Congo Brazzaville : Guéguerre au sein de la nouvelle équipe gouvernementale.(Bouya contre Akouala)

De gauche à droite: Alain Akouala Atipaut, ministre des zones économiques spéciales (ZES) et Jean Jacques Bouya, ministre des grands travaux. Photo Montage. Source: DR

De gauche à droite: Alain Akouala Atipaut, ministre des zones économiques spéciales (ZES) et Jean Jacques Bouya, ministre des grands travaux.Photo Montage. Source: DR

La nouvelle équipe gouvernementale au Congo-Brazzaville est divisée par les querelles de leadership et par des conflits de compétence. Pourtant, le candidat Denis Sassou Nguesso, une fois réélu, avait souhaité voir enfin une cohésion dans son gouvernement sous le signa «du renouveau» et «de l’ouverture».

Dans la course à l’accès à la table du roi, les ministres oublient l’intérêt du peuple congolais. Il faut tout faire pour plaire au Président Sassou Nguesso quitte à écraser d’autres membres du gouvernement. Une guéguerre latente règne au sein du gouvernement congolais. Jean Jacques Bouya, ministre des grands travaux et Alain Akouala Atipaut, ministre des zones économiques spéciales (ZES), des membres influents du gouvernement et du bureau politique du Parti Congolais du Travail (PCT) entretiennent un bras de fer.   

En effet, peu sont ceux qui croient l’efficacité du ministère des ZES. Dans le microcosme politique congolais, bon nombre de personnes osent avancer que l’on serait face à un « ministre de façade » mieux encore « un ministre à titre honorifique, qui n’a pas les moyens de sa politique».  Pourtant, ce n’est pas sans effort que le ministre Akouala multiplie les déplacements à l’étranger (surtout en Chine) afin d’attirer des investisseurs et aussi rendre visible son département ministériel au niveau international. Mais, pour réussir dans sa mission, l’enfant de Poto-poto doit faire face à la réalité de la vie politique.

A la tête d’un ministère sous-tutelle financière, toutes les démarches budgétaires entreprises par Alain Akouala afin de concrétiser la feuille de route du président de la République sont bloquées par le tout-puissant ministre et neveu du président de la République, Jean Jacques Bouya qui, jusqu’à présent, ne cesse de tergiverser sur l’affection d’une ligne budgétaire destinée à son collègue.

Pour mettre des bâtons dans les roues du département ministériel d’Alain Akouala, Jean-Jacques Bouya aurait profité des différends qu’ils ont eus dans le passé pour lui rendre la monnaie de sa pièce. Alors quoi de plus facile pour Jean Jacques Bouya que de se servir de son titre et de son emplacement géostratégique auprès du président Sassou pour barrer la route à Akouala, l’empêchant ainsi de réaliser son programme d’activités et d’arriver à son objectif tel que fixé sur la feuille de route du président de la République en matière d’émergence d’ici à 2025.

Une démission sur la table du Premier ministre

Cette situation de conflit permanent qui prévaut entre ces deux ministres relevant d’un même gouvernement n’est pas de nature à créer un climat de paix et de bonne condition de travail. Cependant, elle pousse le ministère des Zones Economiques spéciales à s’inscrire au peloton de certains ministères de la sous-région qui se développent à reculons.

Au regard de la dérive autoritaire de Jean-Jacques Bouya, Alain Akouala était prêt à poser sa démission nul n’était l’intervention et des sages conseils du Premier ministre Clément Mouamba. Un acte qui aurait pu bouleverser une classe politique peu habituée à s’opposer face à l’injustice. Mais, Alain Akouala s’est de nouveau fait convaincre par la douce musique des promesses politiques.

Certains pays de la sous-région comme le Gabon, où la création de ce ministre en 2009 a vu ses premières réalisation naitre en 2011, est en train de s’épanouir avec la création de sociétés et d’emplois. Le ministère des ZES est également un ministère qui détient par lui une opportunité de déploiement pouvant permettre au Congo de se mettre à l’école mauricienne et Singapourienne en développant des niches et des pépites industrielles sous forme de pôles d’exemple.

« Les problèmes personnels entre ministres relevant d’un même gouvernement ne devraient pas en principe empiéter sur la bonne marche de la feuille de route adoptée par le président de la République car ils doivent d’abord privilégier l’intérêt général au détriment des ambitions personnelles et égoïstes » affirme un chargé ministériel.

Cette attitude qui consiste à profiter de son emplacement géostratégique pour causer préjudice au bon fonctionnement de certains départements ministériels n’est pas de nature à permettre les exécutions des programmes d’activités tel qu’ils sont définis.

© OEIL D’AFRIQUE


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