Proche Orient : vers un conflit de haute intensité

Proche Orient : vers un conflit de haute intensité

Proche Orient : vers un conflit de haute intensitéLe problème n’est plus de savoir si l’État d’Israël prendra les devants comme il l’a fait à plusieurs reprises depuis sa création au lendemain de la deuxième guerre mondiale, mais plutôt de savoir quand et comment il s’y prendra. Toutes les conditions sont, en effet, réunies pour que les autorités de Tel Aviv, jugeant que la survie de leur nation est en jeu, lancent une ou plusieurs opérations préventives afin de désarmer leurs adversaires. Contre l’Iran certainement, mais aussi contre la Syrie dont la déstabilisation interne constitue désormais pour leur pays une véritable catastrophe, peut-être aussi contre l’Irak que l’anarchie guette de façon très évidente.

Toute la question, maintenant, est de savoir comment l’État hébreu passera de la guerre souterraine qu’il mène depuis des années pour désarmer ses adversaires à la guerre ouverte qui seule protégera durablement son peuple contre le périlmortel qui le guette. Par deux fois déjà dans le passé, il a choisi l’affrontement direct, gagnant sans coup férir des batailles que les observateurs les plus impartiaux jugeaient incertaines. Mais ce qui était possible il y a quelques décennies, c’est-à-dire la guerre éclair, ne l’est probablement plus aujourd’hui étant donné la nature des armes qui seraient brandies pour tenter de détruire l’État hébreu: armes nucléaires à coup sûr, mais également armes chimiques et bactériologiques dont on a vu la semaine dernière qu’elles sont bien présentes dans les arsenaux de plusieurs pays de la région.

Aussi faut-il s’attendre, dans cette région du monde, à un conflit de haute intensité dont les répercussions se feront sentir, par cercles concentriques, sur une grande partie de la planète : avec une première zone constituée par Israël, l’Iran, les pays du Golfe persique, la Syrie, l’Irak et le Liban; avec une deuxième zone couvrant l’Égypte, l’Arabie Saoudite, la Turquie, le Pakistan; avec une troisième zone s’étendant bien au-delà puisqu’elle engloberait les cinq puissances majeures que sont les États-Unis, la Russie, la Chine, l’Inde, l’Union européenne ; avec enfin une quatrième zone englobant l’Afrique dont les ressources énergétiques deviendront vitales si, comme il est probable, le détroit d’Ormuz, clé du Golfe persique, se trouve durablement fermé.

Rien de ce qui est écritici ne relève de la spéculation comme le prouve la partie de bras de fer stratégique qui se joue actuellement autour de la guerre civile en Syrie où l’on voit la Russie et la Chine bloquer systématiquement les initiatives occidentales afin d’empêcher la réédition de ce qui s’est passé il n’y a pas si longtemps en Libye et qui a été perçu, tant à Pékin qu’à Moscou, comme une tentative des États-Unis de maintenir leur emprise sur les institutions internationales. Israël étant soutenu sans réserve par la Maison Blanche, toute opération lancée contre l’Iran sera immédiatement considérée par les autres grandes puissances comme une atteinte à l’équilibre des forces au plan mondial. Et c’est pourquoi il leur sera impossible de rester à l’écart du conflit ouvert qui se dessine. Les dirigeants des pays concernés directement ou indirectement par ce conflitont-ils réellement conscience du
danger qu’ils font courir à l’ensemble de la planète ?

 
Jean-Paul Pigasse

 

 


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