RDC:Résultats de l’élection présidentielle non crédibles: pourquoi ?

RDC:Résultats de l’élection présidentielle non crédibles: pourquoi ?

Voici pourquoi les chiffres officiels “ne sont pas crédibles”

Les résultats publiés par la Ceni(Commission électorale congolaise) ne sont pas crédibles à la lumière des nombreuses irrégularités et fraudes constatées« , assène le rapport de la Mission d’observation électorale au Congo de l’Union européenne, dont la publication a été annoncée jeudi soir à Kinshasa.

 

Ngoy Mulunda président de la CENI

La Mission regrette que « le cadre juridique électoral n’ait pas été respecté dans son entièreté »,dont les délais légaux pour publier les listes d’électeurs et leur affichage par bureau de vote, l’interdiction de propagande sur les édifices publics, la participation des fonctionnaires à la campagne et l’utilisation des ressources de l’Etat pour la campagne. La Mission « souligne que ni la Ceni, ni le parquet, n’ont diligenté des actions pour empêcher ces violations de la loi », bien que le dernier point cité soit puni de radiation de la candidature du responsable (art. 36).

La Mission indique encore que les scrutins, fixés au 28 et 29 novembre, se sont poursuivis en certains endroits « jusqu’au 5 décembre« . Que « 3,2 millions d’électeurs » ont voté sans être inscrits à un bureau de vote, soit 17% des votants, ce qui a « ouvert une brèche dans les garde-fous essentiels à l’intégrité des scrutins ».

Si l’on a présenté la désunion de l’opposition comme une explication de l’échec officiel de Tshisekedi, « force est de constater que l’addition des scores attribués par la Ceni aux trois principaux candidats de l’opposition (32,3%+7,7%+4,9%, soit 44,9%) ne permet pas de tirer une telle conclusion ».

Le rapport, précis et mesuré, fournit une analyse plus détaillée des résultats des deux provinces où le président Kabila emporte ses scores les plus élevés, le Katanga – où naquit son père – et le Bandundu – d’où sont originaires ses Premiers ministres. Il note que les scores les plus élevés sont obtenus au Katanga (où le taux de participation officiel est de 10% au-dessus de la moyenne nationale), non « dans les grandes cités minières du Sud (…) où la campagne avait été animée » mais« dans les territoires reculés du Nord », parfois « déjà pointés du doigt par l’opposition politique pour leur taux d’enrôlement(enregistrement) exceptionnel ». Et de souligner que les résultats de 127 bureaux de vote de Lubumbashi notés par les observateurs « donnaient 52% des voix à Joseph Kabila et 43,5% à Etienne Tshisekedi et ne correspondaient pas à ceux publiés par la Ceni » (27,42% pour l’opposant à Lubumbashi).

Au Bandundu, la Mission s’étonne que M. Kabila récolte officiellement 73,40% des voix, contre 39,45% en 2006, alors même que nombre de candidats députés ont évité de faire campagne sous la bannière du parti présidentiel en raison du mécontentement des électeurs. Et de noter que les scores les plus élevés sont obtenus dans les zones de la province où le parti du Premier ministre sortant, le Palu, « contrôle totalement l’administration territoriale » ;« certains de ces territoires avaient eux aussi enregistré une progression exceptionnelle et contestée du nombre des enrôlés par rapport à 2006 ». « En 2011, Joseph Kabila est donc parvenu à augmenter son avance de plus de 1,6 million de voix dans deux provinces où le nombre de suffrages exprimés n’a, lui, progressé que d’un million, ce qui signifie que le million de nouveaux électeurs se sont tous prononcés en sa faveur et qu’en plus 600 000 (…) qui avaient choisi l’opposition en 2006 ont, cette fois, fait un choix inverse. » Enfin, la Mission constate « des incohérences entre les résultats des deux scutins qui autorisent à s’interroger sur l’intégrité de la compilation » : le Bandundu aurait ainsi voté à 73% pour Joseph Kabila à la présidentielle, alors que le Palu est sanctionné à la législative, passant de 25 à 11 sièges.

Si la Ceni « n’a pas réagi » aux requêtes de l’opposition dénonçant des pratiques illégales, la Cour suprême de Justice « s’est comportée comme une simple caisse de résonnance de la Ceni ».

Bien qu’elle ait fait croire le contraire, celle-ci n’a « jamais » permis un audit du fichier électoral contesté. Dans ce dernier, les données de« plusieurs centaines de milliers d’électeurs » ont été perdues.

Lors de la compilation des bulletins, l’affichage obligatoire des résultats sur les bureaux de vote « n’a pas été réalisé pour le quart des bureaux suivis » et dans« 43% » d’entre eux, « la copie des résultats n’a pas été remise aux témoins » des candidats. « Grave entorse », le « bureau de la Ceni à demandé à plusieurs » bureaux centralisant les résultats « de ne pas afficher immédiatement les résultats pour examen public, mais de les envoyer avant au siège central, en vue d’un « contrôle de cohérence ». Le rapport inclut les experts électoraux de la Monusco (Mission de l’Onu au Congo) détachés auprès de la Ceni dans l’« atteinte à la transparence de l’administration électorale ».

 

Source : La libre



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