Burundi: le chef d’état-major de l’armée garantit la loyauté des militaires aux autorités

Burundi: le chef d’état-major de l’armée garantit la loyauté des militaires aux autorités
Burundi : Des militaires assurent la sécurité à Bujumbura, le 2 mai 2015.

Des militaires assurent la sécurité à Bujumbura, le 2 mai 2015.|REUTERS/Thomas Mukoya

Le respect des institutions au Burundi

Le chef d’état-major de l’armée burundaise a garanti dimanche la loyauté de l’armée aux institutions et aux autorités du pays, en proie à une contestation, au lendemain d’une déclaration du ministre de la Défense qui laissait supposer un désaccord avec la ligne répressive du gouvernement.

La Force de Défense nationale (FDN) reste et restera une armée républicaine, loyaliste et respectueuse des lois et règlements du Burundi et de ceux qui la régissent, a affirmé le général Prime Niyongabo lisant une déclaration à la presse.

Le Burundi est secoué depuis une semaine par un mouvement de contestation, émaillé de heurts avec la police, contre un troisième mandat du président Pierre Nkurunziza, que les protestataires estiment contraire à la Constitution.

Depuis le début du mouvement, l’armée s’interpose régulièrement entre police et manifestants pour éviter les dérapages. Les protestataires considèrent que les soldats sont neutres et les protègent des abus des policiers, acquis selon eux au Cndd-FDD au pouvoir.

Le général Niyongabo a mis en garde tout ceux qui voudraient utiliser la FDN à des fins politiciennes qui la conduiraient à agir en dehors de la loi et du professionalisme et rappelé que l’armée reste attachée à la mission confiée par la loi.

Il a appelé tous les militaires (…) à rester sereins, unis et à ne céder à aucune sollicitation politicienne.

Samedi soir, le général Pontien Gaciyubwenge, ministre de la Défense du Burundi, avait affirmé la neutralité de l’armée et demandé que cessent les atteintes aux droits constitutionnels des Burundais, quelques heures après l’annonce par son homologue de la Sécurité publique d’un durcissement de la répression, contre ce qu’il a qualifié d’entreprise terroriste, et de son intention d’y associer l’armée.

Cette déclaration du ministre de la Défense a été interprétée comme une affirmation du refus de l’armée de participer aux opérations de répression et comme la mise au jour de lignes de fracture au sein de l’appareil sécuritaire.

La mise au point dimanche du chef d’état-major entérine l’hypothèse d’une division au sein même de l’armée, partagée entre respect des institutions et fidélité à l’Accord d’Arusha, qui fonde une armée non partisane, sur fond de loyautés politiques héritées de la guerre civile.

L’accord d’Arusha avait ouvert la voie à la fin de la longue guerre civile (1993-2006) – qui hante toujours les esprits au Burundi – entre l’armée tutsi et des rébellions hutus – dont le Cndd-FDD – et veillé à créer une armée où les deux communautés sont équitablement représentées.

Durant la guerre civile, le général Niyongabo était membre du Cndd-FDD, alors rébellion combattant l’armée dominée par les tutsi, à laquelle appartenait le général Gaciyubwenge.

Le gouvernement burundais qualifie d’insurrection le mouvement de contestation qui a éclaté le 26 avril, au lendemain de l’investiture par le Cndd-FDD du président Nkurunziza comme son candidat à la présidentielle. Le général Niyongabo s’est contenté d’évoquer dimanche des manifestations non autorisées.

AFP

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