RDC : Bruno Tshibala seul au monde

Bruno Tshibala, nouveau Premier ministre de la RD Congo 09/02/2017. Ph. Radio Okapi/Kelly Nkute

Bruno Tshibala, nouveau Premier ministre de la RD Congo 09/02/2017. Ph. Radio Okapi/Kelly Nkute

Après la joie de la nomination au poste de Premier ministre, les félicitations tous azimuts, les coupes de champagne descendus dans un hôtel luxueux de Kinshasa, le nouveau chef du gouvernement congolais se retrouve seul face à la charge qui l’attend. Une situation à laquelle il n’a jamais été préparé.

On pourrait l’appeler le syndrome Jean-Marie Le Pen. En effet, au soir du premier tour de l’élection présidentielle de 2002, le Président du Front National avait réussi l’exploit de se hisser au second tour. Puis est venu le moment de vérité. Croyant la victoire possible, Le Pen prend peur. Il se demande: Avec qui vais-je diriger la France?

Tout comme le Front National, l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS) d’Etienne Tshisekedi n’a jamais pensé à la formation de cadres pouvant venir à la rescousse en cas d’accession au pouvoir. Bruno Tshibala qui a combattu au côté du Président de l’UDPS est bien seul dans son nouveau bureau face au poids des responsabilités.

Seul face aux nombreuses sollicitations, il fait avec ceux qui sont à ses côtés. Seul face aux exigences des uns et des autres pour intégrer le nouveau gouvernement, Tshibala constate sa faiblesse devant les jeux des appareils politique. 

Bruno Tshibala est un pur produit de l’UDPS, il a joué des alliances de circonstances qui ne le mettront jamais à l’abri. Son alliance avec Joseph Olenga Nkoy soutenue par Roger Lumbala (RCDN) et Freddy Kita (DC) interroge sur l’ADN qui a permis cette union. Ils sont rejoints par Raphael Katebe Katoto, grand frère de Moïse Katumbi, qui hier encore revendiquait le poste de Premier ministre. Seule l’alliance avec la Majorité Présidentielle (MP) devrait lui permettre de gouverner. Majoritaire au parlement la MP saura rappeler au nouveau Premier ministre son poids et si différends sa force de naissance pouvant aller jusqu’à la Motion de censure. 

L’opposition congolaise désireuse d’arriver au pouvoir à tout prix même s’il faut se passer d’une garde bien formée afin de réussir la gouvernance d’un pays comme la RD Congo va sans nul doute décevoir. Tout comme Samy Badibanga, Bruno Tshibala risque de passer à côté de l’histoire. 

L’histoire récente enseigne à suffisance les limites de cette stratégie. Laurent Désir Kabila et aujourd’hui Joseph Kabila ont permis avec l’aide de l’étranger de faire sortir la RDC de 32 ans de dictature. Pourtant le Président congolais n’a eu d’autres choix que de faire appel aux Mobutu Boys. 

Bruno Tshibala est seul parce que sans Joseph Kabila, il ne peut gouverner. Les ministères régaliens restent dans le giron du Président congolais. De même que la Banque Centrale lui échappe. Il est seul face à l’échec tant son gouvernement sera constitué de ministres non préparés à la gestion de la cité. Nombreux vont découvrir pour la première fois un conseil de ministre. Qui pour les guider dans la mise en place et La défense d’un projet de loi?

Roger Musandji Nzanza

Roger Musandji

Roger Musandji

Fondateur de RM COMMUNICATION, société éditrice d'Oeil d'Afrique.


Related Articles

Droit de réponse de l'UDPS suite à l'article de Colette Braeckman

Si à la publication de l’article de Colette Braeckman dont nous avions fait l’écho ici. Nous nous devions également de

RDC : Malu Malu, mort ou toujours vivant ?

La question vaut tout son pesant d’or au regard de la tournure que la nouvelle a pris. Nous sommes mercredi

RDC: après les massacres, Beni commence à se méfier des autorités

Les habitants de Beni, dans l’Est de la République démocratique du Congo, commencent à se défier des autorités locales après

Aucun commentaire

Espace commentaire
Aucun commentaire Soyez le premier à répondre à ce commentaire

Espace commentaire

Votre e-mail ne sera pas publié
Required fields are marked*