Chancelle Bilampassi Moutsatsi : «Il faut écouter et réécouter Obama »

Chancelle Bilampassi Moutsatsi

Chancelle Bilampassi Moutsatsi est l’une des Congolais qui a eu la chance de bénéficier du programme YALI.|©DR

Chancelle Bilampassi Moutsatsi est l’une des Congolaise qui a eu la chance de bénéficier du programme YALI. Elle partage ici son expérience.

Chancelle Bilampassi Moutsatsi, parlez-nous du Programme Mandela Washington Fellowship.

Le programme Mandela Washington Fellowship est une initiative mise en place par le Président américain Barack Obama et ouvert aux jeunes africains âgés de 25 à 35 ans.  Il  incarne la volonté du Président Obama à investir dans l’avenir de l’Afrique à travers sa jeunesse. Autrement dit, c’est un programme phare de l’initiative américaine en faveur des jeunes africains qui vise à stimuler l’engagement et l’autonomisation des jeunes leaders. 

En quoi consiste-t-il exactement ?

C’est un programme de six semaines de formation  portant sur l’une des trois spécialisations suivantes : business et entreprenariat, engagement civique et enfin, administration publique.   Suite aux  6 semaines de formation dans une Université américaine, se tient  le Sommet présidentiel à Washington DC où, tous  les jeunes bénéficiaires de YALI se retrouvent pour un échange avec le Président américain et avec d’autres personnalités politiques. C’est un moment magique à vivre. Pour le programme de cette année, nous étions 1000 tandis que les années précédentes, il n’y en avait que  500.

Comment choisit-on la spécialisation ?

Les choix des spécialisations dépendent des Américains et se font sur la base  non seulement du choix  du postulant, mais en fonction de ses activités au quotidien et  de ses aspirations. Toujours est-il qu’au moment de postuler, il est demandé au candidat d’opérer trois choix  classés par ordre de préférence. 

Cet été, vous étiez donc lauréate de ce programme : parlez-nous de votre expérience…

C’était une expérience très enrichissante. J’étais, à Virginia Commonwealth University (Richmond), pour une  spécialisation en administration publique. Je dois tout d’abord souligner que l’administration publique faisant partie de mon quotidien à l’Union africaine j’avais plutôt postulé pour l’engagement civique. Avant de rejoindre l’Union africaine, j’avais beaucoup œuvré aux côtés des populations ; des communautés locales et j’avais donc souhaité acquérir plus de savoir et de connaissance dans ce domaine.  Mais, les Américains ont tenu compte de mon travail à la Commission de l’Union africaine et surtout de mes aspirations, de mes objectifs à long terme.  Finalement, ce choix a renforcé mes capacités en leadership et en administration public.

La formation était faite de  cours magistraux, d d’échanges pratiques, de débats, par des praticiens, des personnalités politiques, des professeurs d’Universités. La formation était étoffée par les visites de terrain, des activités de volontariat, des visites dans des familles (sorte de famille d’accueil). Nous avons également mené des activités récréatives à l’instar de la plage, la visite des musées, des retraites etc.

En quoi est-elle unique cette expérience ?

Imaginez le spectacle de ce contingent de  jeunes Africains dans les grands aéroports, vêtus pour certains de leur Tee-shirts YALI ou exhibant chacun le drapeau  son pays. A Virginia Commonwealth University, nous étions 50 jeunes scindés en deux groupes : 25 en business et entreprenariat et 25 en administration publique. Il fallait donc faire connaissance de tous ces jeunes ayant chacun une expérience particulière.  Il fallait tisser des liens d’amitiés devenus aujourd’hui des liens de famille ; c’est aussi cela YALI.   

Plus haut, vous aviez évoqué vos aspirations et objectifs à long terme, de quoi s’agit-il ? 

Il s’agit juste de ma projection dans l’avenir. En effet, dans 10 ans, que ce soit sur le plan national,  sur le plan régional c’est-à-dire à la CEEAC ou à la CEMAC, sur le plan continental à l’Union africaine où je me trouve présentement ou sur le plan international, je me vois en train de jouer un rôle de leadership politique ou stratégique avec grande prise de responsabilité.   Vivement, que Dieu m’accorde longue vie.

 Citez-nous deux faits marquant de cette expérience 

Le Sommet présidentiel: se retrouver à Washington DC avec le Président Barack Obama, c’était un grand honneur. Il est vrai que j’ai eu la chance de l’écouter également en direct en juillet 2015 lors de sa visite à l’Union africaine à Addis-Abeba, mais Washington c’était spécial parce qu’il s’adressait uniquement à nous, jeunes africains. Son message était poignant, engagé et inspire. On peut encore le retrouver sur internet et j’invite les jeunes à l’écouter et le réécouter. L’échange  entre le Président et nous a été aussi un grand moment. Ce Sommet Présidentiel s’est en outre concentré autour de plusieurs activités, des échanges avec d’autres jeunes, des ateliers, des tables rondes et aussi des expositions. L’Union africaine en l’occurrence disposait  d’un stand ; ce fut   l‘opportunité pour moi de promouvoir nos activités y compris l’Agenda 2063 de l’Union africaine. La deuxième expérience, c’est l’attribution d’un Coach et d’un Peer Collaborator. Ils nous ont été attribués pour le perfectionnement de notre développement personnel mais aussi pour nous aider, assister à aboutir ou accomplir nos projets et objectifs à courts, moyen et long terme. Nous avions signé un contrat afin de continuer à travailler ensemble après les Etats-Unis

 En deux points, qu’est-ce que vous retenez de cette expérience

Tout d’abord, mes capacités en leadership en administration publique ont été renforcées. Je constate un meilleur rendement et  dans mes activités une plus-value; il y a eu. 

Le Networking : nous jeunes YALI, sommes en contact et travaillons ensemble. Partout où je vais désormais, je ne peux rentrer sans rencontrer un YALI, tant que cela est possible.

Conseilleriez-vous ce programme aux autres jeunes ?

Tout à fait, oui.   Tel est d’ailleurs le but de cet échange car je pense promouvoir ce programme. J’aimerais encourager les jeunes à y participer et en particulier ceux de mon pays, la République du Congo.  C’est une opportunité qui nous est offerte et c’est à nous de la saisir car nous y gagnerons ; il y a de notre intérêt.  Mon souhait c’est de voir plusieurs jeunes congolais admis l’an prochain à ce programme. Pour l’année 2017, les candidatures sont encore ouvertes et ce jusqu’au 26 octobre. Je prie donc la jeunesse congolaise à bien vouloir saisir cette opportunité. N’attendez pas la dernière minute ; le peu de temps qui nous reste, lancez-vous. J’encourage plus les jeunes femmes à postuler. Nous n’étions que deux jeunes dames congolaises cette année : Vanessou Metou et moi. Elle s’est spécialisée en Leadership et Engagement Civique. 

Vous savez, tout est gratuit dans ce programme, il suffit d’être qualifié et de présenter  un bon dossier. Le billet d’avion, le séjour aux Etats-Unis, la qualité de la formation, les échanges alors ça devrait vous motiver à postuler. Au total, nous étions moins de 10 alors que dans d’autres pays francophones ils atteignaient une vingtaine. . Jeunes congolais, la balle est dans votre camp. Surtout pour les jeunes entrepreneurs, je vous encourage vraiment à postuler. l La spécialisation Business et Entreprenariat, vous offre la également la possibilité de gagner un don de                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                        25 000 dollars soit environ 13 millions de francs CFA pour financer vos activités.

Après les 6 semaines de cours, et les 3 jours de Sommet Présidentiel à Washington, vous avez en outre la possibilité de rester aux États-Unis pendant un mois supplémentaire pour suivre un stage dans des entreprises  ou dans l’administration américaine afin de vous perfectionner dans votre domaine d’activités.  Ce programme continuera même après le Président Obama, ce qui est une aubaine à saisir ! Alors, si j’ai pu y participez, vous aussi, vous le pouvez, je vous encourage donc mes jeunes sœurs et frères congolais.

En ce qui me concerne, j’ai capitalisé des connaissances et il ne reste plus la mise en œuvre sur le terrain au pays. La nation a besoin de tous pour son développement et j’apporterai ma pierre à l’édifice à travers des actions concrètes. Jeunes congolais, levons-nous et bâtissons.

© OEIL D’AFRIQUE


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