RDC: Joseph Kabila est-il victime d’une campagne de diabolisation?

Joseph Kabila Kabange

Le président Joseph Kabila Kabange de la République démocratique du Congo, lors d’une rencontre avec le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier (non visible), à Kinshasa, 19 Février 2015. epa / MICHAEL KAPPELER

C’est le dernier round qui se joue actuellement en République Démocratique du Congo. Un combat qui oppose un homme, Joseph Kabila et ces anciens parrains de la communauté internationale.

Après les sanctions ciblées des hautes autorités congolaises par l’Union Européenne et les USA, la sortie médiatique de la juge Chantal Ramazsani Wazuri sur TV5 Monde tout laisse à croire que ce round sera difficile pour le président congolais.

Après 16 années à la tête du Congo, Joseph Kabila n’est plus qu’à quelques heures de la fin de son deuxième et dernier mandat constitutionnel. Mais, l’homme fort de Kinshasa, responsable du bon fonctionnement des institutions de son pays, n’a pas prévu d’aider la CENI à organiser les élections afin de permettre à son pays de connaître une transition politique. Son camps invoque un déficit de budget pour organiser une élection qui coûterait un peu plus d’un millards de dollars.

La communauté internationale avec à sa tête les USA et la Grande Bretagne (la France et la Belgique sont également de la partie) souhaite voir partir du pouvoir Joseph Kabila. En effet, le président congolais n’aurait plus grâce à ses yeux. Les nombreux experts sur la question congolaise et surtout ceux du département d’Etat américain ont déjà activé les opérations permettant le départ de Kabila fils.

Tout en lui donnant la possibilité de sortir par la grande porte et installer définitivement son image de démocrate, la communauté internationale continue sa campagne de diabolisation. La juge Chantal Ramazsani Wazuri devenue célèbre depuis son fameux « NON » aux dirigeants congolais qui la sommaient de condamner l’ex-gouverneur du Katanga, Moise Katumbi alors que le dossier ne contenait pas assez d’éléments à charges pour envoyer le président du TP Mazembe en prison, pour trois ans, est également mise à contribution.

En exile en France, madame Ramazsani a été présentée aux téléspectateurs comme celle qui avait dénoncé l’impartialité d’un « procès politique« . Pour la juge, le pouvoir de Kinshasa avait un seul but et pour cela peut importe la manière. Envoyer le désormais opposant, Moïse Katumbi en prison.

Les faucons de la Kabili sont jour après jour frappés de sanctions. Généraux de l’armée, de la police, ministres, conseillers du chef de l’Etat, ils assistent sans défenses au blocage de leurs comptes bancaires, interdiction d’entrer dans les espaces européens et américains.

La d ernière révélation en date vient l’agence Bloomberg, spécialisée dans les questions économiques. Après avoir consulté des dizaines d’interviews et des milliers de documents administratifs, l’agence certifie que le président Joseph Kabila et sa famille ont constitué un gigantesque «réseau d’entreprises qui s’étend dans tous les secteurs de l’économie congolaise et qui a rapporté des centaines de millions de dollars à leur famille».

Bloomberg affirme également que Joseph Kabila, sa femme, ses deux enfants et huit de ses frères et sœurs contrôleraient ainsi plus de 120 permis d’extraction d’or, de diamants, de cuivre ou de cobalt en République démocratique du Congo. Les enquêteurs citent en exemple deux entreprises familiales qui à elles seules possèdent les permis d’exploiter du diamant sur plus de 700 km en RDC, le long de la frontière avec l’Angola.

Une campagne médiatique bien menée et qui fait mal là où il faut. L’histoire nous enseigne que rien ne vaut une dénonciation par le vol des deniers publics pour diaboliser un dirigeant au près de sa population généralement délaisser dans la misère sociale. Les cas, de Saddam Hussein, Mouammar Kadhafi, Mobutu…ont fait école.

Joseph Kabila réussira t-il à surmonter cette épreuve? Reclus à Kingakati, dans sa ferme le président congolais s’est depuis longtemps coupé de son peuple. Ce peuple qui aurait pu être un soutien de poids pour lui permettre de résister à l’ingérence occidentale dénoncé par son ministre de la communication, Lambert Mende.  L’avenir nous le dira.

Roger Musandji
© OEIL D’AFRIQUE

Roger Musandji

Roger Musandji

Fondateur de RM COMMUNICATION, société éditrice d'Oeil d'Afrique.


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