La Chine et le Japon continuent de se battre pour la conquête de l’Afrique

La Chine et le Japon continuent de se battre pour la conquête de l’Afrique

 

Mankeur Ndiaye et son homologue chinois Wang

Le ministre sénégalais des Affaires étrangères Mankeur Ndiaye et son homologue chinois Wang Yi, en visite à Dakar

Il y a seulement quelques jours, le Premier Ministre japonais Shinzo Abe a fait une tournée en Afrique et a tenu une grande rencontre avec les pays africains à Abidjan en Côte d’ivoire, au Mozambique et en Ethiopie. Cette visite africaine du Chef du gouvernement japonais n’est pas du goût de la Chine. Au contraire, la tournée sera peut-être le début de l’exacerbation de la rivalité entre la Chine et le Japon. L’ambassadeur chinois auprès de l’Union Africaine s’en est vivement pris le mercredi 15 janvier au Japon, mettant en garde les pays africains contre une imminente «résurrection du militarisme japonais» et qualifiant le Premier ministre japonais Shinzo Abe de «fauteur de troubles».

Xie Xiaoyan a fait ces déclarations lors d’une conférence de presse à Addis Abeba, qui a été dernière étape de la tournée africaine de M. Abe. Pour lui, le Japon tente de saper la diplomatie régionale de Pékin. «La visite du Premier ministre Shinzo Abe en Afrique fait partie d’une politique d’endiguement de la Chine. M. Abe est devenu le plus grand fauteur de troubles en Asie», a estimé Xie Xiaoyan, qui est également ambassadeur de Chine en Ethiopie.

Pour ce diplomate chinois, Shinzo Abe, le leader conservateur japonais a fait monter les tensions régionales en Asie. «Il a travaillé dur pour présenter la Chine comme une menace, cherchant à semer la discorde, faisant monter les tensions régionales et créant ainsi une excuse commode à la résurrection du militarisme japonais. (…). Ce Premier ministre conduit le pays sur un chemin dangereux et la communauté internationale devrait tout faire pour empêcher le Japon de poursuivre sur cette voie», a soutenu Xie Xiaoyan.

Le diplomate réitère les critiques chinoises contre la visite du Premier ministre japonais au sanctuaire de Yasukuni pour honorer quelque 2,5 millions de Japonais morts pendant la deuxième Guerre mondiale, dont plusieurs officiers de haut niveau exécutés pour crimes de guerre après 1945. «Pensez à la provocation que cela serait si l’Allemagne venait rendre hommage dans un sanctuaire honorant Hitler», a-t-il dit.

Lors de la dernière étape de sa tournée, Shinzo Abe a annoncé à Addis Abeba le 14 janvier le doublement à 2 milliards de dollars d’une promesse de prêt faite au secteur privé africain en 2012 et une aide de 320 millions de dollars pour promouvoir la paix et la sécurité en Afrique. Accompagné d’une forte délégation d’hommes d’affaires, il a aussi annoncé des investissements dans l’agriculture et l’énergie géothermique en Ethiopie. Il a signé une série d’accords économique dans les secteurs de l’énergie, la santé et la construction au Mozambique où les compagnies chinoises sont présentes dans le gaz et le charbon.

La tournée africaine de Shinzo Abe, première du genre en huit ans de pouvoir a eu lieu au même moment que celle du chef de la diplomatie chinoise Wang Yi poursuit lui aussi une tournée entamée depuis le 6 janvier en Ethiopie avant de se rendre à Djibouti, au Ghana et au Sénégal.

 

Rappelons toutefois que la Chine est actuellement le premier partenaire de l’Afrique, dont 13,5% du commerce extérieur se faisait dès 2009 avec la Chine, contre seulement 2,7% avec le Japon, selon les chiffres de l’OCDE. Depuis, les échanges sino-africains ont plus que doublé. La prochaine bataille de la Chine, 2e puissance économique mondiale est d’importer les ressources naturelles africaines pour la transformation.

Didier Assogba
Oeildafrique.com


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