EGYPE : Pitié pour un dictateur mourant !

EGYPE : Pitié pour un dictateur mourant !
hosni moubarak mourrant

Le raïs déchu Hosni Moubarak, lors du prononcé de la sentence qui l’a condamné à la prison à vie, dans la salle d’audience de l’académie policière du Caire, le 2 juin.

Depuis sa condamnation à la prison à vie, l’ex-président égyptien, Hosni Moubarak, est entre la vie et la mort. En tout cas, selon les affirmations de ses médecins et de ses proches, son état de santé ne cesse de se détériorer. Les médecins auraient même utilisé un défibrillateur à deux reprises et alimenté le vieillard de 84 ans par voie intraveineuse pour le maintenir en vie. Qui aurait cru que cet homme qui a dirigé son pays d’une main de fer pendant près d’un demi-siècle, se retrouverait aujourd’hui dans un état aussi pitoyable ? Certains diront sans barguigner qu’il le mérite au regard de ce qu’il a fait subir à son peuple durant ses 30 ans de pouvoir et surtout la répression des manifestants pendant la révolte qui s’est soldée par un bilan macabre : 864 civiles tués.

Mais l’agonie de ce tyran suscite de la compassion à telle enseigne que les Egyptiens devraient se montrer plus indulgents. Ne serait-ce que pour des raisons humanitaires, afin qu’il puisse se soigner. On ne demande pas aux Egyptiens de lui accorder l’impunité. Hosni Moubarak ne serait pas le premier prisonnier condamné à perpétuité à être élargi s’il venait à l’être, car bien des prisonniers de droit commun ont bénéficié d’une liberté pour des raisons médicales. Le dernier cas en date sur le continent africain est celui du Libyen Abdelbaset al-Megrahi, condamné à la prison à vie en 2001 pour son implication dans l’attentat de Lockerbie qui avait coûté la vie à 270 personnes en 1988. Ce dernier avait été libéré en 2009 pour des raisons de santé et est décédé le 20 mai 2012 parmi les siens.

En tout cas, les Egyptiens doivent s’enorgueillir d’avoir réussi à chasser le vieux général du pouvoir et de l’avoir fait passer sous les fourches caudines de la justice. Il aurait pu leur échapper en s’exilant, comme l’a fait l’ex-président tunisien, Ben Ali qui se la coule douce en Arabie Saoudite bien que jugé par contumace par la justice de son pays. Et à moins d’être extradé par le pays hôte, il y finira en toute impunité ses vieux jours sans rendre le moindre compte à la justice tunisienne. Mais l’ex-raïs égyptien, lui, a refusé de quitter son pays et a accepté de se soumettre à sa justice, même si aujourd’hui il peut s’en vouloir au regard des humiliations et des souffrances qu’on lui fait subir. Autant dire que les Egyptiens ont suffisamment de raisons pour avoir pitié de ce dictateur mourant.

A moins d’avoir l’âme de satrape, l’état de Hosni Moubarak ne peut laisser personne insensible et la justice égyptienne devrait éviter que celui-ci ne meure en détention. En tout état de cause, la principale leçon que l’on peut tirer de ce qui arrive à Hosni Moubarak est que tout dirigeant doit éviter d’utiliser des armes contre son peuple car tôt ou tard, si celui-ci se réveille, il le payera. Cette sortie de scène tragique interpelle les dirigeants africains à plus d’un titre. Comme on le dit, il faut savoir prendre la main du changement avant qu’elle ne vous prenne à la gorge.

Dabadi ZOUMBARA

Source: Ici

Bona

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