RDC : Adam Chalwe: « Pas de dauphin à la majorité présidentielle »

Adam Chalwe, coordinateur de la Jeunesse de la majorité présidentielle

Adam Chalwe, coordinateur de la Jeunesse de la majorité présidentielle

Alors que le pays reste suspendu à la poursuite du dialogue de la Conférence nationale épiscopale du Congo (Cenco)  et des négociations permettant l’application du dit accord, la majorité présidentielle a lancé lundi 9 janvier sa centrale électorale. Une cellule technique crée pour permettre aux partis de cette plateforme à préparer les nombreuses échéances à venir.

Pourtant le Congo n’a pas connu les élections tant attendu en 2016. Le Président Joseph Kabila est toujours à la tête du pays bien que son dernier mandat constitutionnel a pris fin le 19 décembre 2016. Une situation qui ne semble pas posé de soucis aux partisans de Joseph Kabila puisque tout serait la faute de la baise du cours des matières premières, empêchant ainsi au gouvernement de financer des élections budgétisées à hauteur de 1,5 milliards de dollars américains.

Contacté par Œil d’Afrique, Adam Chalwe coordinateur de la Jeunesse de la majorité présidentielle donne la principale raison qui a conduit à la création de la centrale électorale. « la majorité  présidentielle a un seul but. Gagner les prochaines élections. Pour cela nous avons besoin de mettre en place des stratégies et préparer de notre projet de société et solliciter le souverain premier. »

Difficile de croire que la RDC connaîtra des élections libres et transparentes tant les obstacles sont nombreux. Avec un Président hors mandat, un Sénat hors mandat et dans quelques jours une Assemblée Nationale hors mandat, le Congo s’est engouffré dans une crise politique sans précèdent. L’accord du 18 octobre 2016 à la cité de l’OUA à Kinshasa suivi  de l’accord du 31 décembre 2016 n’ont toujours pas permis d’apaiser les tensions et rassurer la population sur l’avenir. Adam Chalwe semble confiant. « Pendant que d’autres se disputent pour des postes l’enrôlement continue dans le Kivu. Alors, ne soyez pas surpris de voir la CENI publier dans quelques mois le nouveau fichier électoral. Nous serons alors prêt avec un programme fait pour changer la vie des congolais.« 

Mais ce désir affirmé par ce jeune pouce de la politique congolaise de voir les élections et surtout la présidentielle avoir lieu cache difficilement ce qu’a révélé les discussions au centre interdiocésain comme le souligne le député national Francis Kalombo, membre du PPRD (Parti au pouvoir), exilé en France depuis deux ans. « le Rassemblement a réussi à mettre à la lumière ce que j’ai toujours dit c’est à dire la volonté de Joseph Kabila d’user de l’article 5 de la constitution pour organiser un référendum afin de modifier la constitution et obtenir la possibilité non pas de faire un troisième mandat mais un nouveau mandat. » dit Monsieur Kalombo.

Sans surprise Adam Chalwe réfute ces accusations et interroge: « A ce jour existe t-il une loi référendaire en cours d’élaboration ? Je peux vous répondre que non. Avons-nous les moyens financiers pour organiser une telle opération ? La réponse est encore non. » Le coordinateur de la Jeunesse de la Majorité présidentielle explique également que « nous venons de signer l’accord de la cenco. Le prochain chef du gouvernement sera issu des rangs du Rassemblement. Celui qui affecte les moyens à la CENI pour l’organisation des élections est le gouvernement. Comment allons-nous réussir ce tout de passe-passe alors que c’est l’opposition qui aura les manettes? »

Un dauphin pour Joseph Kabila?

« Le Président de la république ne sera pas candidat aux prochaines élections. » Cette phrase figure dans l’accord de la saint sylvestre . Elle a été obtenu par le Rassemblement qui a fini par avoir gain de cause Face aux représentants du Président Kabila. 

Une petite phrase mais qui a produit déjà son effet au sien de la plate forme présidentielle. Sans officialiser leurs intentions, les poids lourds de la majorité présidentielle se prépare à rendre publique leur désir caché. 

Cette tension nouvelle dans la famille politique de Joseph Kabila est dû à l’absence d’un dauphin désigné. « Cela serait un manque de respect pour la population. » Explique Adam Chalwe. « Joseph Kabila n’est pas dans cette logique. Nous refusons de parler en ce terme. Il n’y a pas de dauphin à la majorité présidentielle mais un candidat avec un programme. C’est totalement différent. » Affirmé Monsieur Chalwe.

Roger Musandji
Oeil d’Afrique

Roger Musandji

Roger Musandji

Fondateur de RM COMMUNICATION, société éditrice d'Oeil d'Afrique.


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