RDC – Gaspard-Hubert Lonsi Koko : « Une transition sur fond d’impartialité »

RDC Dialogue Gaspard-Hubert Lonsi Koko. Capture d’écran Youtube. ABACO

Gaspard-Hubert Lonsi Koko. Capture d’écran Youtube.

A l’occasion de la journée du 4 octobre, date historique dont les effets ont débouché à l’indépendance de la République Démocratique du Congo, Gaspard-Hubert Lonsi Koko donne le point de vue de l’Alliance de Base pour l’Action Commune (ABACO) sur l’accord de la CENCO

Œil d’Afrique : Que pensez-vous des propositions écrites que vont déposer en principe aujourd’hui les membres du Conseil national de suivi de l’accord et du processus électoral (CNSAP), à la demande des évêques, sur les modalités de désignation du Premier ministre ?

Gaspard-Hubert Lonsi Koko : En cette date historique pour l’ABACO et la nation congolaise, je pense avant tout à une seconde libération de nos populations et à la vraie souveraineté de notre pays. Je rappelle que l’ABACO, qui est le parti de l’indépendance, a pris part à tous les événements sur la paix en RD Congo. De ce fait, notre parti ne peut que se satisfaire de toute résolution favorable à la pacification et de la cohésion nationale. Malheureusement, plusieurs questions restent en suspens notamment sur la taille du gouvernement, la composition du CNSAP, ainsi que sur le partage des rôles pendant la transition jusqu’à l’élection du successeur du président de la République en fin de mandat. Pour que l’accord soit largement inclusif, tout le microcosme politique congolais et d’autres forces vives doivent être pris en compte.

Œil d’Afrique : Le Secrétaire général de la Majorité présidentielle et président de l’Assemblée nationale, Aubin Minaku, a souhaité que le rapport des évêques soit présenté au président de la République qui doit confirmer de nouveau dans son pouvoir discrétionnaire le mandat des évêques et préciser pour la suite cet accord. Quel est votre avis ? 

Gaspard-Hubert Lonsi Koko : Dès lors que le mandat du président de la République a expiré depuis le 19 décembre 2016 à minuit, le compromis politique en période de transition doit concerner toutes les parties. On ne peut pas prétendre rester au-dessus de la mêlée alors que l’on est l’auteur des problèmes que connaît le pays et des drames que vivent les populations congolaises. La Constitution et les institutions étatiques auraient dû être respectées par celui qui était censé en être le garant.

Œil d’Afrique : Alors, qu’est-ce qui pose réellement problème pour que l’accord initié par la CENCO soit enfin signé et appliqué ? 

Gaspard-Hubert Lonsi Koko : L’ABACO fait partie intégrante du Front pour le respect de la Constitution, lequel n’a pas signé l’accord de la CENCO. On n’achète pas le gibier dans le sac, dit un proverbe bantou. Tant que cet accord donnerait l’impression d’un arrangement en amont entre la majorité présidentielle et la rassemblement, le peuple congolais serait en droit se méfier d’un nouvel attelage en vue du partage du pouvoir.

Œil d’Afrique : Pourquoi parlez-vous de partage de pouvoir et non de transition politique ?

Gaspard-Hubert Lonsi Koko : Les concessions faites par la majorité présidentielle et le rassemblement ne concernent que, comme par hasard, les dispositifs constitutionnels verrouillés. Une vraie transition ne doit permettre à aucune structure d’être à la fois juge et partie. Le rassemblement devrait-il avoir la Primature et la direction du CNSAP en contrepartie de la prolongation du mandat du président sortant ? Un tel cumul ne pourrait qu’être source d’impartialité dans le processus devant conduire à des élections crédibles et transparentes. L’ABACO ne saurait cautionner une pareille incohérence.

Propos recueillis par Roger Musandji

Roger Musandji

Roger Musandji

Fondateur de RM COMMUNICATION, société éditrice d'Oeil d'Afrique.


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