur sur la question de modification de la Constitution pour permettre à Joseph Kabila de rester au pouvoir. C’est le président de l’Assemblée nationale congolaise, Aubin Minaku qui l’annonce. « la majorité présidentiel a l’intention de conserver le pouvoir. »

Sur la question de la révision de la constitution « Autant l’opposition a le droit constitutionnel de s’organiser pour obtenir les conditions de l’alternance, autant la majorité dans toute démocratie doit s’organiser parce qu’elle estime que son projet de société qui est le meilleur à pouvoir amener le pays vers l’émergence. »

Le président du Parlement congolais indique, sans outre mesure, que le pouvoir sera conservé par la voie des urnes comme cela a été le cas en 2006 et en 2011 avec l’élection de Joseph Kabila.

« Cela signifie sans ambages que nous allons respecter la Constitution de la République Démocratique du Congo du premier au dernier article. Le respect de la Constitution de la République Démocratique du Congo signifie notamment le respect de sa procédure de révision. », a déclaré Aubin Minaku qui précise que le respect de la Constitution n’est pas seulement une affaire de l’article 220 mais également l’article 218 en lien avec la révision constitutionnelle.

Le respect de la constitution

Le président de l’Assemblée nationale avance que toute initiative de Joseph Kabila, de la majorité et du bureau politique du PPRD, le parti au pouvoir va respecter la Constitution. Mais celui-ci n’oublie pas que l’essence du pouvoir reste au peuple.

« Le détenteur du pouvoir souverain, c’est le peuple. Et pour toute question en rapport avec la Constitution, nous souhaitons  que cela se passe par voie référendaire, par référendum. Pour toute question majeure, aujourd’hui, demain, après-demain, tout ce que nous allons considérer comme question majeure nécessitant une modification des lois de la république, le parlement sera saisi ; nécessitant une révision de la Constitution, nous allons soumettre ces questions à la sanction, soit du congrès soit du peuple », a affirmé M. Minaku.

La communication du PPRD, parti au pouvoir a également vu la contribution du ministre de l’Intérieur, Richard Muyej qui a fait remarquer avec insistance que sa modification ne peut être possible que par voie référendaire:

«Comme le peuple souverain s’est exprimé par voie référendaire en décembre 2005 par un oui massif pour la constitution actuelle, il reste le seul à pouvoir modifier les dispositions interdites au Parlement par la même voie du référendum constitutionnel

Sur la protestation de l’opposition et des Organisations de la société civile qui appellent le pouvoir à ne pas toucher à la Constitution, Aubin Minaku affirme que le slogan « Ne touche pas à ma constitution » est un discours qui viole la Constitution. Selon lui, la Constitution même dit de la toucher en respectant son article 218. « Pourquoi on vient manipuler la population en disant ‘’Ne touche pas à ma Constitution’’ ?», s’est-il demandé.

Pressions internationales

Quant aux pressions internationales notamment des Etats-Unis qui demandent de ne pas modifier la Constitution, M. Minaku précise que la RDC a opté pour une démocratie électorale qui devrait être comprise comme une capacité du Congo à s’autodéterminer.

De son côté par la voix de son ambassadeur en RDC, James Swan, les USA ont réafirmé leur souhait de voir un changement à la tête du Congo afin de consolider la culture de la démocratie et le changement du pouvoir dans la paix. Ce qui selon les analystes, spécialités de la politique congolaise, laisse penser que le départ de l’actuel président, Joseph Kabila est une condition nécessaire pour l’établissement de la démocratie.

Le président de l’Assemblée a entretenu le flou sur la question d’une éventuelle candidature de Joseph Kabila à la suite d’une modification constitutionnelle.

M. Minaku souhaite que l’opposition congolaise s’organise mais ne la voit pas capable de gagner en 2016 pour prendre le pouvoir.

« Nous avons le meilleur projet de société pour le Congo. Nous n’avons pas de raison d’avoir peur de l’opposition. »

Didier Assogba avec Roger Musandji
oeildafrique.com

Roger Musandji

Roger Musandji

Fondateur de RM COMMUNICATION, société éditrice d'Oeil d'Afrique.


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1 commentaire

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  1. Guido
    Guido 21 juillet, 2014, 10:36

    La RDC doit perreniser une culture démocratique en evitant que les dirigeants restent au pouvoir plus de deux mandats.
    Nous remercions les USA pour leur soutien ainsi que d’autres pays qui essaient de faire pression sur Kabila et sa majorité de ne pas toucher à la constitution.

    Je pense que s’il doit avoir référendum, on doit attendre après 2016. Evitons d’amener notre paysa au chaos, 14 ans au pouvoir de kabila et sa clique, rien n’a changé, donnons la chance aux autres. Quand nous disons aux aitres, ce n’est pas dit que le Majorité ne peut pas gagner les élections.

    Que Kabila dégage et qu’ils laissent les autres la chance de diriger ce beau et riche pays.

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