Brin d’Humeur: Sans papier, pas sans dignité !

En marge du 25éme sommet «France-Afrique» : Mobilisation de 14 mouvements associatifs, syndicaux et politiques.

En marge du 25éme sommet «France-Afrique» : Mobilisation de 14 mouvements associatifs, syndicaux et politiques.

Je ne vais pas m’étendre et faire de la publicité à ce personnage qui a fait l’actualité ses derniers jours en s’agitant et stigmatisant ses semblables pour obtenir le laissez-passer vers l’Eldorado. Comme un enfant incriminerai son camarade pour avoir un bout de chocolat. Attitude honteuse et dégradante.

Cette introduction pour nous épancher sur le statut quelque peu fragile des « Sans papiers ». Ce terme m’a toujours dérangé tant dans sa composition vide de sens que dans sa substance dégradante pour celui ou celle qui le porte. Si ce terme est un terme légal dans les pays du Nord il reste péjoratif dans son contenu ; A Espagne par exemple un sans papier se dit harraga, mot d’origine arabe qui signifie « ceux qui grillent ».Dans les pays anglophones on parle d’ illegal immigrant ou d’ illegal alien. A chacun son interprétation !

En France ce sont les sans papiers. Juste deux mots composés d’ une proposition et d’une matière,  pour désigner un groupe d’être humain composé de chair et d’âme.

Que la législation soit appliquée est un acte normal dans une société de droits et de devoirs pour cadrer la vie en communauté. Ce qui est répréhensible c’est la vision erronée que souvent (oui trop souvent!) quelques uns portent sur ce groupe. Traqués, volés parfois violés,  exploités et martyrisées par des marchands de rêves.  Écorchés dans leur chair ils ne peuvent dénoncer ces atrocités sous peine d’un aller simple par le charter de la honte vers une destination qu’ils souhaitent souvent fuir.

Le sans papier est avant tout un individu doté de rêves,   errant sur une terre étrangère avec   la volonté d’apporter souvent à une famille l’espoir d’un renouveau au prix de sa vie. Écumant les trottoirs glacials  ou les centres d’hébergement véritable jungle humaine. Sa force il le puise dans un espoir sans faille d’un lendemain plus riche pour sa famille jamais pour lui.

Certains, au détour d’une sortie dominicale, après avoir par charité chrétienne, déposé une petite piécette sans un regard pour l’individu gisant à leur pied déclare : « Mais pourquoi ne retournent t-ils pas dans leur pays ? » Quel Pays ? Savons nous seulement pourquoi une personne prend la décision de tout quitter empruntant des routes ou la seule amie qui les accompagne est la mort pressée de les emporter ? Ce voyage est tout simplement un combat pour la vie. Sa vie et celle des leurs.

Et puis d’autres plus virulents  pensent que ces « sous Hommes » méritent la vie tragique qu’ils mènent les pointant du doigt comme une maladie dont aucun remède ne saurait guérir.

Je ne fais pas ici l’apologie de l’immigration, loin de là je tiens juste à souligner qu’un sans papier est avant tout un individu avec une identité dont personne à le droit de bafouer la dignité. Que reste t-il à un homme si au nom de cette foutue hiérarchie sociale , géographique ou je ne sais quoi encore on lui enlève ce qui fait ce qu’il est ?

On ne traque pas un homme comme on traque un animal sur le simple prétexte d’une absence de papier,  car les stigmates de cette injustice reste parfois ancrés dans la chair pourrissant les souvenirs telle une gangrène,  entraînant parfois même après une régularisation, un dégoût de cette société qui peut faire de lui , un  être  dépourvu d’attachement patriotique.

Annie-Monia KAKOU
Oeil d’Afrique

Annie-Monia KAKOU

Annie-Monia KAKOU

Journaliste, Communication, Relations presses, Relations publiques basée à Paris.


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1 commentaire

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  1. elina
    elina 22 février, 2015, 10:55

    c’est avec la foi qu’ils vivent et l’amour ils arriveront tant peu que rien au prix des vies

    Répondre à ce commentaire

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