France : Copé-Fillon à l’UMP, tout le monde a gagné

France : Copé-Fillon à l’UMP, tout le monde a gagné

François Fillon et Jean-François Copé.
Décidément, Nicolas Sarkozy parti, l’UMP peine à se trouver un nouveau chef.
| Photo REUTERS/Jean-Yves

Décidément, Nicolas Sarkozy parti, l’UMP peine à se trouver un nouveau chef. Après trois mois de campagne, une journée de forte affluence et pas mal d’embouteillages dans les 650 bureaux de vote, et des heures de suspense, il était toujours impossible lundi à 1h du matin de départager clairement Jean-François Copé et François Fillon.

Tard dimanche soir, les deux hommes ont en effet affirmé avoir remporté le scrutin à quelques minutes d’intervalle. Après des heures d’attente, c’est Jean-François Copé qui a dégainé le premier. A 23h30, il s’adressait aux journalistes au siège de l’UMP. « Les militants et les militantes de l’UMP viennent aujourd’hui de m’accorder la majorité de leurs suffrages et ainsi de m’élire comme président de l’UMP », a lancé le député-maire de Meaux. Selon son entourage, il l’aurait emporté avec 1.000 voix d’avance.

D’emblée, M. Copé a eu une « pensée toute particulière » pour son adversaire François Fillon. « Je souhaite dès maintenant travailler la main dans la main avec lui et avec l’ensemble de ceux qui ne m’ont pas soutenu ». Une clameur des militants présents et des « on a gagné! » ont accueilli ces mots.

« Je ne lâcherai rien »

Une « victoire » aussitôt contestée par François Fillon lui même. « Nous avons remonté tous les résultats de toutes les fédérations de France métropolitaine, des départements de l’outre-mer et des Français de l’étranger. Ces résultats me donnent une courte victoire de 224 voix », a affirmé l’ancien Premier ministre devant les caméras. « Je ne lâcherai rien », a-t-il prévenu. « Je ne laisserai pas voler la victoire aux militants » et « j’attends avec sérénité la proclamation des résultats par la commission de contrôle des opérations de vote ».

Seulement voilà: on ignorait quand la COCOE, la commission électorale de l’UMP, pourrait délivrer les résultats définitifs. A 01h, seule une trentaine de départements avaient été validés. « Personne ne peut prétendre avoir les résultats », a affirmé Laurent Wauquiez, lieutenant de François Fillon, arrivé tard dans la soirée au siège de l’UMP pour s’adresser directement à la COCOE. Peu après 1h, c’était au tour de Christian Estrosi et Valérie Pécresse, partisans de Fillon, de débarquer au siège du parti pour disparaître aussitôt dans les étages.

Mme Pécresse s’est déclarée « abasourdie » par l’attitude de Jean-François Copé « qui n’a pas pris la peine d’appeler François Fillon ». « Seule la COCOE est en droit de proclamer nos résultats. Le reste s’apparente à un putsch médiatique », a déclaré à Sipa le député pro-Fillon Dominique Dord, « atterré ».

Selon son entourage, Jean-François Copé a appelé François Fillon « dans un esprit de rassemblement ». Mais ce coup de fil ayant eu lieu après sa déclaration fracassante, l’ambiance entre les deux hommes a toutefois dû être fraiche.

Accusations de tricheries

D’autant plus que les deux camps s’accusent aussi de tricheries. Malgré la présence d’huissiers dans de nombreux bureaux de vote, l’équipe Copé conteste les résultats dans la 1ère circonscription de Nice (Alpes-Maritimes) et dans le 2e bureau de vote du XVIe arrondissement de Paris. Le camp Fillon, lui, évoque des « irrégularités » dans le département des bouches-du-Rhône et à Toulouse.

Après des heures d’incertitude, le scénario de l’élection du nouveau président de l’UMP ressemblait donc de plus en plus à la nuit de cauchemar vécue par le PS lors de son congrès de 2008, lorsque partisans de Martine Aubry et de Ségolène Royal s’étaient déchirés toute la nuit.

Si le processus risque fort d’être désastreux pour l’image de l’UMP, le score de Jean-François Copé fait en tout état de cause mentir les nombreux sondages qui donnaient François Fillon largement favori. Dans l’entourage de Jean-François Copé, on exultait d’ailleurs dimanche soir. « Il y a trois mois on était à 20%, soit disant. C’est la campagne qui a payé », affirmait un proche en soulignant la forte mobilisation des militants, avec plus de 170.000 votants.

Mais ce scrutin serré montre également que l’UMP est profondément divisée entre partisans du « rassemblement » et d’un recentrage de l’UMP prônés par Fillon, et les tenants d’une « droite décomplexée » défendue par Copé. Quel que soit le vainqueur au final, il héritera d’un parti déchiré. L’ancien président Nicolas Sarkozy, lui, savoure peut-être. Car l’UMP a décidément beaucoup de mal à le remplacer.

(Sipa)

Bona

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