Maroc : des milliers de personnes manifestent contre le gouvernement

Une ancienne manifestation avait rassemblé le Mouvement du 20 février et les enseignants stagiaires le 24 janvier 2016. © Abdeljalil Bounhar/AP/SIPA

Une ancienne manifestation avait rassemblé le Mouvement du 20 février et les enseignants stagiaires le 24 janvier 2016. © Abdeljalil Bounhar/AP/SIPA

Plusieurs milliers de personnes ont manifesté dans le calme dimanche à Rabat. Il s’agissait de militants dénonçant la « corruption » ou d’enseignants stagiaires en lutte depuis des mois contre le gouvernement, a constaté un journaliste de l’AFP.

Un premier cortège a rassemblé, dimanche 29 janvier,  un peu plus d’un millier de marcheurs : des membres de plusieurs syndicats de travailleurs – notamment l’Union marocaine du travail (UMT) et la Confédération démocratique du travail -, de partis de gauche et des militants associatifs.

Ils entendaient exprimer leur « ras-le-bol contre la corruption et la gabegie des deniers publics » par le gouvernement, selon l’un de leur représentants, un membre de l’UMT qui a requis l’anonymat.

Une seconde manifestation a eu lieu dans la foulée, toujours devant le Parlement, où deux à trois-mille enseignants stagiaires sont venus défendre la cause de 150 d’entre eux récemment recalés à une épreuve d’admission dans la fonction publique.

Ce conflit avec le ministère de l’Éducation dure depuis mi-2015. Il concerne la fin de l’intégration automatique des professeurs stagiaires dans la fonction publique et la réduction de leur bourse. Il avait été en partie résolu avec la signature d’un accord en avril avec le gouvernement.

Recalés pour raisons politiques ?

« La mobilisation se poursuit contre les agissements successifs de l’État », pouvait-on lire sur l’une des banderoles.

« Les 150 profs ont été recalés pour des raisons politiques, la plupart sont des militants actifs de notre Coordination nationale des professeurs stagiaires », a affirmé à l’AFP Aoula, membre de cette organisation.

« Nous sommes ballottés, méprisés depuis des mois par l’État, notre avenir est incertain alors que nous sommes ceux qui formeront la jeunesse de notre pays », a-t-elle déploré.

« Liberté, dignité, justice sociale ! », « Plutôt la mort que la soumission ! », ont notamment scandé des manifestants, dont certains affichaient leur soutien à la cause amazigh (berbère), au Mouvement du 20 février, né dans le sillage du printemps arabe, ou encore au mouvement islamiste Al Adl Wal Ihsane (Justice et dignité, interdit mais toléré).

Le ministère de l’Intérieur n’a donné aucune estimation chiffrée sur les deux rassemblements, qui se sont déroulés sans incident.

Les manifestations sont quasi-quotidiennes devant le Parlement à Rabat mais ne rassemblent généralement que quelques dizaines, au mieux quelques centaines de marcheurs.

AFP

AFP

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