Congo Brazzaville : L’opposition dénonce l’intention de Sassou Nguesso de s’éterniser au pouvoir

Congo Brazzaville : L’opposition dénonce l’intention de Sassou Nguesso de s’éterniser au pouvoir

Sassou Nguesso

Le président congolais Denis Sassou-Nguesso et sa femme Antoinette, le 10 juillet 2009 à Brazzaville. (© AFP)

Denis Sassou Nguesso , l’actuel Président du Congo Brazzaville va-t-il se maintenir en poste après 2016 ? Aucune information officielle à ce sujet mais son opposition croit dure comme fer que le Chef de l’Etat a des visés de pouvoir à vie. Pour preuve, ils avancent l’arrestation en décembre d’un ancien haut responsable proche de Denis Sassou Nguesso qui serait un rival encombrant. L’opposition reproche désormais au chef de l’Etat d’utiliser l’affaire Colonel Ntsourou pour rester au poste après 2016, l’année où son mandat prend fin.

En effet, le 16 décembre dernier, le colonel Marcel Ntsourou a été arrêté par les  forces de l’ordre à l’issue de plusieurs heures de violents combats ayant opposé l’armée à la petite milice qu’il s’était constituée en plein centre de Brazzaville. Le Colonel Ntsourou, selon plusieurs observateurs, avait joué un rôle décisif dans le retour au pouvoir de M. Sassou en 1997 à la fin de la guerre civile.

L’ancien Directeur adjoint du Conseil national de sécurité, qui n’est autre que le service des renseignements congolais, n’est plus en odeur de sainteté avec le régime de Sassou Nguesso après l’explosion du dépôt de munitions de Mpila, quartier résidentiel de Brazzaville qui avait fait près de 300 morts le 4 mars 2012. Le Colonel qui a été détenu durant un an et demi, est libre de ses mouvements depuis la fin du procès en septembre 2013 duquel il sort avec une condamnation à cinq ans de travaux forcés avec sursis.

L’ancien responsable des renseignements congolais n’a pas digéré le fait que le président Denis Sassou Nguesso ne l’a pas élevé au grade général après plus de dix ans d’attente. De plus, il a ouvertement mis en cause le chef de l’Etat d’ethnocentriste pour le fait que M. Sassou ne fait que réserver les postes clef du pouvoir au profit de sa propre ethnie, les Mbochi au détriment d’autres, dont évidemment l’ethnie du colonel, les Tekke sous-représentés au sein de l’appareil d’Etat.

Son arrestation en décembre est perçue par l’opposition comme une envie du président congolais de modifier la Constitution (en vigueur depuis 2002) pour pouvoir briguer un troisième mandat lors de l’élection présidentielle de 2016.

Ainsi, l’ancien ministre des finances, Mathias Dzon, candidat malheureux à la présidentielle de 2009 et chef de l’Union patriotique pour le renouveau national (UPRN) indique qu’il fait l’objet d’une surveillance de la part du pouvoir. « Le pouvoir nous intimide depuis que Marcel Ntsourou a été arrêté. Il exprime là ses velléités de changer la Constitution », a-t-il dit. Guy-Romain Kinfoussia, président de l’Union pour la démocratie et la République (UDR-Mwinda), déplore pour sa part l’instrumentalisation de l’affaire Ntsourou par le régime de Sassou Nguesso. A l’Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS), on met directement en garde le pouvoir en place. « Notre Constitution ne vit que depuis un peu plus d’une décennie, dit-il à l’AFP, « il serait malheureux de la changer », a déclaré Pascal Tsaty Mabiala, premier secrétaire de l’UPADS, le premier parti d’opposition, représenté au Parlement.

Du côté du parti au pouvoir, on accuse l’opposition de faire l’amalgame et une analyse tendancieuse de la situation. « Il n’y a aucunement l’intention inavouée du pouvoir de modifier quoi que ce soit. », a indiqué Serge Michel Odocki, porte-parole du PCT.

Pour l’heure, le colonel Ntsourou ne pourra pas intervenir dans le débat. La préoccupation de l’heure pour ses avocats est de mettre fin à sa détention au secret et de leur permettre de le rencontrer.

Denis Sassou Nguesso, actuellement au pouvoir, avait déjà dirigé le pays de 1979 à 1992 sous le régime du parti unique. Il est revenu en 1997 et n’est plus reparti jusqu’à ce jour.

Didier Assogba

 

Didier Assogba

Didier Assogba

Journaliste à Oeil d'Afrique. Basé à Lomé, Togo


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