RDC: hémorragie d’exclusion dans les partis politique

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De droite à gauche: Bruno Tshibala, Joseph Olenga Nkoy, Valentin Mubake, Freddy Kita, Lissanga Bonganga. Montage Oeil d’Afrique

Article modifié le 17/04/2017 à 11h03

Tout comme le nombre de Parti politique en perpétuelle augmentation, le nombre de membres suspendus ou exclus connaît une accélération peu ordinaire. Les partis d’opposition en RD Congo s’illustrent par une cascade d’exclusions de membres pas toujours respectueux de la ligne officielle.

Les résultats de l’élection législative qui ont eu lieu en novembre 2011 vont amorcer une série de ce que l’on qualifie de autoexclusion. Candidat malheureux à l’élection présidentielle, Etienne Tshisekedi se dit floué par un scrutin qui a manqué de transparence. Couplée avec la Présidentielle, la législative nationale se voit également dénoncée. Les candidats « élus » sous la bannière de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS) d’Etienne Tshisekedi sont invités à ne pas reconnaître ces résultats et de ne pas siéger au parlement.

La bande à Samy Badibanga

Difficile décision pour ces candidats qui ont pour la majorité d’entre eux souscrits à des crédits pour financer la campagne. Élus sans nul doute parce qu’ils étaient des représentants de l’UDPS, ils sont pris au piège de l’appareil politique. Alors qu’il est encore conseiller spécial d’Etienne Tshisekedi, Samy Badibanga et une vingtaine d’élus constituent un groupe parlementaire et siègent contre l’avis du Président de l’UDPS. L’autoexclusion est constatée.

L’hémorragie 

Il a fallu attendre l’union des partis politiques de l’opposition congolais pour assister au désastre. À l’île de Gorée au Sénégal, le Front Citoyen voit le jour. Un regroupement de toutes les forces luttant contre le pouvoir de Joseph Kabila. L’UDPS, l’UNC, l’ECIDE, le G7 et plusieurs mouvements citoyens sont de la partie. 

Ce mariage d’intérêt ne va pas résister à l’appel d’un gouvernement d’union nationale. En effet, le dialogue à la Cité de l’Union Africaine avec L’ancien Premier ministre du Togo, Edem Kodjo va porter la première estocade. Une des personnes qui va représenter aux yeux d’une frange de la population le visage de la division et de la trahison est le Président de l’UNC Vital Kamerhe. Il s’auto-exclut avec tous ses compagnons dont Samy Badibanga qui finit par être nommé Premier ministre.

La mort de Etienne Tshisekedi accentue la crise interne au sein du Rassemblement. Le leader incontesté disparu, le balle des chauves peut commencer. 

Olenga Nkoy et Bruno Tshibala rejoints par Roger Lumbala contestent la succession du Président de l’UDPS. Il est question de revoir les nominations de Felix Tshisekedi et Pierre Lumbi respectivement à la tête du Rassemblement et du Conseil des suivis de l’Accord (du 31 décembre). Un second Rassemblement est créé avec comme Président Olenga Nkoy. Bruno Tshibala prend pour sa part le conseil de suivi. Un comportement insubordination qui fait constater à Felix Tshisekedi, l’autoexclusion du Rassemblement par les concernés. De même qu’à l’UDPS, le secrétaire général Jean-Marc Kabund informe l’opinion de l’exclusion de Bruno Tshibala encore secrétaire général adjoint du mouvement.

Valentin Mubake et Lisanga Bonganga finissent également par intégrés pour des faits quasi identiques, la liste de ces hauts cadres qui s’auto-exclut de leur parti politique.

L’absence d’un leader a fini par révéler les failles d’un regroupement de personnes dont les intérêts profonds semblent être aux antipodes de ceux dont ils prétendent se battre. Alors que le peuple en question réclame la consolidation de la démocratie, ces partis font preuve d’absence totale de liberté d’opinion. Ceux qui s’opposent à la ligne officielle sont débarqués, la procédure menant à l’exclusion n’est pas respectée et l’ultime décision est prise loin du conseil de discipline. Une situation qui tranche avec le discours servit à longueur de journée.

Les politiciens congolais aiment dire qu’il faut s’inspirer de ce qui se fait en Occident. La France qui sert d’exemple à plusieurs d’entre eux s’emploie à montrer une diversité dans le débat politique. 11 candidats pour l’élection présidentielle dont trois candidats(Melenchon, Hamon, Macron) viennent du parti Socialiste. Au sein des partis on observe également l’existence de plusieurs courants. Chez Les Républicains, il y a les Sarkozystes, les Fillionistes, le courant Le Maire… Toutes ces personnes peuvent prendre position hors de la ligne officielle de leur famille politique sans risquer l’exclusion. L’opposition congolaise devrait se souvenir de cette phrase: Il y a politique là où il y a conflit assumé et appelé à être géré.

Roger Musandji Nzanza

Roger Musandji

Roger Musandji

Fondateur de RM COMMUNICATION, société éditrice d'Oeil d'Afrique.


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