Sénégal: la mangue à l’assaut des marchés de l’Occident, malgré des contraintes

Sénégal: la mangue à l’assaut des marchés de l’Occident, malgré des contraintes
Image d'archives |Sénégal: la mangue à l’assaut des marchés de l’Occident, malgré des contraintes|DR

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Au Sénégal, sur une production de mangues estimée à 150 mille tonnes, 11.115 tonnes ont été exportées en 2013 et 15 570 tonnes en 2014. Grâce à cette performance, les pouvoirs publics comptent, à l’horizon 2017, que ce produit horticole soit plus compétitif dans les marchés américains et européens, malgré les difficultés auxquelles restent confrontés les exploitants du secteur.

L’Etat du Sénégal entend booster les exportations de la mangue  à l’horizon 2017, soit 175 mille tonnes par rapport aux performances exceptionnelles de 85 mille tonnes réalisées par le pays au cours de la campagne 2013-2014. Avec 3 millions de dollars US, le Projet d’amélioration de la compétitivité de la mangue au Sénégal (PACMS) a été lancé mardi à Dakar. Selon son directeur, le PACMS concerne les zones de la Casamance, du Centre et des Niayes.

Ces zones précitées se distinguent par leurs fortes potentialités en produits horticoles, notamment en production et consommation de mangues en grand nombre dans les régions de Ziguinchor et Kolda.

D’ailleurs, selon le ministre du Commerce Alioune Sarr qui présidait le lancement du projet, la Casamance, à elle seule, concentre 57 % de la production nationale de mangues. Pour cela, il a annoncé une augmentation de la capacité de stockage de mangues dans la région, en créant précisément un centre de conditionnement dans le département de Bignona, à quelques trente kilomètres de Ziguichor.  Sans nul doute, l’érection de l’infrastructure mettra du baume au cœur aux 30 mille femmes de la zone actives dans la filière de la mangue. Toutefois, ces dernières font souvent face à d’énormes difficultés dans l’exercice de leurs activités horticoles.

Par exemple, dans la région de Sédhiou (Sud) où le Groupement d’intérêt économique «Alima Diwane» agit, la directrice expose les problèmes auxquels, lui et ses employés, font face.

«D’abord, les marchés locaux restent, pour nous, difficilement accessibles car il n’existe pas suffisamment de moyens de communication. En plus, pour exporter les mangues vers Dakar, (capitale située environ 500 kilomètres), nous devons traverser deux à trois nuits de trajet. Il y a aussi le fait qu’on ne trouve pas d’autobus ni de cars pouvant transporter notre produit car c’est une denrée très vite périssable, et les propriétaires de voitures ne s’engagent pas à la transporter».

A côté de ces problèmes de transport, les femmes font aussi face au manque de financements, à des taxes considérées comme élevées pour les petites et moyennes entreprises ou bien à un manque de terres.

«A Taîba Ndiaye (village dans la région de Thiès), il y a souvent des conflits fonciers entre les entreprises et les populations locales», affirme Maguette Ndiaye, une jeune femme active dans l’horticulture. La dame ajoute que, de manière récurrente, des entreprises immobilières viennent spolier les terres des populations locales, en complicité avec les autorités et au détriment des autochtones.

Ou bien Dr Valérie Quenum Ndiaye, directrice d’une PME de transformation de mangue, ajoute qu’il n’existe pas une incitation fiscale et que les taxes sur les PME sont égales à celles de grandes firmes.

Une fois ces contraintes levées, le Sénégal pourra conquérir avec fierté le marché occidental. Et là, comme l’a dit l’ancien ministre du Commerce Aicha Agne Pouye, il est essentiel pour le Sénégal d’améliorer la compétitivité de son appareil productif, surtout, dans le contexte de la conclusion des Accords économiques de partenariat (APE).

© OEIL D’AFRIQUE

 


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