Beaucoup d’Ivoiriennes victimes de la promotion canapé

Beaucoup d’Ivoiriennes victimes de la promotion canapé

Alors que la communauté internationale rend ce vendredi 8 mai un hommage aux femmes, celles de la Côte d’Ivoire dénoncent pour beaucoup d’entre elles être victimes du phénomène ‘’Promotion canapé’’, une pratique avilissante à laquelle sont soumises des femmes en quête d’une embauche ou d’une promotion dans les administrations publiques et privées du pays.

Le phénomène ‘’Promotion canapé’’ consiste ainsi pour celles qui cherche emploi à offrir leurs corps en acceptant des rapports sexuels avec un chef d’entreprise ou un responsable de l’administration publique, comme condition sine qua non pour être embauchée.

‘’Aujourd’hui le phénomène de la promotion canapé prend de l’ampleur dans le pays’’, dénonce Marie Jeanne Koffi, doctorante à l’Université Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan-Cocody.

Selon elle, cette pratique est le ‘’prolongement de ce qui se passe dans les collèges et lycées où des élèves filles entretiennent souvent des rapports sexuels avec leurs professeurs, rien que pour avoir de bonnes notes et passer en classe supérieure’’.

A ce sujet, de récentes données statistiques indiquent que dans les deux directions régionales de l’Education nationale de Bouaké à 379 km au nord d’Abidjan, 88 cas de grossesses dont les auteurs ne sont pas forcément des enseignants ont été dénombrés pendant la rentrée scolaire 2012-2013.

Un jeune militant d’un parti politique ivoirien, visiblement amer pour avoir été ‘’oublié’’ lors du ‘’partage du gâteau’’ après l’accession du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) au pouvoir, dénonce avec véhémence cette pratique au plus haut niveau de l’administration ivoirienne.

‘’Cette pratique a été en vogue au Golf hôtel où le RHDP était reclus pendant la crise postélectorale’’, fulmine-t-il sous le couvert de l’anonymat, regrettant certaines nominations qui n’obéissent, selon lui, à aucune logique de compétence si ce n’est que ‘’la promotion canapé’’.

Des jeunes filles et même des femmes mariées sont victimes de ce phénomène qui crée généralement un grand déséquilibre, voire de vives tensions dans certains foyers dès que l’époux est informé du mauvais comportement de sa femme.

‘’J’ai une sœur mariée qui a été victime de cette pratique dans une entreprise de téléphonie mobile de la place où le comportement de son supérieur hiérarchique reste à désirer’’, raconte Mme Mahoua Coulibaly, cadre financier.

‘’Après que ma sœur ait refusé ses propositions, il lui a crée toute sorte d’enfer’’, se souvient Mme Coulibaly qui précise que sa sœur a été renvoyée après que son ‘’Chef lui ait collé une faute sans tête, ni queue’’.

Le moment de copter des agents pour aller à des missions est également propice à la ‘’promotion canapé’’.

A la place de l’argent, explique l’assistant social d’une entreprise d’Etat, certains adeptes du ‘’phénomène canapé’’, exigent de toutes les femmes, ‘’l’intimité et le charme’’ pour espérer être sur la liste des ‘’missions’’ qui procurent souvent à l’agent des sommes importantes que son salaire mensuel.

Pour la promotion en grade ou le fait de figurer sur la liste de ceux qui doivent bénéficier de primes, la ‘’Promotion canapé’’ est également au rendez-vous.

Mme Coulibaly souligne toutefois qu’il y a des ‘’femmes qui sont à des postes qu’elles ont mérité sans être passées par le phénomène canapé’’.

‘’Quoi qu’on dise, aujourd’hui il y a beaucoup de femmes en Côte d’Ivoire qui tirent leur épingle du jeu par leur compétence à plusieurs niveaux de responsabilités’’, conclut-elle.

Contrairement à la sœur de Mme Coulibaly qui a eu le courage de refuser les avances de son supérieur avec pour conséquence un renvoi, certaines ‘’victimes ‘’ de la ‘’Promotion canapé’’ finissent par céder aux harcèlements de leurs supérieurs en vue de bénéficier d’une promotion, d’une mission de service ou d’une prime spéciale.

Au total, la ‘’promotion canapé’’ est un phénomène qui se révèle comme une autre ‘’pire’’ forme de violence faite à la femme.

En Côte d’Ivoire, la cérémonie officielle de la journée internationale de la femme sera organisée le 21 mars prochain à Touba, ville située au Nord- Ouest du pays autour du thème : ‘’Hommes et Femmes pour une Côte d’Ivoire nouvelle et réconciliée ».

Du 4 au 18 mars, des ateliers et des conférences publiques en rapport avec la femme, sont programmés par le ministère de la Solidarité, de la Famille, de la Femme et de l’Enfant, dirigé par Anne Désirée Ouloto.

Le choix de Touba, selon Mme Ouloto, vise à rendre un ‘’hommage à la femme rurale pendant cette période-bilan du statut de la femme ».

La journée internationale de la femme a été instituée en 1977 par les Nations unies avec pour objet de faire valoir le droit des femmes à l’égalité sur la scène internationale.

Par Lassina Sermé


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