OPINION: Donald Trump a-t-il été imposé par l’oligarchie ?

Donald Trump |©DR

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Bien de gens sont convaincus que tout ce que nous avons observé durant la campagne électorale et les élections américaines a été arrangé. La question qui revient souvent concerne le FBI. « Ne pensez-vous pas que l’establishment américain a organisé tout ça pour faire tomber Hillary Clinton? » me demande-t-on. Personnellement, je ne le pense pas. Comme j’ai eu à l’expliquer, nous assistons à quelque chose de particulier dans l’histoire politique des États-Unis. Pourquoi les élections américaines étaient-elles si particulières?

Parce que pour la première fois dans l’histoire politique des États-Unis, il semble avoir eu erreur de casting sur l’un des candidats à la présidence? Parce que pour la première fois dans l’histoire de ce pays, on a eu affaire à un candidat rejeté par l’establishment des deux partis.

Parce que pour la première fois, un candidat s’en est directement pris à son propre parti, menaçant de tout faire voler en éclat.

Parce que pour la première fois, un candidat a tenu un discours qu’on n’avait jamais entendu jusque-là durant une campagne présidentielle américaine.

Parce que pour la première fois, il s’est vertement attaqué à Wall Street, aux médias, à l’establishment, à l’OTAN.

Parce que pour la première fois, un candidat a financé sa campagne sans le soutien des banques et autres intérêts corporatifs puissants.

Parce que pour la première fois, un candidat a remis en question le système électoral américain.

Parce que pour la première fois, des comités pour la surveillance des élections ont été formés pour surveiller les élections et éviter une éventuelle fraude.

Parce que pour la première fois, un candidat a menacé de ne pas reconnaître les résultats du vote.

Parce que pour la première fois, une campagne électorale US a étalé au grand jour le degré extrêmement élevé de corruption qui gangrène le système américain.

Parce que pour la première fois, l’élection d’un président américain a secoué les marchés financiers…

Quant au dossier concernant le FBI, mon analyse est la suivante : l’establishment était déterminé à imposer Hillary Clinton et le directeur du FBI avait bien compris le message. Résultat : on annonça qu’elle ne sera pas poursuivie. Or cette décision, d’après ce que l’on entend, a suscité de vives réactions au sein même du FBI et de plusieurs branches de l’administration américaine. Certains agents menacèrent de tout balancer si la haute direction et le département de la Justice continuaient de couvrir les crimes des Clinton. Autre élément important : depuis les événements du 11/09/2001, le pouvoir états-unien est pris en otage (en fait il l’a toujours été, mais pas dans les proportions actuelles) par un groupe de voyous sans foi ni loi. Ces gens font tout et n’importe quoi.

Sous le régime OBAMA, beaucoup parlent d’un système hyper-mafieux devenu quasiment incontrôlable. Le pouvoir profond lui-même est traversé par d’énormes contradictions et certains Américains patriotes refusent de fermer les yeux sur les dérives de ce système mafieux qui, de toute évidence, est en train de précipiter le déclin de l’Empire. Les Edward Snowden, Chelsea Manning et les autres sont le résultat d’une Amérique hyper malade qui se cherche et qui ne sait plus à quel saint se vouer. Quand j’enquêtais sur la guerre de l’OTAN contre la Libye, je fus frappé par les propos de certains officiers du Pentagone exaspérés par la politique de Washington qui, de l’avis de la plupart d’entre eux, affaiblit l’Amérique. Le Pentagone s’opposera fermement à la guerre contre la Libye et un officier américain me dira que « tout a été piloté par la Maison Blanche et le département d’État », que « le département de la Défense n’y était pour rien; il n’a fait qu’obéir aux ordres. »

Si le directeur du FBI a rouvert le dossier Clinton, c’est parce qu’il n’avait pas le choix. Le mal est tellement profond, le système est tellement gangrené qu’il est quasiment devenu impossible de couvrir les métastases de ce cancer généralisé qui tue l’Amérique à petit feu. L’oligarchie américaine a très vite compris qu’elle courait un grand risque (révolte d’une partie de la population américaine) en voulant imposer sa marionnette, Hillary. Donald Trump s’imposa et gagna les élections. Cependant rien n’est gagné car l’État profond veille au grain et n’hésitera pas à le rappeler à l’ordre le moment venu. Reste à savoir si le bouillant milliardaire s’alignera comme ses prédécesseurs. Regardons ça de loin en prenant le Nsamba…

 Patrick Mbeko
 
Patrick Mbeko

Patrick Mbeko

L'analyste des questions géopolitiques.


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