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En quête d’investissements chinois, Mugabe accueilli en « vieil ami » à Pékin

En quête d’investissements chinois, Mugabe accueilli en « vieil ami » à Pékin

 

Le président zimbabwéen Robert Mugabe, 90 ans, a été accueilli lundi à Pékin en « vieil ami » de la Chine, lui qui espère redorer son image internationale et obtenir des investissements chinois accrus pour redresser l’économie chancelante de son pays.

Le président zimbabwéen Robert Mugabe a été accueilli lundi à Pékin par son homologue Xi Jinping |   (AP Photo/Diego Azubel, Pool)

Le président zimbabwéen Robert Mugabe a été accueilli lundi à Pékin par son homologue Xi Jinping | (AP Photo/Diego Azubel, Pool)


Pour M. Mugabe, le seul dirigeant d’Afrique australe qui n’a pas été invité par Washington au récent sommet Etats-Unis/Afrique, cette visite officielle permet de retrouver une aura personnelle, et confirme l' »orientation à l’Est » de sa politique.

« Vous êtes un dirigeant renommé du mouvement de libération nationale africaine (..) ayant un immense prestige en Afrique; un vieil ami du peuple chinois que nous respectons énormément », a déclaré le président chinois Xi Jinping, faisant preuve d’une emphase qui tranchait avec le langage diplomatique d’habitude très formel en usage à Pékin.

« L’amitié traditionnelle entre la Chine et le Zimbabwe a été forgée en luttant de concert contre l’impérialisme, le colonialisme et l’hégémonisme », a poursuivi le dirigeant chinois, lors d’une réception au Grand palais du Peuple, place Tiananmen.

Réélu l’an dernier, Robert Mugabe –qui est au pouvoir depuis l’indépendance du Zimbabwe en 1980–, peine à relever l’économie de son pays, qu’il a ruinée dans les années 2000. Considéré comme un paria par les Etats-Unis et les Européens, il compte sur le puissant soutien financier de Pékin.

« En 34 ans de relations, nous nous sommes réciproquement soutenus sur nos voies de développement respectives », a insisté le président Xi.

« Nous nous sentons ici comme chez nous », a répondu M. Mugabe, à qui Pékin a accordé les honneurs militaires, avec 21 coups de canon.

« Nous sommes prêts à poursuivre nos relations et à nous en servir pour renforcer nos économies. Et le Zimbabwe en sera naturellement le bénéficiaire », a-t-il souligné.

Les relations entre le Zimbabwe d’un côté, la Chine et le Parti communiste chinois de l’autre, remontent à la lutte de libération zimbabwéenne des années 1970: Pékin avait alors fourni des armes à la guérilla et entraîné certains de ses principaux chefs.

Pour cette visite officielle de cinq jours –sa treizième en Chine–, M. Mugabe est accompagné de ses ministres des Finances, des Transports et de l’Industrie. Il doit rencontrer mardi le Premier ministre chinois Li Keqiang.

Neuf accords ont été signés à Pékin, certains portant sur des prêts et des dons de vivres, mais aucun chiffre n’a été communiqué.

 – Energie et transports –

 Pour le Zimbabwe, il n’est en effet pas seulement question de prestige, mais aussi d’économie.

Le pays cherche à s’assurer des investissements chinois dans les infrastructures, « avec l’accent mis sur l’énergie (…) et les réseaux de transports », a déclaré le porte-parole du président, George Charamba, dans des propos rapportés dimanche par la presse officielle à Harare.

La Chine, sans cesse en quête de nouveaux débouchés en Afrique, est particulièrement présente au Zimbabwe dans les secteurs des mines (des diamants au platine), de l’agriculture et des travaux publics.

Au moins deux entreprises liées à la Chine, Anjin Investments et Jinan Mining, ont notamment obtenu des concessions dans les mines de diamant de Marange, dans l’est du pays.

L’armée, la police et les services secrets du Zimbabwe sont soupçonnés d’avoir des liens avec Marange, et plusieurs organisations ont exprimé leur inquiétude sur la situation des droits de l’Homme qui y prévaut.

Les investissements chinois dans le pays (hors secteur financier) ont dépassé les 602 millions de dollars l’an dernier, selon des chiffres officiels.

L’économie zimbabwéenne ne s’est toujours pas relevée de la crise provoquée il y a plus de dix ans par la saisie des terres appartenant à la minorité blanche. Selon des économistes indépendants, le taux de chômage atteint désormais les 80%.

M. Charamba a en tout cas démenti les informations de médias privés selon lesquels le président zimbabwéen voudrait que la Chine lui accorde un prêt de 4 milliards de dollars.

AFP

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