Gambie: peine de mort définitive pour sept détenus, dont d’anciens militaires

Gambie: peine de mort définitive pour sept détenus, dont d’anciens militaires

Le président gambien Yahya Jammeh

La Cour suprême de Gambie a confirmé vendredi la condamnation à mort de sept détenus, dont six anciens responsables militaires et sécuritaires de Gambie, jugés pour tentative de coup d’Etat en 2009 et qui ont épuisé toutes les voies de recours, a constaté un journaliste de l’AFP.

Les juges de la Cour suprême, sous la présidence du Nigérian Emmanuel Agim, ont estimé raisonnable la condamnation à mort des sept hommes et jugé insuffisants leurs motifs d’appel.

Les sept hommes ont été jugés et condamnés à mort en juillet 2010 par la Haute Cour de Banjul pour participation présumée à un coup d’Etat manqué en 2009, peine qui avait été confirmée par la Cour d’appel en avril 2011.

Parmi les condamnés, figurent Lang Tombong Tamba, ancien chef de l’armée, Lamin Badjie, ex-chef des services de renseignements et Modou Gaye, ex-chef adjoint de la police. Les quatre autres condamnés sont un homme d’affaires et trois officiers supérieurs de l’armée.

Un autre homme d’affaires, un Libanais, Youssef Ezziden, faisait partie des condamnés à mort en 2010 mais aucune indication n’était disponible vendredi sur son sort. Il a été vu pour la dernière fois au tribunal il y a quelques semaines, lors du dépôt de leur demande d’appel.

Lang Tombong Tamba a été condamné en mai 2011 à 20 ans de prison ferme pour trahison dans un autre dossier, en même temps qu’un ex-chef de la Marine, Sarjo Fofana. Les deux hommes étaient accusés par le Parquet de Banjul d’avoir été au courant d’un projet de coup d’Etat en 2006 et de ne pas avoir révélé l’affaire dans un délai raisonnable.

A l’époque, M. Tamba était adjoint au chef de l’armée, et M. Fofana, président du tribunal militaire qui avait jugé et condamné une dizaine de responsables militaires à diverses peines de prison pour ce projet présumé de putsch.

Porté au pouvoir par un coup d’Etat en 1994, élu en 1996 puis, depuis, régulièrement réélu, Yahya Jammeh règne en maître sur la Gambie, petit pays anglophone enclavé dans le Sénégal, pays francophone à l’exception de sa façade maritime.

M. Jammeh annonce souvent des complots contre son régime, qui est régulièrement accusé de violations des droits de l’Homme et d’entretenir un climat de terreur.

Le 19 août, il avait déclaré que tous les prisonniers condamnés à mort (plusieurs dizaines) seraient exécutés avant la mi-septembre. Puis une semaine plus tard, le gouvernement gambien a rapporté que neuf détenus dans le couloir de la mort – dont deux Sénégalais – ont été fusillés, ce qui avait soulevé une vague de protestations à l’étranger.

Sous la pression internationale, Yahya Jammeh avait annoncé mi-septembre la suspension, jusqu’à une date indéterminée, des exécutions de condamnés à mort en Gambie.

Dans un communiqué transmis à l’AFP à Dakar, l’organisation Amnesty International (AI) a exprimé ses craintes pour les sept condamnés de vendredi, les estimant exposés à un risque d’exécution imminente.

Lucy Freeman, responsable d’Amnesty pour l’Afrique de l’Ouest, a invité les autorités gambiennes à commuer leur peine, ainsi que celle de tous les détenus dans le couloir de la mort.

Le gouvernement gambien doit aussi maintenir le moratoire sur les exécutions en vue d’abolir la peine de mort, a ajouté Mme Freeman.

Avec AFP


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