Chômage des jeunes Africains, le grand dilemme politique

Chômage des jeunes Africains, le grand dilemme politique

Difficile d’être jeune et d’avoir un emploi stable en Afrique quand bien même on sait que les jeunes âgés de 15 à 25 ans représentent plus de 60% de la population totale d’un continent dit être en pleine croissance.

Selon les estimations de la Banque Africaine de développement, le taux de croissance général du continent passerait de 3.4 % en 2011 à 4.5% en 2012, pourtant selon cette même estimation plus de 40 millions de jeunes demeurent sans travail et pire d’autres n’ont pas d’emploi décent.

La population de jeunes Africains illettrés serait estimée à environ 133 millions avec peu ou sans qualification professionnelle. Ce qui fait d’eux des apatrides économiques et sociaux qui sont laissés pour compte. Ceux qui ont la chance d’avoir une formation sont confrontés à la dur réalité du marché de l’emploi du fait de l’inadaptation de leur formation avec le marché du travail, ainsi les exigences en compétence théorique et pratique mettent plusieurs jeunes en situation de chômage ou de sous emploi. Ce qui ferait cumulé le taux de chômage chez les jeunes au sud du Sahara à plus de 20%.

Il est impérieux de remplacer ce type de formation ou le compléter par un système qui assure aux jeunes un maximum de compétences mais surtout adapter la formation au besoin du marché à l’image des pays émergeant tels, le Brésil, l’Inde Singapour etc. La faiblesse des niveaux de qualification est un facteur du chômage des jeunes qui doit être remédié inéluctablement car la délocalisation des entreprises et des compétences est favorisée par la qualité de la main d’œuvre locale bon marché. Il est alors temps que les pouvoirs publics Africains boostent la formation technique et professionnelle, créateur d’emplois. Les États Africains devraient procéder à de grandes reformes concernant les politiques du marchés pour le travail des jeunes. Intégrer des formations spécifiques ciblées au marché qui aideraient à l’insertion des jeunes sortie des centres de formation. Ce qui éviterait de voir les jeunes diplômés transformés en gérant de cabines téléphoniques dans les grandes villes.

Il vaut mieux organiser le secteur informel qui absorbe la plus part des élèves et étudiants qui y trouvent un emplois à la sortie des bancs. Les expériences du Bénin et du Sénégal ces dernières années témoignent des efforts à consentir pour mettre à niveau l’apprentissage informel pour augmenter l’accessibilité des jeunes au travail. Les efforts de l’OIT sont remarquables pour appuyer la transition des jeunes vers l’emploi. Sauf que les États doivent imaginer de nouveaux concepts pour inciter les banques à jouer leur rôle dans le processus d’accompagnement des PME/PMI.

L’INSTABILITÉ POLITIQUE LA GRANDE PLAIE DU CHÔMAGE DES JEUNES AFRICAINS

Si on en croit la chambre du commerce et d’industrie de Côte d’Ivoire, l’instabilité politique qu’a connu ce pays depuis plus d’une décennie reste un facteur majeur du chômage. La crise post électorale a accentué la souffrance des populations et jeté à la rue plus de 120 000 travailleurs du fait des licenciements et des délocalisations d’entreprises.

Cette situation est récurrente et à l’image de plusieurs pays sur le continent (NDLR: RDC, MALI,Soudan qui enregistrent des soubresauts politiques depuis plusieurs années à l’approche des élections ou ploient sous des crises interminables. L’instabilité politique demeure la grande plaie du chômage des jeunes sur le continent car elle ne favorise pas un climat d’investissement sûr et à long terme.

Cette situation favorise l’utilisation des jeunes comme acteurs de guerre au détriment du rôle qui devait être le leur.

Fulbert Koffi
Oeil d’Afrique Abidjan

 

 

Fulbert Koffi

Fulbert Koffi

Journaliste Oeil d'Afrique, basé à Abidjan (Côte d'Ivoire), spécialiste des dossiers politiques et sociaux culturels.


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