Edito: la fin des partis politiques

Au Sénégal, le Mouvement « Y En A Marre » a été particulièrement déterminant dans la mobilisation des populations, singulièrement via le M23, pour faire face au forcing constitutionnel que Me Wade a voulu imposer, en tripatouillant la constitution

Face au manque de démocratie et à la quasi-uniformisation des modèles de développement, la fin des partis politiques, du moins dans leur forme conventionnelle, est imminente. Il s’agit d’une tendance lourde, qui a d’abord été initiée d’avril 1985 à décembre 1991, avec les réformes économiques et sociales de Mikhaïl Gorbatchev en URSS (Union des républiques socialistes soviétiques).

Des réformes radicales qui ont abouti, d’une part au démembrement de l’URSS pour une Russie entourée d’États satellites qui n’hésiteront pas à épouser l’économie de marché, et d’autre part à la reconstruction de l’Union européenne, avec notamment la chute du Rideau de fer. La suite dans ce qu’on a dénommé le combat doctrinal, a été le revirement à 180° de la république populaire de Chine.

Actuellement, l’Empire du Milieu, qui dispute la première place de puissance économique aux États Unis d’Amérique, n’est communiste que de nom. Les places de Hong Kong, de Shanghaï, ou encore de Guanzhou figurent parmi les plus dynamiques au monde…

Des tendances qui ont eu pour conséquences, la réduction des écarts entre des formations politiques, qui furent d’obédience progressiste, libérale, réactionnaire, dans le type de gouvernance de l’État à implémenter pour assurer le développement économique, améliorer la qualité de vie…

En Espagne, l’élan populaire constaté et induit par le mouvement « Podemos » en Espagne, une mouvance fondée en 2014 et dirigée par Pablo Iglesias, professeur de sciences politiques de 38 ans, vient confirmer cette orientation. Une orientation, mue surtout par la société civile, et, qui a démontré ses capacités inhibitrices d’appareils étatiques.

Au Sénégal, le Mouvement « Y En A Marre » a été particulièrement déterminant dans la mobilisation des populations, singulièrement via le M23, pour faire face au forcing constitutionnel que Me Wade a voulu imposer, en tripatouillant la constitution de son pays. Au Burkina Faso, le front populaire lwili a beaucoup pesé sur la chute, puis le départ de Blaise Compaoré, le 31 octobre 2014…

Un peu partout ces mouvements sont en train de germer en Afrique, dépassant largement le stade embryonnaire et confirmant les « African Change Makers », tels des lanceurs d’alerte pour une gestion vertueuse et basée sur le mérite. La société civile a fini par prendre conscience qu’elle constitue un véritable relais aux formations politiques d’antan.

Dans un pays comme le Sénégal, qui dispose de plus de 260 partis et où leur financement n’est pas défini par des lois spécifiques, les cartes d’adhésion étant « soldées », faisant de celui qui paye le Grand Manitou… C’est lui qui nomme et dégomme selon ses desiderata…comme en témoigne, les clivages et scissions avérées ou en gestation au PDS, au PS, à la LD/MPT, à l’AFP, à And Jëf, au FSD/BJ…

Libasse Ka


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