Karim Wade face à son honneur

Karim Wade face à son honneur

Karim Wade, dont le nom est escorté par d’innombrables scandales, a mille raisons d’accepter de se plier à l’exercice d’audits pour laver son honneur «souillé par ces bruits».

Karim Wade

Après la chute de son régime, Abdoulaye Wade livre son troisième tour de la Présidentielle : Comment sauver le K ? Ces adieux du chef de l’Etat aux chefferies religieuses sont l’expression d’une peur…bleue et d’une inquiétude qui trouvent leur fondement dans le comportement de Karim Wade avec les deniers publics. On a toujours dénoncé sa proximité avec l’argent du contribuable sénégalais qui a provoqué un ressentiment de son fils auprès de l’opinion sénégalaise. A l’Immeuble Tamaro, épicentre de la toute puissance de Karim, où il a bâti son empire ministériel, les «dossiers sales» qui doivent être nettoyés par le nouveau pouvoir sont à la hauteur de la densité de son ministère. Ce ministère, qui brasse toutes les ressources de l’Etat, a provoqué la publication d’un décret qui scinde le ministère de l’Economie et des finances en deux entités.

Installé au Sénégal en 2002 pour travailler dans l’administration de son père, il est sorti de l’ombre avec sa nomination à la tête de l’Anoci. L’ouvrage du journaliste Abdou Latif Coulibaly a mis à nu les fautes de gestion et l’énormité du scandale financier constitué de dépenses fantaisistes : la réfection de ses bureaux à l’agence pour un coût de 750 millions de F Cfa. Karim Wade a, en outre, dépensé 500 millions de F Cfa pour une campagne de communication dans les pays du Golfe. Le journaliste démontre, preuves à l’appui, que le coût réel des chantiers de l’Anoci s’élève à 205 milliards de FCfa, contrairement aux 75 milliards annoncés officiellement. Dernière sucette : le Plan Takkal, véritable gouffre financier de 300 milliards FCfa, exige aussi des éclaircissements sur son mode de financement et sa gestion. Sans occulter bien sûr les grands projets, la restructuration des Industries chimiques du Sénégal (Ics), la mise en place d’une Zone économique spéciale intégrée dans la capitale, la Suneor, l’acquisition du jet privé qui est une affaire publique.

Son nom étant mêlé à presque tous les scandales financiers qui éclaboussent la République, l’Ambassade des Etats-Unis au Sénégal, en référence aux commissions «perçues» par le fils du Président, notait dans ses câbles d­i­plomatiques publiés par Wikileaks : «Karim est aujourd’hui surnommé «monsieur 15 %», alors qu’au début de 2007, on l’appelait «Monsieur 10%»». Sa réputation est définitivement ternie.

HONNEUR ET DIGNITE

Aujourd’hui Karim Wade s’offre une chance inouïe de s’absoudre et de retrouver une nouvelle virginité aux yeux des Sénégalais. Pour son bien ! Le puissant ministre d’Etat, prompt à ester en justice ses pourfendeurs, devra se plier «sans problèmes» à cet exercice de bonne gouvernance pour laver son honneur et sa dignité souillés par des «rumeurs et des accusations fantaisistes». Car, l’honneur de Karim Wade coûte cher comme l’attestent la majeure partie des plaintes qu’il a intentées contre ses «diffamateurs» en réclamant des dommages et intérêts chiffrés à des centaines de millions.
Dans ce contexte de fortes suspicions légitimées aussi par d’innombrables scandales, le chef de l’Etat devrait même encourager son fils à aller à la rencontre de la vérité en affrontant les audits. Sans complaisance et surtout utilisés juste comme un simple mécanisme républicain et sans arrières pensées politiques, les audits seraient une bouée de sauvetage pour le ministre de l’Energie. Ils projetteraient un faisceau de lumière dans la part d’ombre du ministre Karim Wade qui n’a jamais été inquiété en dépit des scandales à répétition.

SI CE N’EST PAS TOI C’EST DONC TES «FRERES»

Mais, la ligne de défense du chef de l’Etat n’a pas changé : Karim Wade n’est pas ordonnateur de dépenses. Aux yeux de son père, les autres collaborateurs de son fils sont les responsables d’éventuelles fautes de gestion. Si ce n’est pas Karim, c’est donc ses frères libéraux ! Tel est ce qu’on peut lire entre les lignes de cette échappatoire du père. Wade l’avait pourtant dit à la suite du livre de Latif Coulibaly Comptes et mécomptes de l’Anoci, arguant que Baldé en était l’ordonnateur et l’exécutant des dépenses. C’est d’ailleurs de là que serait parti le froid du tandem «concret» de l’Anoci. Personne n’a dit «mettez-le en prison !», mais «entendez-le !», comme les autres.


source:
Lequotidien

 



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