Congo : Pourquoi Sassou a-t-il confondu « vitesse » et « précipitation » ?

Denis Sassou Nguesso, président de la République du Congo

Denis Sassou Nguesso, président de la République du Congo

Vouloir faire vite ne signifie pas bâcler. Autrement dit, pour faire une chose vite et bien, il faut redoubler de concentration et non sauter des étapes. Hâtez-vous lentement. Il faut faire vite ce qui ne presse pas pour pouvoir faire lentement ce qui presse.

Rien ne sert de courir ; il faut partir à point. Le président Sassou semble avoir confondu vitesse et précipitation car l’immaturité du projet politique fondée sur l’évolution des institutions qui n’était autre qu’un stratagème pour se maintenir au pouvoir a laissé planer en son temps des doutes sur l’efficience d’une telle approche et démarche politique non consensuelle .

Gouverner c’est prévoir dit-on? Dans l’approche de la conservation tous azimut du pouvoir, les tenants du système ne mesure pas le plus souvent la tournure instrumentale du processus de fonctionnement institutionnel qui peut se retrouver dans un blocage. Cela est du au fait qu’ils ont un seul vocabulaire à manier : « le passage en force ». C’est la situation dans laquelle se trouve malheureusement confrontée le régime Sassou.

Un principe d’économie de développement et de science politique dit « On n’avoue pas une crise à l’intérieur d’un système pour éviter la panique ; comme on n’annonce pas la mort d’un chef dans l’immédiat. » Le régime Sassou est dans une impasse sans précédent, les avisés du système l’admettent tout comme lui-même le président Sassou sans nul doute. Mais n’ose pas l’admettre en public jusqu’à quand ?

L’architecture politique dessinée par Sassou avec l’apport de ses conseillers occultes juridiques parmi eux le doyen du corps diplomatique au Congo l’ambassadeur du Cameroun Comidor et Placide Moudoudou, semble se butter à des équations à plusieurs inconnues.

Au lendemain du dialogue de Sibiti convoqué par Sassou en vue d’obtenir la brèche de procéder précipitamment au changement de la constitution qui lui interdisait de s’offrir un troisième mandat. Le président Sassou s’est caché derrière l’idée abracadabrantesque de « l’évolution des institutions. » Cette escroquerie politique lui a permis par la suite d’obtenir un avis du juge constitutionnel. C’est dans cette foulée qu’il décida de convoquer le referendum.

Le referendum imposé qui s’est soldé par l’adoption d’une constitution imposée sans corps constituant a plus que jamais compliqué l’architecture de la nouvelle république de Sassou. Ne pouvant ni nommé un nouveau premier ministre pour expérimenter l’entrée en vigueur de la nouvelle constitution, car n’ayant pas prêté serment sur la constitution de sa nouvelle république, Sassou s’est retrouvé dans une nouvelle république avec les institutions de l’ancienne république : Impasse institutionnel et politique.

Le Congo a vécu la coexistence de deux constitutions ; une situation inédite dans l’histoire politique de ce pays .Ce qui par conséquent l’a emmené à se précipiter à convoquer à la vitesse supérieur une élection présidentielle anticipée.

A la suite de son pronunciamientos électoral, contesté par ses opposants ;Sassou s’est fait investir président sur fond de violence . Pensant avoir résolu le problème en confiant le poste de premier ministre à un cadre de l’opposition, suspendu dans son propre parti depuis septembre 2015 (Upads); Clément Mouamba. Ce dernier malheureusement n’a pas de coudés franches. Qui aux dernières nouvelles à regagner les PCT (parti au pouvoir).

En effet, depuis sa prise de fonction, et la composition de son gouvernement, le premier ministre de la nouvelle république n’a toujours pas encore prononcé sa déclaration de politique générale devant le parlement comme l’exige la constitution. Il sied a cet effet de faire remarquer que ,le premier ministre se trouve bloquer par le fait que ; le parlement actuel est issu de la constitution abrogée en octobre 2015 .Hors dans les délais actuels avec la crise de légitimité et même de légalité qui frappe le duo institutionnel (Sassou Mouamba) de la nouvelle république ,ils ne sont pas prêt dans l’immédiat de convoquer des élections législatives.

Au regard de tout ce qui précède nous sommes en mesure de faire remarquer que le président Sassou a confondu vitesse et précipitation parce qu’il pensait prendre de court ses opposants et son peuple ;la réalité a été tout autre.

Ainsi il serait louable pour le régime d’engager un véritable dialogue avec l’opposition pour envisager un compromis politique au risque d’asphyxier économiquement et politiquement le pays ; ce qui plus est aura à court moyen et long terme des répercussions sociales et politiques.


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1 commentaire

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  1. Stelly
    Stelly 30 mai, 2016, 16:31

    J’ai vraiment honte de ce que les gens font de mon pays.

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