Près de 30 000 Africaines décèdent chaque année des suites d’un avortement illégal

avortement

image d’illustration. @Archive. DR

Selon une recherche de l’institut américain Guttmacher parue dans le journal international d’obstétrique et de gynécologie BJOG du le 19 août, le nombre de femmes souffrant de complications dues à des avortements clandestins, pour l’année 2012, aurait atteint dans le monde les sept millions dont environ 4 millions d’Africaines.

Selon l’Union suisse pour décriminaliser l’avortement (USPDA) qui lutte pour le droit à une maternité librement choisie, le taux d’avortement moyen pour l’Afrique chez les femmes de 15-44 ans, est estimé à 29 pour 1 000, 22 pour 1 000 en Afrique du Nord, 39 pour 1 000 en Afrique de l’Est.

L’avortement n’est autorisé que dans trois pays africains : la Tunisie, le Cap-Vert et l’Afrique du Sud et Mozambique.

Au Burkina Faso l’avortement demeurant tabou est tout de même autorisé sous certaines conditions « en cas de viol, d’inceste, de malformation fœtale, ou si la femme est dans des conditions de santé qui ne lui permettent pas de mener à terme sa grossesse, mais cette législation est peu connue et la tendance reste à recourir à une procédure clandestine. ».

Les législations sont plus permissives au Bénin, au Cameroun, en Côte d’Ivoire, au Malawi ou encore Mali, si cela permet de sauver la vie de la femme.Ainsi, chaque année, 4 à 5 millions de femmes africaines avortent clandestinement, souvent dans des conditions sanitaires déplorables et dangereuses.

Le Comité des Nations unies s’était réuni à Paris, le 4 août 2015 pour aborder le sujet de l’avortement au Sénégal, qui est à la fois interdit par la loi et réprimé par les autorités religieuses (musulmanes comme catholiques), il avait appelé le pays « à réviser sa législation afin de dépénaliser l’avortement et de l’autoriser légalement en cas de danger pour la vie ou la santé de la femme enceinte, de viol, d’inceste ou de déficience fœtale grave. ». Au Sénégal l’avortement pratiqué illégalement cause, chaque année, 8 à 13% des décès maternels et constitue, avec l’infanticide, 38% des causes de détention des femmes au Sénégal, selon le rapport du Comité de lutte contre les violences faites aux femmes.

Les avortements clandestins sont réalisés hors du milieu médical, avec des méthodes moyenâgeuses : utilisation de produits chimiques ; percement de l’œuf par aiguilles ou objets contondants et perçants ; absorption de plantes ; prise de grosses quantités de médicaments (nivaquine, aspirine, antibiotiques, etc) ; coups dans le ventre, chutes et exercices physiques violents.

Ces méthodes à risques entraînent inévitablement des complications : avortements incomplets ; infections ; septicémie ; hémorragies utérines ; stérilité ultérieure ; déchirure des parois de l’utérus ; décès.

Selon l’OMS, sur 45 000 femmes qui décèdent, chaque année, des suites d’une IVG non médicalisée dans le monde, 30 000 sont africaines. En Ethiopie, par exemple l’avortement illégal est la première cause des hospitalisations chez les femmes et l’OMS estime que le 70 % des femmes hospitalisées pour cette raison décèdent.

En Afrique, moins de 25 % des femmes ont accès des contraceptifs.

Le Burkina Faso avait fait les premiers essais d’un nouveau mode de contraception, au mois de juillet 2014, il s’agissait d’un nouveau contraceptif se présentant en une dose injectable d’une durée de trois mois pour une somme de’1 dollar. Près de 6 000 femmes avaient participé à cette essaie. Et pour la plupart, c’était leur tout premier contraceptif. 250 000 doses étaient prévues l’année 2015 pour des essais en Ouganda, au Niger et au Sénégal. Ce mode de conception est idéal pour les pays les plus reculés puisqu’il ne nécessite pas une conservation au froid comme la plupart des médicaments.

NaÏma Ounane

© OEIL D’AFRIQUE

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Naïma OUNANE

Naïma OUNANE

Journaliste à Oeil d'Afrique.


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