RDC : Intervention à Kinshasa contre le chef d’une secte séparatiste

Muanda Nsemi

Muanda Nsemi lors de la célébration d’une messe (BDMCANADA, juillet 2016, capture d’écran). © youtube.com

Une opération d’envergure des forces de l’ordre était en cours mardi matin à Kinshasa contre une secte politico-religieuse à l’origine de troubles meurtriers dans l’ouest de la République démocratique du Congo, selon la police et des témoins.

Selon un journaliste de l’AFP, plusieurs dizaines de policiers antiémeutes armés de kalachnikov ont donné l’assaut lundi soir dans le centre de la capitale contre une résidence soupçonnée d’abriter des hommes de ce groupe sécessionniste, Bundu Dia Kongo (BDK).

Dans la soirée, des tirs d’armes automatique ont été entendus dans un autre quartier et, mardi matin, des tirs nourris ont retenti autour de la résidence de Ne Muanda Nsemi, le gourou de la secte, dont les abords avaient été bouclés, selon des riverains.

Joint mardi vers 08H30 (07H30 GMT), le porte-parole de la police congolaise, le colonel Pierre Rombaut Mwanamputu, a confirmé à l’AFP qu’une opération de police était en cours contre BDK.

Ne Muanda Nsemi « est une personne qui doit être arrêtée », a ajouté l’officier, indiquant, sans plus de détail, que la police avait déjà procédé à « des arrestations » dans le cadre de son coup de filet.

Député national, Ne Muanda Nsemi se cacherait aujourd’hui au Kongo-Central, sa province d’origine, dans l’ouest de la RDC.

Dans des vidéos publiées récemment sur internet, il a appelé à l’insurrection contre le pouvoir du président Joseph Kabila, dont il conteste ouvertement la nationalité congolaise sur la foi d’une vieille rumeur selon laquelle le fils de Laurent-Désiré Kabila, tombeur du dictateur Mobutu en 1997, serait « Rwandais ».

« Dans deux semaines, je vais frapper », menace-t-il dans le dernier de ces messages filmés, alors que ses adeptes ont été à l’origine de plusieurs attaques meurtrières depuis janvier au Kongo-central.

Bundu Dia Kongo (« Royaume du Congo » en kikongo) prône la restauration du royaume Kongo, qui a connu son apogée au XVIe siècle et dont l’autorité s’étendait sur l’actuel Kongo-central et des territoires aujourd’hui en Angola, au Congo-Brazzaville et au Gabon.

En 2008, la secte avait été réprimée au cours d’une violente opération militaire après avoir mené une série d’attaques armées contre des agents de l’État et appelé la population locale à chasser de la province les « non-originaires ».

Jamais arrêté, Ne Muanda Nsemi a amorcé un rapprochement avec M. Kabila à partir de la fin 2015. Il a fait brutalement volte-face dans un climat de tensions politiques liées au maintien au pouvoir du chef de l’État au-delà du terme de son mandat, échu depuis le 20 décembre.

AFP

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