RDC: les deux scénarios qui se profilent à l’approche du 19 décembre

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Joseph Kabila, Vital Kamerhe, Moïse Katumbi et Étienne Tshisekedi|©DR

Le congolais, géopoliticien, Patrick Mbeko présente les deux scénarios possibles pour les conclusions du dialogue national inclusif sous l’égide de la CENCO, entre la majorité présidentielle et l’opposition dont le Rassemblement dirigé par Etienne Tshisekedi.

Premier scénario : les parties arrivent à une entente et mettent en place un gouvernement d’union nationale dans lequel le Rassemblement va occuper des postes clés.

Deuxième scénario : la stratégie du Talk and fight. C’est-à-dire qu’on négocie sans vouloir arriver à un compromis. Il s’agit de poser des conditions que l’autre camp ne va pas accepter. L’objectif est bien entendu de provoquer la bagarre. Et au moment de l’affrontement, le pouvoir tentera alors de s’imposer par la force des armes, et le Rassemblement va demander à la population de descendre dans la rue pour protester contre le maintien de Joseph Kabila à la tête du pays.

Les mouvements des jeunes comme Filimbi, Lucha et les autres, soutenus par qui vous savez, seront également de la partie. Une fois la rue en ébullition, les États-Unis, les véritables patrons du Rassemblement et de certains leaders de ces mouvements des jeunes, entreront en scène en activant leurs « cellules dormantes » au sein de l’armée et des services de renseignements. Ce sont donc ces cellules qui vont tenter d’orchestrer un putsch, en donnant à la population congolaise l’illusion d’avoir renversé le tyran de Kingakati.

C’est en tout cas le scénario qui a été appliqué en Tunisie et en Égypte, où l’armée, sur demande du Pentagone, renversa les deux dirigeants, en donnant aux populations qui manifestaient l’impression d’avoir écrit une nouvelle page d’histoire. « Le processus comportait quatre étapes », m’expliquera alors le diplomate et grand intellectuel tunisien Mezri Haddad : « La première phase, c’est la mobilisation sur la Toile. Les cyber-activistes ont entraîné avec eux une multitude de personnes manipulées, qui ont suivi sans savoir ni connaître les enjeux. Dans la seconde phase, on est passé du virtuel au réel, c’est-à-dire les jeunes sont sortis dans la rue et ont commencé à manifester. Dans la troisième phase, les manifestations ont viré à la casse : des éléments islamistes sont entrés en ligne de compte et ont attaqué les postes de police et saccagé des administrations, des écoles, des hôpitaux et tout le reste. Et la dernière étape, la phase décisive, a consisté à provoquer une défaillance au niveau de l’armée qui n’était plus souveraine ; elle était aux ordres d’autres États et s’est ralliée au peuple selon la légende. Bref, ils ont trouvé de bons agents au sein de notre armée pour finir le travail. Pareil en Égypte aussi… » (témoignage qu’on peut trouver dans l’ouvrage OBJECTIF KADHAFI).

Patrick Mbeko

Patrick Mbeko

Patrick Mbeko

L'analyste des questions géopolitiques.


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