Congo : l’avenir politique du Général Jean Marie Michel Mokoko hypothéqué ?

ean Marie Michel Mokoko

Le 3 mars à Brazzaville, Jean Marie Michel Mokoko

Depuis l’annonce de sa candidature à l’élection présidentielle du 20 mars 2016, le Général Jean Marie Michel Mokoko a été, à maintes reprises, l’objet de tracasseries juridico- policières de son pays.

   Les accusations portées à son encontre sont basées sur une vidéo datant de 2007,  dans laquelle, il apparaît en train d’élaborer des stratégies politico- militaires afin de parvenir à ses fins : déstabiliser des institutions de la République du Congo par un putsch.  A base de cette vidéo qui représente soi-disant  une pièce à conviction, les autorités juridico- policières du Congo Brazzaville l’ont soumis à des interrogatoires permanents afin de mieux déceler des véritables instigateurs de ce prétendu coup d’état.

     Les points de vue sont diamétralement opposés à la suite de l’arrestation du Général Jean Marie Michel Mokoko. D’aucuns, se référant à la vidéo, pensent que le Général Jean Marie Michel Mokoko doit obligatoirement se soumettre à l’autorité de la loi afin qu’il réponde de ses actes. Une attitude qui n’est pas totalement approuvée par d’autres qui, partant de l’histoire évènementielle de la politique africaine dont sont victimes la plupart des potentiels candidats aux différentes élections présidentielles, estiment  que ces accusations relèvent tout simplement de la supercherie en ce sens qu’elles ont été montées de toutes pièces pour le déstabiliser, ternir son image, le discréditer auprès de la communauté internationale et de l’affaiblir politiquement en le maintenant pendant longtemps en prison.

  Par ailleurs, l’avenir politique du Général Jean Mairie Michel Mokoko se dessine d’une manière sombre, difficile et avantageuse si l’on se réfère au contexte politique actuel et aussi à l’impact de l’histoire événementielle de la politique africaine de la période post indépendance à ce jour.

  D’abord, le Général Jean Marie Michel Mokoko semble, comme le pensent certains observateurs de la scène politique congolaise, être abandonné par la France, par ses frères d’armes et aussi par certains de ses camarades de l’IDC et FROCAD, qui sont habités, pour les uns, par le manque d’unanimité autour de sa personne et pour les autres, par la psychose et des intimidations permanentes orchestrées par le régime actuel.

    Il va sans dire que  par rapport au contexte politique actuel où les arrestations arbitraires  demeurent toujours récurrentes et permanentes, se prononcer ou faire l’unanimité autour du Général Jean Marie Mokoko devient à l’heure actuelle un facteur de risque.  C’est pourquoi, sentant le climat maussade du paysage politique qui se dessine  au Congo -Brazzaville, certains leaders de l’opposition préfèrent à tort ou à raison avoir des devoirs de réserve face  à cette question épineuse.

Ensuite, le refus catégorique du Général Jean Marie Michel Mokoko à reconnaitre la réélection de Denis Sassou Nguesso est aussi l’un des aspects importants qui pourraient être à l’origine de sa longévité en prison. A  ce niveau, il est fort probable que, pour le pénaliser et lui causer préjudice, le tribunal peut lui infliger même une peine allant de plus de 10 ans comme cela était le cas pour Marcel Ntsourou et  les autres détenus politiques.

 Dans le contexte politique actuel, là où les droits et les libertés fondamentaux de la personne humaine sont grandement bâillonnés, là où le problème de l’indépendance du pouvoir judiciaire demeure toujours un véritable goulot d’étranglement avec des interventions et un trafic d’influences du politique sur des procédures judiciaires, là où se dessinent aussi des fissures au sein de la plateforme l’IDC FROCAD pour des ambitions égoïstes et personnelles, l’avenir politique du Général Jean Marie Michel Mokoko devient inquiétant et préoccupant si la détermination et la  poursuite de son combat politique ne parviennent pas à leurs fins.  

Enfin, l’histoire événementielle de la politique africaine de la période post indépendance à ce jour enseigne que la plupart des opposants politiques africains d’hier, ayant menés un combat politique et démocratique dans leurs pays respectifs, ont été soit incarcérés soit ont fini par s’exiler pour être à la l’abri des pressions et des arrestations arbitraires orchestrées  par les autorités politiques de leurs pays. Ainsi, en politique, seule la patience et la détermination  qui peuvent générer des bons résultats  c’est-à-dire que  c’est à partir de ses deux éléments fondamentaux que les hommes véritablement engagés sur le terrain politique parviennent à leurs fins.

D’ailleurs, l’histoire événementielle de la politique africaine en est une illustration palpable à ce sujet.

   En effet, en s’appuyant sur les cas du Professeur  Pascal Lissouba au Congo Brazzaville,  de Laurent Gbagbo en Côte d’ivoire, d’Alpha Condé en Guinée Conakry, de Nelson Mandela en Afrique du Sud, d’Abdoulaye Wade au Sénégal, il est probable d’affirmer que l’avenir politique du Général Jean Marie Michel Mokoko peut être promoteur d’une ascension politique meilleure.

   Que dire par exemple de Pascal Lissouba, qui a été mis aux arrêts pour avoir  soi-disant comploté à un coup d’état contre le Président Marien Ngouabi ? Plus d’une décennie après sa libération de la prison, celui-ci c’est-à-dire Pascal Lissouba a été élu Président de la République de la  première ère démocratique du Congo Brazzaville  en 1992.

   De Laurent Gbagbo, l’opposant farouche et charismatique au régime du Président Félix d’Houphouët Boigny, qui a été plusieurs fois arrêté et humilié de par ses convictions politiques et par ses critiques acerbes faites à l’égard de ce régime qu’il ne cessait de qualifier de dictatorial. A la fin de ses prisons à répétitions, ce dernier a été élu Président de la Côte d’Ivoire.

   Que dire aussi d’Abdoulaye Wade, qui a été un opposant incontestable des régimes de Léopold Sédar Senghor et d’Abdou Diouf, a été à maintes reprises mis aux arrêts par les dirigeants politiques de son pays ? A la suite de sa libération de la prison, celui-ci avait battu son adversaire incontestable le Président sortant Abdou Diouf au deuxième tour de l’élection présidentielle de l’an 2000 ?  

   De même, le Professeur Alpha Condé l’opposant historique de la Guinée Conakry pendant les régimes Sékou Touré et Lassana Conté, lui qui a été victime des derniers outrages des droits et libertés fondamentaux de la personne humaine orchestrés par ces deux régimes incontournables, a été élu Président de la République après plus trois décennies de  son combat politique pour  la restauration de l’Etat de droit dans son pays.

   Que dire également de Nelson Mandela grand combattant de la politique anti apartheid, qui s’était donné corps et âme pendant plus de deux décennies durant afin que  cesse des pratiques ubuesques et machiavéliques faites à l’égard des Noirs de l’Afrique du Sud qui étaient considérés par des hommes blancs comme des objets triviaux ? Après avoir effectué 27 ans en prison où tous ses droits et ses libertés ont été bâillonnés et réduits a quia  par des partisans de Peter Botta, Nelson Mandela a été grâce à la détermination de son combat politique, élu Président de la République Sud-Africaine en 1994.

Celmond KOUMBA

© OEIL D’AFRIQUE


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