Guinée: Alpha Condé fait monter les enchères

Le président guinéen Alpha Condé s'exprime lors d'une conférence de presse à Conakry le 17 mars 2015

Le président guinéen Alpha Condé s’exprime lors d’une conférence de presse à Conakry le 17 mars 2015|AFP

En Guinée, le président Alpha Condé multiplie les déclarations à propos de la continuité de l’Etat. Il a mis sur la balance un éventuel troisième mandat auquel, il n’aurait pas droit.

Trois ans avant la fin de son deuxième et dernier mandat présidentiel, Alpha Condé apparaît de plus en plus affamé du pouvoir. Ces derniers jours, le président guinéen se rapproche davantage d’un troisième mandat présidentiel auquel, à l’état actuel de la Constitution, il n’a pas droit. Elu en 2010, le président guinéen âgé de 79 ans, a été réélu en 2015 pour un deuxième et ultime mandat présidentiel. Et suivant ses déclarations qu’il a multipliées lors de ses voyages en France, le 11 avril et au Maroc le 17 du même mois, Alpha Condé serait tenté de tripatouiller la Constituin afin de pouvoir briguer la magistrature suprême. «Arrêtons avec cette vision dogmatique de savoir si la bonne chose est un, deux ou trois mandats. Ça dépend de chaque pays et de la volonté de son peuple. Nous ne voulons plus que l’Occident nous dicte ce que nous devons faire. Les pays développés, on ne leur pose pas la question (…) Je n’ai pas à répondre. Ce n’est ni aux journalistes ni aux puissances extérieures de décider», avait asséné Alpha Condé dans les colonnes du journal Libération.

Le lendemain, sur France24 il avait embouché la même trompette. «J’ai été élu (sur la base) d’un programme. Je m’applique à appliquer ce programme. Je ne fais pas de spéculations parce qu’on fait des spéculations sur l’Afrique. (…). Pourquoi, on se focalise seulement sur l’Afrique. Pourquoi on ne pose pas la même question aux Asiatiques, aux Latino-américains», avait dit Alpha Condé au journaliste Jean Karim Fall.

Au Maroc où il était l’invité de marque lors de la cérémonie inaugurale de la 9e édition des Assises nationales de l’agriculture, le chef de l’Etat de Guinée a fait une sortie à peine voilée sur une possiblité qui s’offre à lui de briguer un troisième mandat. «L’Afrique doit prendre son destin en main (…) Nous ne voulons plus que les Ong occidentales nous dictent ce que nous devons faire. L’Afrique doit définir sa propre voie de développement parce que personne ne viendra développer notre continent à notre place. L’Afrique doit définir sa voie de démocratie. C’est vrai qu’il y a des principes universels, mais il est important qu’on laisse les africains adopter ces principes universels à leur condition. On peut se poser la question, pourquoi les pays occidentaux n’ont jamais demandé aux pays asiatiques de limiter les mandats… comment l’Asie du sud-est a pu se développer ? Comment la Malaisie aurait pu se développer s’il n’y avait la continuité ? La chance du Maroc c’est d’avoir cette continuité», a lancé, de Mekhnès Alpha Condé, également président en exercice de l’Union Africaine.  

Le président guinéen d’ajouter: «Nous sommes très clairs, nous ne voulons plus d’ingérence. L’Afrique d’aujourd’hui est majeure. J’ai dit à Abidjan que l’Afrique francophone doit couper le cordon ombilical avec la France (…). L’Afrique est mûre nous ne voulons plus d’ingérence. Ce sont les ingérences qui nous ont mis dans des problèmes (…) Nous ne voulons plus qu’on nous dicte ce que nous devons faire».

Ces déclarations de Alpha Condé devraient inquiéter d’autant plus en mai 2016, il avait déclaré que c’était «au peuple de décider» s’il devait se représenter en 2020. C’est dire que le ciel de la démocratie en Guinée n’est pas des plus sereins. Ces sorties intempestives du numéro un guinéen sont si malheureuse qu’elles font tomber le masque d’un opposant historique dont le long combat pour la démocratie en Guinée, avait fait école, même au-delà des frontières de son seul pays.

©OEILDAFRIQUE


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  1. Coeur sans haine
    Coeur sans haine 22 avril, 2017, 11:53

    C’est comme cela que ces vieux chef d’Etats africains commencent!! Dès qu’ils sentent la fin du mandant, ils remuent ciel et terre ou créent des moyens pour pouvoir se maintenir au pouvoir, meme s’il faut s’accrocher sur une infime branche du manguier… Que mes frères guinéens le boutent dehors s’il ose se maintenir au pouvoir après son deuxième mandat.

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