RDC : pourquoi cet attrait pour la rébellion ?

RDC : pourquoi cet attrait pour la rébellion ?
RDC attrait à la rébellion

Soldats des Forces populaires congolaises (FPC)
© Photo : Anneke Verbraeken

Un nombre croissant de soldats originaires du Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo, désertent actuellement l’armée pour entrer dans les rangs des rebelles. Ces derniers jours, pas moins de 250 soldats des FARDC, l’armée régulière congolaise, se sont joints à eux et on pense que leur nombre va continuer d’augmenter. Notre correspondante sur place s’est rendue au repaire d’un groupe rebelle important.

Il nous aura fallu huit heures pour atteindre le camp rebelle, après avoir emprunté des routes cahoteuses qui n’ont pas été entretenues depuis l’indépendance de la RDC – il y aura 52 ans samedi prochain. Pour y arriver, il faut traverser le parc national de Virunga, une réserve peuplée de lions, d’antilopes et d’éléphants.
Les Forces populaires congolaises (FPC) comptent actuellement treize groupes armés. Et ce, grâce au charisme du chef rebelle Kakuli Lafontaine, connu également sous le nom de Mai Mai Lafontaine, et à son travail organisationnel.

« Nous appelons la communauté internationale à cesser d’appuyer Kabila et à s’adresser à nous, dit Lafontaine. Parce que nous sommes crédibles et le gouvernement ne l’est pas. La communauté internationale doit arrêter de soutenir le mal dans notre pays. »

Les soldats rebelles se sont unis pour des raisons idéologiques. Ils veulent la chute de Kabila Et ils affirment vouloir la paix au Kivu.

Routes cahoteuses
Les rebelles que nous rencontrons dans leur repaire – environ une soixantaine de soldats et six officiers des FPC – ne portent pas tous des uniformes. Trois sur dix sont habillés en civil – des guenilles, mais chaudes. Il fait froid sur les collines du territoire de Lubero, situé à environ 300 kilomètres au nord de Goma.

Il n’a pas été facile de se rendre à leur repairee. En plus des défis géographiques, nous avons rencontré des postes militaires dans les zones contrôlées par l’armée régulière. Les soldats congolais sont mal organisés, mal entraînés, mal nourris, mal logés et mal payés. Ils volent la population et les autos qu’ils croisent sur leur chemin, même si nous-mêmes nous réussissons à continuer après leur avoir donné vingt paquets de cigarettes, deux ananas, un kilo de tomates et trois choux-fleurs.

« Nous sommes populaires »
Lafontaine est à la tête des Forces populaires congolaises (FPC), la branche armée de l’Union des Patriotes congolais pour la paix (UPCP). Il nie coopérer avec le M23 – regroupant plusieurs centaines de soldats soutenant Bosco Ntaganda – ou recevoir de l’aide du Rwanda.

RDC attrait à la rébellion

Soldats des Forces populaires congolaises (FPC)
© Photo : Anneke Verbraeken

« C’est le gouvernement qui est soutenu par le Rwanda. Les armes viennent de Kabila même », poursuit Lafontaine avec un sourire.

Selon lui, le « président Kabila doit partir, parce qu’il manque de leadership et qu’il n’a aucune pensée pour son peuple. Nous lui avons lancé un ultimatum, parce qu’il ne dirige pas ce pays comme il devrait le faire. C’est pour cette raison que nous avons dit qu’’il devait partir. »

Juste derrière lui se trouve son commandant en second, le colonel Albert Kahasha. En janvier dernier, le colonel a déserté l’armée, emportant avec lui une quantité impressionnante de matériel de guerre, de camions et de soldats. Parfois de plein gré, mais plus souvent aussi sous la contrainte les villageois donnent de la nourriture aux FPC.

« Nous sommes populaires, dit Kahasha. Nous sommes mieux nourris que l’armée congolaise. Nous sommes tous prêts à mourir pour cette cause. »

Il refuse de dévoiler le nombre d’hommes qui se battent pour les FPC, se bornant à dire qu’ »il s’agit d’une information stratégique. »

Feu ou cessez-le-feu ?
Sur la route du retour, nous apprenons que des soldats angolais ont été signalés dans la région. Si l’Angola décide de s’en mêler et qu’il est soutenu par la Communauté de développement des Etats d’Afrique australe (SADEC), l’est de la RDC pourrait connaître une fois de plus connaître une guerre de grande envergure.

Le Rwanda ne permettra jamais à l’Angola de se battre aux côtés de l’armée congolaise. Reste à savoir si le Rwanda obtiendra le soutien d’autres pays africains, de l’Ouganda par exemple. Ces dernières années, Paul Kagamé s’est isolé et il ne lui reste plus beaucoup d’amis.

En attendant, les soldats et les civils craignent le jour de l’’anniversaire de l’indépendance. Les familles aisées quittent déjà Goma. L’enfer va-t-il se déchaîner le 30 juin prochain ? Ou y aura-t-il un cessez-le-feu ?

Source: Rnw

Bona

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