Le talentueux Mason Ewing matérialise l’improbable

Mason Ewing

Le cinéaste camerounais Mason Ewing

Styliste, réalisateur/scénariste et président de la fondation SOS MADISON INTERNATIONAL, Mason Ewing a choisi Œil d’Afrique pour annoncer la sortie de sa nouvelle série « Mickey Boom », prévue pour février 2016, son long-métrage « Psychose 111» ainsi que son prochain défilé.

L’homme aux multiples casquettes perd la vue à l’âge de 14 ans. Mason Ewing a perdu sa maman alors qu’il n’avait que 3 ans mais sa maman n’était autre que le grand mannequin et styliste camerounaise, Marie Francesca Elong. Mason a hérité d’elle son goût pour la mode.

Il choisit de faire de son handicap sa force et se lance dans la mode pour faire ses débuts dans la vie active. Il lance en 2004 la gamme de vêtements à l’effigie de bébé Madison, il est rapidement repéré comme le premier styliste à intégrer du braille à ses vêtements. Mais une seule passion, c’est trop pour l’appétit de vivre de Mason. Son amour pour le cinéma le rattrape et il sort son premier court-métrage en 2011 « Descry » qui a été sélectionné par plusieurs festivals aux Etats-Unis, « Une Lueur d’Espoir » prévu pour le Festival de Cannes 2016 a été racheté par France Télévision.

Mason Ewing a été également inspiré par l’image de son père Frederick Ewing, grand homme d’affaire américain décédé en 2010 : il est aujourd’hui à la tête du groupe MASON EWING CORP. Une biographie retraçant son parcours « Les yeux du destin » est actuellement en cours d’écriture.

Vous avez obtenu un soutien financier du gouvernement français pour votre série TV Mickey Boom. Pouvez-vous nous en dire plus ?   

Le soutien que j’ai reçu de l’Etat, c’est plutôt du Président Hollande lui-même. J’ai aussi reçu un soutien du Ministère de la Culture et du Ministère  des Affaires Sociales, de la Santé et des Droits des Femmes. Je compte sur l’Etat pour m’aider dans d’autres projets artistiques et j’espère qu’ils vont aider financièrement mon association SOS MADISON INTERNATIONAL. Je souhaite et j’espère avoir des financements qui m’aideront à monter des projets dans mon continent l’Afrique. Les investisseurs ne se rendent même pas compte de tout l’argent qu’ils pourraient gagner en échange. Mon continent a de l’argent et j’espère qu’il finira par intervenir.

Le succès de votre court métrage, cela vous a-t-il ouvert des portes dans la cinématographie ?

En fait, en ce qui concerne le succès de mon court-métrage DESCRY, en France, pas spécialement. Je compte beaucoup sur mes prochaines réalisations. 

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Psychose 111 est votre prochain long métrage, pourquoi avoir choisi l’Irlande pour démarcher des partenaires financiers ? Projetez-vous une réalisation en Anglais ?

Alors pour parler de mon long-métrage PSYCHOSE 111, je suis à la recherche d’un budget de 3 millions de dollars. Je souhaite que mon premier long-métrage sur l’horreur, PSYCHOSE 111 soit tourné en Irlande. C’est un pays que j’affectionne beaucoup pour son aura, ses paysages, ses légendes et ses fantômes. J’ai très peur des fantômes mais je suis très fan des films d’horreur.

Oui effectivement je ferai une version anglaise de PSYCHOSE 111. Le but est que mon film soit diffusé partout dans le monde. D’ailleurs, je pars en Irlande pendant une dizaine de jours pour m’inspirer et prochainement, on tourne déjà un teaser de 5 minutes pour montrer de quoi ça parle.

Et pour ma prochaine étape, je voudrais réaliser un grand film d’horreur qui serait diffusé dans tous les cinémas dans le monde. Ce film d’horreur, je souhaite le tourner en Afrique ; des histoires que personne n’a jamais vu. En Afrique, la sorcellerie a toujours eu une grande importance, tout comme les histoires de fantômes, sans oublier les malédictions. Maintenant, reste à voir si les investisseurs africains souhaitent me soutenir dans mes projets.

Votre défilé annoncé pour le 30 octobre est bien plus qu’un évènement mondain, c’est une action humanitaire. Les recettes seront reversées à SOS MADISON INTERNATIONAL,dont vous êtes le fondateur. Pouvez-vousnous en dire plus sur votre fondation ?

Quand j’ai créé SOS MADISON INTERNATIONAL, le 23 octobre 2008, ça a été dans un but très important pour moi : Me battre pour faire bouger les choses dans le monde. Tout faire pour que les gamins ne subissent plus la violence, créer des orphelinats pour soutenir tous ces adorables bambins qui n’ont plus de famille. Ce que je souhaite c’est que tous ces enfants, une fois devenus autonomes et adultes, arrivent à trouver du travail. Et qui sait ? S’il y a des investisseurs ou des donateurs qui partagent cette même volonté et qui finissent par m’aider, je finirais peut-être par aider tous ces enfants et même pas la suite, comme l’entreprise MASON EWING CORP. sera mondialement connue et prospère, je pourrais alors embaucher pas mal de ces jeunes qui sortent de l’orphelinat et qui veulent s’intégrer dans le monde du travail.

Aussi, je veux me battre pour faire avancer la cause du handicap dans le monde, aider toutes ces personnes handicapées qui ont du talent mais pas les moyens de le faire connaître, toutes ces personnes handicapées qui sont exclues de la société. Je veux aussi me battre pour que les personnes handicapées soient acceptées en Afrique et partout le monde.

L’évènement du vendredi 30 octobre sera une vente aux enchères dans le but de récolter des fonds et j’espère vraiment que, à travers le monde, je finirai par trouver des donateurs financiers, quel que soit le don. J’ai déjà plusieurs créateurs qui nous ont fait des dons pour cet évènement tels qu’Olivier Lapidus, Emmanuel Petit, Jean-François Hogrel et d’autres sportifs. J’ai vraiment besoin de soutiens de l’Afrique et aussi du monde entier. Il y a des enfants partout dans le monde qui ont besoin de nous et des personnes handicapées qui ont besoin de ne pas être rejetées. SOS MADISON INTERNATIONAL sera là pour eux tous.

Je tiens aussi à remercier le groupe de l’Eurosite qui nous a prêté une salle magnifique au George V. C’est un magnifique don pour l’association. J’ai invité beaucoup de personnalités qui seront à cet évènement.

Vous avez été révélé au grand public par la mode, l’étiquette de styliste est elle conciliable avec celle de réalisateur ?

En septembre 2006, quand j’ai organisé mon premier défilé, ça a été magique. La mode a toujours été le rêve de ma mère mais le cinéma, c’est ma passion, mon amour, ma femme, mon meilleur ami. Oui, mon étiquette de styliste est tout à fait compatible avec celle de producteur. Exemple : chaque fois que je fais un tournage, je suis costumier dans tous mes projets de films. J’habille tous les acteurs. C’est moi qui m’occupe d’acheter les tenues, tout ce qui est talons, chaussures, robes, bijoux, accessoires ; la mode m’a beaucoup aidée. J’ai réussi à concilier ces deux mondes. Et dans mes projets, on voit ma marque de vêtements. Exemple : dans la série télé ERYNA BELLA, il y aura un couturier qui s’appelle Mason Ewing qui va présenter toutes mes collections ; c’est un acteur qui va jouer mon rôle. Et dans MICKEY BOOM, certains acteurs tels que Mickey Boom (Simon Roth) porteront mes tee-shirts avec le Bébé Madison.

Vous êtes un symbole de réussite, de prouesse, vous êtes styliste et réalisateur, ce qui constitue de vrais défis par rapport à votre handicap. Vous projetez-vous dans d’autres fonctions dans l’avenir ?

La mode a été le rêve de la mère, le cinéma, mon rêve à moi. J’adore ces deux passions. Effectivement, je compte faire agrandir des départements de mon entreprise : ouvrir des studios de cinéma en Afrique qui vont s’appeler Ewingwood et – pourquoi pas – plus tard avoir notre propre chaîne télé mondiale pour diffuser des projets de série. Cela restera toujours autour du cinéma.

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Tournage

Une biographie retraçant votre histoire est en préparation. Accepteriez-vous de nous en dévoiler un scoop?

Pour parler de mon livre « Les yeux du destin » qui est beaucoup attendu par beaucoup de gens, ça parle de beaucoup de choses que certaines personnes ne vont pas aimer, certaines vérités et certaines déceptions concernant mon continent, surtout le Cameroun. Le livre va être très dur.

Avez-vous des projets en vue au Cameroun ou dans d’autres pays d’Afrique ?

Des projets, effectivement : les plus gros studios de cinéma d’Afrique Ewingwood. Ces studios qui permettraient aux jeunes artistes africains de se développer dans le monde de l’art : cinéma, couture, cours de théâtre et plein d’autres choses. L’ambition de la société MASON EWING CORP. est que les plus gros producteurs des Etats-Unis et du monde viennent tourner en Afrique, louer nos studios. Je veux montrer que dans notre continent, il y a des paysages magnifiques, qu’il n’y a pas que de la misère. Mais pour cela, il faut bien évidemment des investisseurs, de l’argent. Et pour le Cameroun, j’aimerai bien avoir le soutient de la Première Dame, Madame Chantale Biya. J’ai été très honoré quand la présidence du Cameroun a pris contact avec moi ; surtout que j’ai déjà un grand soutien de notre Président François Hollande en France. Le Cameroun est trop fermé et je me battrai pour que ce pays s’ouvre et on aimerait récupérer les cinémas à Biya au Cameroun.

Un mot pour nos lecteurs ?

Ce que je peux dire à nos lecteurs africains est de plus soutenir nos confrères. Un exemple : il y a un gros soutien dans la communauté juive, les maghrébins et les chinois se soutiennent énormément. Et j’aimerai vraiment que le cinéma se développe au Cameroun. Ce que je peux dire aux jeunes lecteurs, c’est d’être courageux, de croire en leurs rêves et que le cinéma et la mode sont des métiers magiques. On a besoin que la communauté africaine se développe et se soutienne. Justement, je pense que la nouvelle génération africaine d’aujourd’hui est l’avenir pour le développement de l’Afrique. Arrêtez de vous jalouser et avançons tous ensemble.

Propos recueilli par Naïma Ounane
© OEIL D’AFRIQUE

Naïma OUNANE

Naïma OUNANE

Journaliste à Oeil d'Afrique.


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