Pourquoi pas un livre mais des livres?

Pourquoi pas un livre mais des livres?

[dropcap font= »georgia »]L[/dropcap]orsqu’un enfant commence à s’intéresser aux baleines, aux lions, aux fourmis ou aux pirates, il aura tendance à vouloir, pendant un certain temps, qu’on lui lise ou qu’il lise les nombreux livres qui existent sur le sujet. En tant que parents, ça peut parfois même excéder car on peut considérer que c’est une forme d’obsession. Ce que l’enfant fait naturellement est de la spécialisation et très vite on entend les gens dire:  »Mais comment il sait tout ça sur les fourmilles? » 

Le savoir sur un sujet ne peut procéder exclusivement que de la télévision où de ce qu’en raconte un/une de ses petits copains. L’enfant est dans le juste car il sent instinctivement que pour maîtriser un sujet, il ne peut s’arrêter à un seul livre. Il aura peut-être une préférence pour l’un d’entre eux en particulier et il expliquera souvent son choix non pas seulement en disant je l’aime mais il convoquera les autres livres lu pour expliquer son choix. 

J’adore observer les enfants car en même temps que nous les éduquons, ils nous éduquent aussi. Pour ce cas particulier, ils nous poussent à comprendre que pour se construire un esprit critique, à savoir un esprit qui pense en prenant en compte la multitude d’objets qui nous environne, on ne peut se cantonner à une seule lecture, à un seul livre. Chaque ouvrage aborde un sujet particulier selon ses modalités propres. Un historien ne parlera pas de la même manière d’un évènement qu’un sociologue, qu’un journaliste où encore qu’un mathématicien; même deux sociologues qui traitent du même sujet, n’en parlerons pas de la même manière. 

Cependant, de lire toutes ces approches c’est ce qui enrichi notre compréhension du monde et nous permet aussi de rendre compte d’un phénomène de manière plus juste. Il est donc éminemment malheureux lorsque l’on oppose des livres car ce qu’il faudrait discuter ce sont les idées que ces livres mettent en avant. Peut-être qu’effectivement on trouvera des idées qui s’opposent et c’est salutaire car c’est ce qui nourrit le débat. 

L’approche partisane qui consiste à, non pas préférer une idée plutôt qu’une autre, mais un auteur plutôt qu’un autre sans une critique articulée, est tout simplement stérile, une simple querelle de clocher. Et je parle de ceci bien sûr pour ce qui est de notre Congo. On doit vouloir l’excellence pour ce pays et non des jugements à l’emporte-pièce. La rigueur et la constance dans la pensée c’est ce qui doit nous caractériser. 

Et j’ajouterai que pour comprendre ce qu’a été la Shoah, il faut lire les différents journaux d’époque, il faut lire les discours d’un Pétain comme ceux d’un De Gaulle, il faut lire  »Mein Kampf » de Hitler,  »Le journal de Hoess » directeur du camp de concentration de Auschwitz, comme il faut lire  »Si c’est un homme » de Primo Levi où encore  »Devant la douleur des autres » de Susan Sontag.

Ce n’est qu’à ce prix que l’on parle réellement et en profondeur d’un sujet, sinon on ne fait qu’émettre des opinions, ce qui est très bien mais qui peut à force ne rien changer à la situation.

Par BK Kumbi


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