Polygamie: comment l’Afrique résiste?

Polygamie: comment l’Afrique résiste?

Vieille comme l’Afrique, la polygamie, un sujet de débat dans les sociétés occidentales a du mal disparaître sur le continent ou au fil des générations. Elle cède moins de place malgré le battage médiatique et le ravage du SIDA. À l’âge de l’universel démocratique comment l’Afrique résiste-t-elle encore à une pratique qui lui colle à la peau ?

La polygamie se définit comme le mariage entre un homme et plus d’une femme. Elle a quasiment existé dans toutes les civilisations et chez tous les peuples aux quatre coins du monde. Elle s’est imposée dans les mœurs des peuples dans le but de la procréation et de la survit des clans. En Afrique elle se pratique toujours indépendamment de toute religion, surtout en Afrique noire. Elle reste avant tout coutume même si certains clichés veulent l’attribuer à l’islam qui l’a règlementé. La polygamie reste encore présente dans les mœurs Africaines et plus pratiquées dans les pays francophones en l’occurrence le Sénégal, le Mali, le Côte d’Ivoire, le Burkina, le Cameroun. Un amalgame est fait sur les causes de cette polygamie qui sont attribuées le plus souvent à la pauvreté mais il faut dire que les vrais motifs sont liés à la religion, la culture et à l’agriculture. L’islam autorisant d’épouser jusqu’à 4 femmes voudrait que celles-ci soient traitées de façon équitable sans distinction. Dans la tradition Africaine avoir plusieurs femmes et enfants sont signe de puissance et de considération car ceux-ci constituent une vraie main-d’œuvre pour cultiver et produire en quantité suffisante.

Cet amalgame entre polygamie et infidélité…

Mais dans cette Afrique partagé entre le modernisme et une tradition qui lui colle à la peau le choix lui reste encore difficile à faire. Un mode de société calqué sur l’occident ne facilite pas alors les choses, surtout que la plupart des pays ont adopté un code de la famille qui consacre la monogamie. Ainsi la polygamie est quasi généralisée dans les pays Africains en dépit des textes existants. On vit en plusieurs concubinages avec un mariage coutumier à la place du mariage civil pour éviter les frustrations. Et même quand il y a mariage on continue d’avoir “des bureaux“ dehors. Le phénomène des maîtresses est presque légitime dans les zones urbaines et dans les villages on se contente de la célébration du mariage coutumier. Rares sont les couples des villages qui vont à la mairie. Cette situation n’est pas sans préjudice à l’équilibre des familles qui connaissent de nombreuses difficultés surtout dans l’éducation des enfants nés des unions hybrides. Dans plusieurs cas ils rejoignent le foyer un peu plus tard quand ils ont l’âge d’aller à l’école créant par la même occasion des conflits de cohabitation et d’adaptation au nouveau cercle familial pour déboucher sur des querelles d’héritages à la disparition du père. Les mères génitrices restées dehors sont en perpétuelle lutte avec l’épouse reconnue à la maison.

On n’est jamais à l’abri des surprises d’enfants par accident que votre homme cache souvent en dehors du foyer conjugal“, nous dira dame Kouamé qui compte 15 ans de vie commune sans l’acte de mariage civil à la mairie. Par deux fois elle a été obligée de recevoir les enfants de son “mari“ qu’il a eu de relation extra conjugale.

Les cas sont légion et ici entre polygamie et infidélité on a tendance à faire un gros amalgame ce qui pousse la plupart dans l’erreur. Heureusement, les enfants conçus dans le mariage et ceux hors mariage bénéficient des mêmes droits si l’affiliation est légalement établie.

 

Fulbert Koffi
Abidjan/ODA

 


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