Ghana: la crainte d’autres catastrophes après l’effondrement du centre commercial

Ghana: la crainte d’autres catastrophes après l’effondrement du centre commercial

L’effondrement meurtrier il y a une semaine d’un centre commercial à Accra construit trop vite, avec des matériaux de mauvaise qualité, selon des experts, laisse craindre d’autres catastrophes dans la capitale du Ghana en plein boom immobilier.

Des sauveteurs après l’effondrement du centre commercial à Accra, le 7 novembre 2012 au Ghana
© AFP/Archives Chris Stein

L’effondrement meurtrier il y a une semaine d’un centre commercial à Accra construit trop vite, avec des matériaux de mauvaise qualité, selon des experts, laisse craindre d’autres catastrophes dans la capitale du Ghana en plein boom immobilier.

Le bilan du sinistre du 7 novembre, soit 14 morts, aurait pu être bien plus lourd. Les opérations de secours menées jusdqu’à lundi dernier par les autorités ghanéennes avec l’aide de secouristes israéliens et de travailleurs d’un chantier voisin venus en renfort ont permis de sortir 75 survivants des décombres.

Une jungle de grues envahit le ciel de la capitale du Ghana, un pays qui abrite, au moins sur le papier, une économie en plein boom. Et l’argent risque d’affluer de plus belle dans les prochaines années, avec l’augmentation de la production de pétrole.

Mais, alors que les nouveaux immeubles résidentiels et les complexes commerciaux se multiplient, certains se demandent si les entrepreneurs ne sacrifient pas la sécurité au nom de la rapidité.

« Les terrains deviennent très chers à Accra, leur prix double presque d’une année sur l’autre », estime Emmanuel Degbotse, ingénieur des ponts et chaussées, membre de l’équipe qui enquête sur l’effondrement du centre commercial Melcom.

Pour optimiser leurs terrains au maximum, les promoteurs immobiliers cherchent à construire des bâtiments de plus en plus hauts et les autorités municipales à Accra n’ont pas les effectifs suffisants pour étudier correctement chaque projet, explique M. Degbotse à l’AFP.

« Il est impossible d’étudier chaque plan », poursuit-il. M. Degbotse accuse même certains promoteurs de donner des pots-de-vin à des responsables municipaux pour obtenir des permis de construire rapidement.

Selon Magnus Quarshie, vice-président du GIE (Ghana Institution of Engineering), qui participe aussi à l’enquête, l’immeuble Melcom ne correspondait pas aux normes de construction standard.

« C’est pour ça qu’il s’est effondré comme un château de cartes. D’habitude ça arrive plutôt à des immeubles anciens. Et seulement une partie s’écroule », déclare M. Quarshie, or « ça, c’est plutôt atypique ».

Les deux ingénieurs affirment que selon des tests, le béton utilisé n’était pas assez costaud pour supporter la structure de l’immeuble.

« C’est du mauvais travail », lance Miriam Ahiekpor devant les ruines du centre commercial, sanglotant car elle ignore si une de ses amies était coincée dans les décombres.

Cette habitante du quartier qui a vu l’immeuble se construire dit que « les gens ont travaillé jour et nuit » sur le chantier.

Le propriétaire interpellé

Melcom, une société basée au Ghana propriétaire de nombreuses marques de distribution, a déclaré n’être que locataire du batiment et a décliné toute responsabilité.

Le propriétaire du batiment, Nana Kwesi Boadu, a été interpellé et interrogé par la police et selon les enquêteurs, il aurait construit le centre commercial sans permis de construire préalable.

Dans une interview à la radio, M. Boadu a affirmé qu’il avait un permis mais qu’il avait demandé aux locataires de ne pas placer de matériel trop lourd dans les étages supérieurs…

« Ils ne m’ont pas écouté », a-t-il déploré.

Un tribunal d’Accra a ordonné l’évacuation et l’inspection de plusieurs immeubles lui appartenant.

Selon M. Quarshie, cette catastrophe montre à quel point le Ghana a besoin d’une réglementation plus rigoureuse dans la construction, les mesures adoptées l’année dernière par le parlement n’ayant toujours pas été mises en oeuvre.

A cause d’un vide juridique, pour l’instant, on n’est pas obligé de faire appel à un ingénieur pour les constructions nouvelles, selon M. Degbotse.

L’économie du Ghana, gros producteur d’or et de cacao, pourrait être transformée dans les prochaines années par un secteur pétrolier naissant. Le pays prévoit une croissance de 8% pour l’année en cours.

Des répliques de la catastrophe Melcom « peuvent être évitées si l’on s’assure que le système fonctionne », souligne M. Quarshie.

Avec AFP

Bona

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