[Interview] CAN 2017 – Adebayor: « Tout le pays m’attend »

L'attaquant du Togo Emmanuel Adebayor lors d'une séance d'entraînement à Mbour (Sénégal), le 6 janvier 2017 | AFP/Archives | SEYLLOU

L’attaquant du Togo Emmanuel Adebayor lors d’une séance d’entraînement à Mbour (Sénégal), le 6 janvier 2017 | AFP/Archives | SEYLLOU

Sans club depuis plus de six mois ? Qu’importe. « Tout le pays m’attend » confie à l’AFP Emmanuel Adebayor, star du Togo et idole du continent africain, qui espère, à 32 ans, jouer les trouble-fêtes avec les « Eperviers » à la CAN-2017 au Gabon.

Q: Vous avez joué jusqu’à la 89e minute contre la Côte d’Ivoire (0-0). Pensiez-vous être capable de tenir autant après de longs mois sans compétition ?

R: « Oui bien sûr. Par rapport à tout ce que j’ai fait ces derniers mois au pays avec l’entraîneur et le préparateur physique. C’est vrai que — heureusement ou malheureusement — je n’étais pas à la TV, les gens ne me voyaient pas. Honnêtement ce que j’ai fait, c’était plus qu’une préparation commando ! C’était très très difficile. Je faisais tout: des 15×15 (fractionné très court), du +box-to-box+ (surface à surface), des exercices de finition devant le but, des accélérations tout seul. Mais bon à la fin de chaque journée, je savais la compétition qu’il y avait devant moi. Je me suis préparé pour ça. Vous avez vu contre la Côte d’Ivoire, j’étais plus ou moins bien. Tant mieux. »

Q: Après ce remarquable résultat, pensez-vous que le Togo, qualifié in extremis pour la CAN-2017, est désormais pris plus au sérieux ?

R: « Aujourd’hui le regard a changé sur le Togo. Mon objectif, ce n’est pas qu’on parle d’Adebayor mais qu’on parle du Togo en bien. La préparation s’est très bien passée. Je tiens à remercier le gouvernement qui a fait un effort. Cette fois-ci, il n’y a pas eu de problèmes d’équipementiers, de primes… Tout a été réglé à l’heure. On n’a qu’un seul objectif, c’est de faire une très bonne figuration. Tout le monde est derrière nous, c’est à nous maintenant de jouer, de prendre et de donner du plaisir. »

Q: Considérez-vous, au vu de votre statut, que vous êtes en mission ? Réitérer l’exploit de 2013 avec une qualification en quarts est-il possible ?

R: « Je pense que tout le pays m’attend pour marquer des buts ou faire gagner mon équipe. Je suis dans une obligation de le faire vendredi contre le Maroc. Ce qu’on a fait en 2013, c’est derrière nous. Ce qui est important, c’est le présent et ce qui est devant toi. On a fait un très bon match contre l’une des meilleures équipes d’Afrique. Maintenant, il ne faut pas s’enflammer non plus. On va continuer à travailler et on verra ce que cela va donner. Regardez l’ambiance, on chante, on danse… C’est une famille, c’est extraordinaire ! Je ne sais pas où la voiture va s’arrêter, mais qu’importe l’endroit, c’est une famille que j’ai créée, que j’ai construite. Je suis très content de ça. Espérons que l’aventure puisse continuer le plus longtemps possible. »

Q: Avec les retraites de Yaya Touré, Didier Drogba, ou Samuel Eto’o, vous êtes le dernier géant de la génération 2000-2010, encore en sélection. Les plus jeunes joueurs à la CAN disent qu’ils vous admirent. Qu’est-ce que cela vous inspire ?

R: « Vous savez c’est toujours beau d’être admiré par un autre footballeur. Vraiment c’est énorme ! Je me rappelle de ma première CAN en 2002, je regardais les Rigobert Song, Patrick M’Boma… Pour moi, c’étaient des dieux ! Aujourd’hui il y a des jeunes qui me regardent avec cet oeil donc je ne peux qu’être content. C’est à moi de démontrer sur le terrain que je reste toujours Adebayor, un footballeur qui adore le jeu. Faire partie aujourd’hui des joueurs les plus expérimentés (de la CAN), cela fait du baume au coeur. Cela fait plaisir même si émotionnellement c’est dur. Vous savez, mes coéquipiers me regardent. Je ne vais pas dire que je suis une icône mais je suis un leader. Je dois montrer à mes coéquipiers qu’ils peuvent compter sur moi. »

Q: Vous êtes sans club depuis plus de six mois. Briller à la CAN, en plein mercato d’hiver, est-ce le bon moment ?

R: « Je ne suis pas là pour prouver quoi que ce soit à qui ce soit (ferme)! Je suis là pour jouer, prendre du plaisir et avant tout pour défendre les couleurs de ma nation. Après, tout ce qui peut se passer derrière… »

Q: Que s’est-il passé avec l’Olympique Lyonnais, avec qui vous étiez en discussions très avancées en septembre dernier ?

R: « J’ai refusé le contrat pour pouvoir représenter mon pays. Ils m’ont demandé si je comptais aller à la CAN, j’ai tout simplement dit : +Oui+. Ils ont dit : +Bon cela va être compliqué+. J’ai répondu: +C’est à vous de faire un choix mais moi je suis obligé d’y aller et de défendre les couleurs de ma nation+. Il n’y avait aucune raison que je n’aille pas à la CAN. S’il y a le meilleur club au monde qui me dit: +Viens (nous rejoindre) demain+, je n’irai pas ! »

Q: Malgré tout, le téléphone portable doit bien chauffer en ce moment ?

R: « En ce moment mon portable est éteint (rires). Je me concentre sur la CAN, on verra tout ça après tranquillement ».

AFP

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