RDC: Charles Onana félicite les Congolais pour avoir refusé d’aller au suicide

Après trois jours d'affrontements, de violences et de pillages, provoqués par un projet de loi électorale contesté, la vie retrouvait un semblant de normalité jeudi 22 janvier dans la capitale de la RDC. CRÉDITS : AFP/PAPY MULONGO

Après trois jours d’affrontements, de violences et de pillages, provoqués par un projet de loi électorale contesté 22 janvier dans la capitale de la RDC. Images d’Archives. CRÉDITS : AFP/PAPY MULONGO

Un grand bravo au peuple congolais qui a été très vigilant et qui a refusé d’aller au suicide ou à l’abattoir le 19 décembre même si certains ont poussé des enfants dans les rues au point de déplorer des morts aujourd’hui.

Néanmoins, les planificateurs de cette sinistre date de carnage contre le peuple congolais ont lamentablement échoué. Ils savaient que la répression serait au rendez-vous mais eux sont restés chez eux, cachés, invisibles et sans courage ; envoyant les autres, en particulier les enfants, au feu. Revenons donc aux faits et aux questions essentielles.

Kabila n’est pas parti et le sang des Congolais coule à Kinshasa comme il coule depuis 1998 à l’Est et dans tout le pays. Que fait-on maintenant ? Va-t-on en appeler à la « communauté internationale », la même, qui ferme les yeux et encourage la tragédie dans ce pays ? Les opposants, qui étaient au dialogue, sont-ils toujours pour le dialogue ou vont-ils, eux-mêmes, descendre dans la rue et affronter la répression du régime à la place des enfants ?

Le régime, pour l’instant et comme toujours, montre les dents. Il n’a pas plus de solution pour le Congo en dehors de sa léthargie et de sa répression légendaires face à l’occupation et au pillage. Les cartes, du moins une partie, ont été abattues. La première est le retour d’Azarias Ruberwa du Rwanda comme ministre d’Etat au gouvernement légal, illégal, légitime ou illégitime. Chacun interprétera à sa façon. Combien d’anciens membres du RCD créé par le Rwanda sont dans ce gouvernement ? Chacun fera le décompte selon sa propre lecture et sa vision des choses.

Au fond, la date du 19 signifiait quoi précisément ? La fin constitutionnelle du mandat présidentiel ? Manifestement, celui qui a été placé à la tête du Congo en 2001 ne considère pas que son mandat est terminé. Il a formé un nouveau gouvernement dit « de large consensus » avec le même Premier ministre qu’avant la date du 19 décembre. Il y aurait donc continuité de l’Etat ou de la politique de ceux qui sont à la tête de l’Etat depuis 2001, 2006, 2011 ou 2016, selon l’ordre des arrivées ou des retours au gouvernement. Et tous les participants au « dialogue », qui ne juraient que par la date du 19 et qui semblaient satisfaits du « dialogue » dont ils ne connaissaient d’ailleurs ni les tenants ni les aboutissants ? Que vont-ils faire maintenant ? Repartir au « dialogue » avec un gouvernement des représentants du Rwanda et des « forces extérieures » à Kinshasa ou iront-ils directement à Kigali pour discuter avec leur chef : Paul Kagame ?

Ceux qui ont lancé, au sein du parlement européen, que « Kabila doit partir le 19 décembre » vont-ils engager une épreuve de force avec Joseph, Azarias, les ex-RCD, c’est-à-dire avec Kigali ou vont-ils collaborer comme ils l’ont toujours fait ?

Ceux qui voulaient se convaincre qu’ils ont affaire seulement à Joseph Kabila vont peut-être changer d’avis. Non ? Les enfants du Congo meurent, on fait des discussions bizantines, la colère et l’exaspération du peuple augmentent et la réalité ne change pas. Chacun se cache derrière son petit doigt, espérant avoir une place à la présidence, au gouvernement, au sénat, etc… ou pousse la jeunesse courageuse du Congo aux affrontements avec les forces répressives. Pour l’instant et depuis toujours, ce sont les jeunes congolais qui payent le prix fort de la résistance. Les autres parlent, négocient, renégocient et se casent ou se font acheter puis se taisent. Le peuple, lui, cherche des solutions qui ne viennent jamais. Et cela fait près de vingt ans que ça dure.

Au fait, Azarias Ruberwa est ministre de quoi exactement ? De la « reconstruction » ? C’est bien ça ? Autrement dit, c’est lui qui doit reconstruire ou découper le Congo ? Les uns et les autres n’en ont pas assez d’humilier la RDC, ce grand pays pour lequel Patrice Lumumba s’est sacrifié ? Il devient de plus en plus choquant de voir ce triste spectacle à Kinshasa alors que le Congo regorge de cerveaux, de gens de grandes valeurs, de gens courageux et talentueux dans tous les domaines. Il est temps qu’ils entrent dans l’arène pour rendre à ce beau pays son honneur et à ce grand peuple toute sa dignité. Le vrai combat du Congo doit commencer ou continuer et la généalogie de ce combat pour la liberté et la dignité existe. Il suffit de s’en inspirer. C’est pourquoi il faut récouter Patrice Lumumba, pour ceux qui se sont égarés, et passer les fêtes de fin d’année dans la réflexion. Aux vrais Congolais de jouer pour gagner!

Charles Onana


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