Libye: quatre Américains dont l’ambassadeur tués dans une attaque

Libye: quatre Américains dont l’ambassadeur tués dans une attaque

Une voiture brûle dans l’enceinte du consulat américain à Benghazi, en Libye, le 11 septembre 2012 — afp.

Quatre Américains dont l’ambassadeur en Libye Chris Stevens ont été tués dans une attaque contre leur consulat à Benghazi par des hommes armés en colère contre un film anti-islam, une agression jugée « choquante » par le président Barack Obama.

Les autorités libyennes ont présenté leurs excuses aux Etats-Unis et pointé du doigt à la fois les partisans du régime déchu de Mouammar Kadhafi et Al-Qaïda, après cette attaque survenue mardi soir, jour du 11e anniversaire des attentats du 11-Septembre aux Etats-Unis commis par le réseau islamiste.

Le Pentagone a annoncé le déploiement d’une équipe de Marines spécialisés dans la lutte antiterroriste en Libye, après cette attaque dénoncée à travers le monde.

Les protestations contre ce film polémique dans les pays musulmans commencent à faire tâche d’huile avec des rassemblements devant des représentations américaines à Casablanca, Tunis et à Khartoum, alors qu’une manifestation de Coptes est prévue en soirée au Caire.

Les autorités égyptiennes ont appelé à la retenue après l’annonce par les puissants Frères musulmans d’une manifestation vendredi à travers le pays, après celle de mardi devant l’ambassade des Etats-Unis au Caire.

A Kaboul, les autorités ont condamné le film et débloqué Youtube.

Le film « Innocence of Muslims » se veut une description de la vie du prophète Mahomet, et évoque les thèmes de l’homosexualité et de la pédophilie. Il est signé par un Israélo-américain, Sam Bacile, qui décrit l’islam comme un « cancer ».

L’attaque de Benghazi (est) est la première de cette envergure contre une ambassade occidentale en Libye depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en octobre 2011. Elle illustre une fois de plus l’incapacité des autorités à assurer la sécurité dans le pays où les milices armées font la loi.

Mardi soir, des hommes armés ont attaqué avec des roquettes le consulat dans cette deuxième ville de Libye, bastion de la révolution et considérée comme un fief des islamistes radicaux, selon des sources de sécurité.

Obama condamne

Des témoins ont fait état de l’explosion de bombes artisanales et d’affrontements entre les forces de sécurité et les hommes armés, parmi lesquels se trouvaient des salafistes. Le consulat a été incendié après avoir été pillé et vandalisé, selon eux.

L’ambassadeur Chris Stevens, qui avait soutenu avec passion la révolte populaire contre le régime de Mouammar Kadhafi en 2011, et trois fonctionnaires du consulat ont péri, selon le vice-ministre de l’Intérieur Wanis al-Charef.

Le décès de l’ambassadeur serait dû à une asphyxie au monoxyde de carbone, a indiqué une source de sécurité.

L’ambassadeur américain en Libye Chris Stevens (d) à côté de son homologue britannique, le 11 avril 2012 à Benghazi © AFP/Archives

Surpris par la violence de l’attaque, des membres des services de sécurité libyens chargés de la surveillance du consulat ont quitté les lieux, selon une autre source de sécurité.

« Les Etats-Unis condamnent dans les termes les plus forts cette attaque scandaleuse et choquante. Nous oeuvrons à mettre nos diplomates en sécurité avec le gouvernement libyen », a dit M. Obama lors d’une intervention solennelle dans la Roseraie de la Maison Blanche, la secrétaire d’Etat Hillary Clinton à ses côtés.

Il a tenu à distinguer les assaillants et les Libyens, en soulignant que nombre de ces derniers avaient tenté d’aider les Américains pendant l’attaque, et avaient transporté la dépouille de l’ambassadeur à l’hôpital. « L’attaque ne rompra pas les liens entre les Etats-Unis et la Libye ».

De son côté, Mme Clinton a fermement condamné un « attentat choquant pour toutes les consciences » et accusé « un petit groupe sauvage » de l’attaque.

La dernière attaque ayant coûté la vie à un ambassadeur américain en poste remonte au 14 février 1979, quand Adolph Dubs a été tué dans l’assaut donné par les forces gouvernementales pour le libérer après son enlèvement à Kaboul par des islamistes.

Al-Qaïda ou les pro-Kadhafi?

L’ONU a « condamné dans les termes les plus forts » l’attaque de Benghazi, tandis que l’Union européenne a appelé Tripoli à prendre sans délai des mesures pour protéger les diplomates et employés étrangers.

A Tripoli, le président du Congrès général national (CGN), plus haute autorité politique du pays, Mohamed al-Megaryef, a « présenté (ses) excuses aux Etats-Unis, au peuple américain et au monde entier » pour cette « attaque lâche ».

« Ce qui s’est passé hier, coïncide avec le 11 septembre et a une signification claire », a-t-il dit, en allusion à Al-Qaïda qu’il n’a pas cité nommément. Plus tôt, il a pointé du doigt également les partisans de l’ancien régime kadhafiste, tombé en octobre 2011.

Malgré tout, le CGN a maintenu pour mercredi soir l’élection du chef du gouvernement dont la principale tâche sera justement de mettre en place une armée et une police professionnelles.

Benghazi a connu une vague de violences ces derniers mois, avec des attaques contre des Occidentaux et des assassinats d’officiers de l’armée ou de la sécurité.

Les autorités libyennes, déjà dépassées par la recrudescence des violences et la prolifération d’armes depuis la chute du régime Kadhafi, se sont trouvées depuis quelques semaines face à une montée en puissance de la mouvance salafiste qui a notamment détruit des mausolées musulmans.

AFP / Oeildafrique

Bona

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