Côte d’Ivoire: Soro et Bakayoko, la paix des braves ?

Côte d’Ivoire: Soro et Bakayoko, la paix des braves ?

Le président de l’assemblée nationale, Guillaume Soro et le ministre d’État, ministre de l’Intérieur Hamed Bakayoko étaient ce week-end à Abengourou dans l’indénié pour la fête des ignames. Occasion que les deux hommes ont choisie pour donner un coup de démenti à la prétendue guerre froide qu’ils se livrent.

Au bonheur des populations, les deux hommes fort de l’après Ouattara avaient participés les vendredi 9 mars à Abengourou à la traditionnelle fête des ignames en pays Agni-N’dénéan marquant une nouvelle année pour ce peuple du grand groupe Akan. C’est cette occasion que choisiront les deux personnalités des plus opposés de l’entourage du président Ouattara, selon la presse, pour boire le calice de la paix.

Une guerre qui se veut souterraine mais tellement audible que les deux frères ennemis sont depuis les vedettes à la une de la presse nationale. Selon des indiscrétions, le président Ouattara a été obligé de frapper du poid sur la table afin de faire baisser la tension. Comme pour respecter les recommandations du chef ils ont choisi Abengourou pour enterrer la hache de guerre au pied de sa Majesté Nanan boa Kouassi III, roi de l’Indénié-Djuablin. Le choix de la ville n’est pas au hasard car c’est la région natale de la femme du ministre Hamed Bakayoko qui selon des sources serait le premier à tendre la main dans cette recherche de paix “intérieur”. L’illustration du contenu de son discours reste évocateur.

Monsieur le Premier ministre, je voudrais aborder la quatrième posture, qui est celle de la présence de l’ami et du frère. J’ai tenu à être là aujourd’hui, chez moi dans l’Indénié, chez ma femme pour que devant le Roi, nous puissions réaffirmer cette amitié jamais démentie. En Côte d’Ivoire, les gens n’aiment pas ceux qui s’aiment. Comme dit l’adage populaire, les gens n’aiment pas les gens. Quand vous vous entendez, on veut tout faire pour vous diviser, on va trouver quelque chose pour vous diviser. Alors que musulmans, chrétiens, de quelques obédiences que nous soyons, on a toujours dites : aimez-vous les uns les autres. Nousnous sommes très amusés tous les deux quand nous parcourons la presse. Nous voyons que nous sommes en guerre. Et on s’interroge pour dire qu’est-ce qu’on a pu faire, quel acte on a posé pour que certains voient la guerre. Je voulais réaffirmer en ce moment précis, le témoignage vivant et sincère de notre amitié jamais démentie. Là où vous et moi avions tissé ses liens, comment et dans quelle profondeur nous avons tissé ses liens, j’ai la conviction et avec les bénédictions du Roi, Dieu va nous préserver de la division et de la séparation.“

À son discourt on pourrait être rassuré que les deux hommes ont décidé de faire la paix ou trouver un compromis à leur différent. Une source bien introduite dans l’entourage du ministre Hamed Bakayoko nous dévoile que les deux “héritiers” ont eu une franche discussion à huis clos il y a de cela quelque temps juste après l’arrestation de Blé Goudé.

De ce face à face, Hamed Bakayoko aurait clairement expliquer à sonjeune frère, Guillaume Soro, d’être le premier successeur du président Ouattara qu’il a soutenu depuis le début jusqu’à maintenant. Le président de l’Assemblée Nationale a donc le choix. Soit soutenir le ministre Bakayoko dans son projet et ainsi il aura le soutienne à son tour le moment venu, ou de s’attendre à une guerre sans merci.

Aux dires de notre source la sagesse aurait habité les deux hommes depuis ce conclave secret au point où chacun met désormais de l’eau dans son vin. Guillaume Soro a été le premier à donner de la voix à travers une interview. Rien de surprenant de voir à son tour Hamed Bakayoko en faire de même dans cette réconciliation. L’incendié la meilleure parade pour réaffirmer “l’amour du je t’aime moi non plus“. Ainsi va le charme de la politique qui navigue entre réalités, compromis et surprises.

Fulbert Koffi
Abidjan/ODA

Fulbert Koffi

Fulbert Koffi

Journaliste Oeil d'Afrique, basé à Abidjan (Côte d'Ivoire), spécialiste des dossiers politiques et sociaux culturels.


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