Supra-Négritude : Retour triomphal de Kemi Seba à Paris

Supra-Négritude : Retour triomphal de Kemi Seba à Paris

Kemi Seba Supra Négritude

Kemi Seba Supra Négritude

Samedi 4 mai 2013, nous y sommes. C’est le grand jour pour Stellio Capo Chichi communément appelé Kemi Seba. Deux ans après son départ de la France pour le Sénégal, l’enfant terrible de l’ex-Tribu K est de retour pour la présentation de son premier ouvrage au titre évocateur « Supra-Négritude ».

Le rendez-vous est donné au Théâtre de la main d’or. Un endroit devenu un lieu de résistance, surtout lorsque l’on connaît le célèbre propriétaire des lieux, l’humoriste Dieudonné MBala Mbala.

Devant l’établissement, c’est la foule des grands jours. Le public afflue et l’organisation préparée au succès qui s’annonce ouvre les portes. Les détenteurs du livre sont les premiers à accéder à la salle. « Une quenelle » selon Kemi Seba, puis que cela signifiait que le droit d’entrée à sa conférence était facturé à 19 euros le prix de l’ouvrage. Le seul moyen qu’il a trouvé pour rester indépendant. La salle s’est vite retrouvée remplie. Il a fallu mettre d’autres spectateurs sur les marches. Mais cela n’a pas suffi. La capacité de 250 à 300 personnes a vite été absorbée. Les retardataires n’ont pas eu le choix que de suivre la conférence dans le hall d’entrée.

Avec un léger retard, Kemi apparaît sur la scène sous des applaudissements d’un public heureux d’enfin voir l’homme de la radio Afro insolent, le frère, l’ami qui manquait à beaucoup.  Dans un costume sombre tiré à 4 épingles, Kemi paraît surpris de l’accueil. Il n’est pas le seul. Le service de sécurité y va de son commentaire « ce n’est pas souvent que la salle est autant remplis en dehors des spectacles de Dieudonné ».

Supra-Négritude

Introduit par Salim Saïbu, auteur et patron de la maison d’édition Fiat Flux, éditeur de Supra-Négritude, Kemi Seba prend la parole avec des salutations qui vous plonge de suite dans le bain. L’homme a un seul message qu’il va tout au long de son intervention marteler. Son projet, « Briser le combat de l’intégration ». L’homme s’est toujours étonné du combat de ces frères africains qui se battent pour une place dans une société qui ne veut pas d’eux. Mais pour y arriver, il faut réussir à éveiller les consciences. Il y va de son constat sans appel concernant l’échec de l’économie occidentale, de la politique libérale des nations du nord. « La maison brûle et vous, vous voulez y entrer ». Le retour en Afrique n’est surement pas pour tous. La diaspora africaine dans son ensemble n’y retournera pas. Mais pour ceux qui restent en occident, il leur demande d’arrêter l’attitude victimaire.

Conscient de la charge de son combat et de son efficacité aux près des frères et sœurs africains, Kemi a sa solution, prôné depuis les années 90. « S’ils ne veulent pas de nous dans leurs restaurants, leurs boites de nuits, il faut alors s’organiser et créer nos restaurants et nos boites de nuits. »  S’inspirer de la communauté asiatique qui a su exister sans s’intégrer totalement et renier ce qu’ils sont. « Cette organisation en communauté ne veut pas dire rejeter les autres. » Précise Kemi.

Anti blanc, antisioniste, polémiste, raciste pour d’autres, le nom de l’auteur de Supra-Négritude est facilement associé à des qualificatifs qu’il rejette avec force. Rompu par le sens de la communication, Kemi Seba n’oublie pas de saluer ses amis de la DCRI (Direction Centrale du Renseignement Intérieur) qui serait infiltré dans la foule. Il signale qu’il ne peut pas tout dire même s’il pense « qu’on est entre nous. C’est filmé et je ne voudrais pas recevoir une convocation à Dakar ». Il ne pourra pas se priver de rappeler que lui ne reconnaît aucun peuple élu. Il n’ a pas voté pour lui.

De ces détracteurs Kemi Seba n’aura finalement eu aucun mot sauf cette petite phrase : « Je ne cherche pas la reconnaissance de ceux qui n’aiment pas les africains ».  Si ces propos sont parfois choquants, laissant croire à une violence verbale, il les explique par son souhait de réveiller le peuple qui est dans le coma. Et pour cela, il faut un électrochoc.

En conclusion, Kemi Seba dit avoir des frères de couleur et de douleur. Et son combat est ni plus ni moins un témoignage d’amour pour ses frères et sœurs africains.
Roger Musandji
Twitter: @rogermusandji

Roger Musandji

Roger Musandji

Fondateur de RM COMMUNICATION, société éditrice d'Oeil d'Afrique.


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