RD Congo: faute à la complaisance

Vue de la ville de Kinshasa. RD Congo

Vue de la ville de Kinshasa. RD Congo

Tout le monde sait que la classe politique congolaise n’est pas au niveau des enjeux nationaux et internationaux. Plus d’une décennie de troubles, de guerres et de violences contre les civils n’ont permis aux politiciens de conduire le pays vers une sortie de crise. Ils font des agresseurs, des alliés. Ils comptent sur le soutien des maîtres d’œuvre [USA, France, Belgique, Conseil de sécurité à l’ONU] pour remplir la mission première d’un État souverain – sécuriser les biens et les personnes. Alors que les rapports des Nations Unies parlent de six millions de morts dans ce pays. La classe dirigeante livre un combat indigne pour des postes, reléguant aux calendes grecques l’avenir de tout un peuple.

La classe Politique congolaise a échoué à l’examen de la démocratie dont l’un des exercices le plus symbolique est la sollicitation du suffrage populaire par une élection. 

Tout le monde sait qu’en RD Congo, il n’existe que cinq vrais partis politiques. L’UDPS d’Etienne Tshisekedi, le PPRD de Joseph Kabila, le PALU d’Antoine Gisenga, l’ UNC de Vital Kamerhe et le MLC de Jean-Pierre Bemba. Pourtant, on compte aujourd’hui plus de 700 partis. La création d’un Parti Politique reconnu par l’administration est quasiment aussi simple que créer une entreprise au guichet unique de l’ANAPI. Les partis politiques se multiplient à un rythme effréné. Des formations constituées uniquement de membres d’une même famille peuvent bloquer les travaux d’un dialogue national.  

Tout le monde sait que l’existence d’un parti politique au Congo émane de son leader. Autrement dit, la disparition de ce dernier conduit naturellement à la disparition du parti. Le Mouvement National Congolais n’a pas survécu à l’assassinat de Patrice Emery Lumumba. L’ABAKO de Joseph Kasa-Vubu a connu la même fin. Le Mouvement Populaire de la révolution [MPR] de Mobutu n’a pas résisté à l’arrivée du multipartisme et encore moins à la fuite du Maréchal au Maroc.  

De même qu’il y a d’autres partis qui sont en voie de disparition. La mort d’Etienne Tshisekedi a déjà commencé à produire son effet. Combien de temps l’UDPS pourra encore tenir? L’avenir du Mouvement de la libération du Congo [MLC] dépend de celui de son chef, Jean-Pierre Bemba. Tout comme son leader, le MLC est en stand-by. Les conclusions du procès de Jean-Pierre Bemba à la Cour Pénale Internationale détermineront l’existence ou non de ce parti. 

Tout le monde sait qu’il sera impossible d’organiser des élections libres et transparentes avant décembre 2017, pourtant, on s’accroche à un accord qui exige l’impossible. Le gouvernement nommé accepte une mission irréalisable. L’essentiel est d’être appelé « Excellence Monsieur le Ministre » et pourquoi pas au détour d’un appel d’offres s’en mettre plein les poches. Trois mois après la signature de l’accord du 31 décembre dernier rien ne garanti à la tenue de ces élections. Et l’enrôlement de la population par la Commission Electorale Nationale Indépendante n’est que de la poudre aux yeux. 

Tout le monde sait que les lois au Congo sont bafouées. Le cas du non respect de l’unicité de la nationalité en est l’exemple. En effet, tout le monde sait que plus de la moitié des parlementaires congolais sont des binationaux (Français, Belges, Américains, Canadiens…). Les champions de l’équipe nationale de football partagent sur les réseaux sociaux des photos exhibant avec fierté leurs passeports européens. De même que ceux qui ont acquis une nouvelle nationalité peuvent moyennant quelques billets de banque se payer un passeport congolais. 

Tout le monde sait que les diplômes congolais sont achetables comme n’importe quel bien. Le niveau des études correspond également à votre puissance financière. Les scandales concernant les faux diplômes sont légions au Congo. Tout le monde le sait. C’est une secret de polichinelle.  

Tout le monde sait que les Congolais ont une méconnaissance de leur histoire. Les historiens n’ont toujours pas fait le travail nécessaire afin de permettre aux générations futures d’avancer avec la connaissance de ce que c’est qu’être Congolais. Définir le Congolais ne devrait pas se limiter à citer Kimpa Vita, Simon Kimbangu ou Patrice Lumumba. 

Tout le monde sait que « chance eloko pamba » est une réalité au Congo. Ceci s’applique à tous les niveaux de la société, il suffit de….pour devenir « excellence », à se demander si c’est encore nécessaire de suivre un cursus scolaire, le paradoxe congolais est que ceux qui n’ont pas acquis les rudiments de commandement, commandent ceux qui l’ont appris, au Pprd lors de leur réunion, une phrase revient quand les camarades se saluent : « on ne sait jamais » cela veut dire que celui à qui tu sers la main peut du jour au lendemain devenir ministre, adg, officier supérieur sans avoir suivi le parcours, CHANCE ELOKO PAMBA.

Il est temps que le Congo à l’instar d’autres pays Africains aille vers l’élitisme. Toute autre voie serait suicidaire pour ce pays.

Roger Musandji Nzanza
© Oeil d’Afrique

Roger Musandji

Roger Musandji

Fondateur de RM COMMUNICATION, société éditrice d'Oeil d'Afrique.


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