Syrie : Assad « fait partie de la solution », selon l’ONU

Syrie : Assad « fait partie de la solution », selon l’ONU
Bachar al-Assad

Le président syrien Bachar al-Assad le 26 janvier 2015 à Damas|AFP

Le président Bachar al-Assad « fait partie de la solution » en Syrie, a pour la première fois explicitement souligné vendredi le médiateur de l’ONU Staffan de Mistura, après quatre années de combats qui ont surtout profité au groupe Etat islamique (EI).

« Le président Assad fait partie de la solution » et « je continuerai à avoir des discussions importantes avec lui », a souligné l’envoyé spécial de l’ONU pour la Syrie, qui vient d’effectuer une visite de 48 heures à Damas.

M. de Mistura, qui s’exprimait à l’issue d’une entrevue à Vienne avec le chef de la diplomatie autrichienne, Sebastian Kurz, doit présenter le 17 février au Conseil de sécurité un rapport pour stopper la guerre civile.

Il a réitéré sa conviction que « la seule solution est une solution politique » et que faute d’accord, « le seul à profiter de la situation » est l’EI, qui est « comme un monstre qui attend que le conflit se poursuive pour prendre avantage de la situation ».

M. Kurz a de son côté relevé que « dans le combat contre l’EI, il peut être nécessaire de lutter du même côté » que Damas, même si « Assad ne sera jamais un ami ni même un partenaire ».

C’est la première fois qu’un envoyé spécial pour la Syrie évoque de manière explicite le président Assad, que les rebelles cherchent à renverser depuis quatre ans, comme faisant partie de la solution au conflit.

Troisième émissaire de l’ONU pour la Syrie après Kofi Annan et Lakhdar Brahimi, M. de Mistura s’était concentré jusque-là sur l’instauration d’un gel des combats, notamment avec la métropole d’Alep (nord) comme modèle.

Avant lui, le diplomate chevronné Lakhdar Brahimi avait réuni régime et opposition pour des pourparlers à Genève début 2014, mais avait buté sur le refus catégorique de Damas de discuter du sort d’Assad. Il avait critiqué la tenue d’une présidentielle en plein conflit à l’été 2014, s’attirant les foudres du régime qui l’avait alors accusé d’ »outrepasser sa mission ».

Selon un sondage publié jeudi, une majorité des habitants des quartiers rebelles d’Alep sont favorables à un gel des combats proposé par M. de Mistura, mais doutent de son application.

Jeudi, l’armée syrienne a encore bombardé des localités rebelles sur le plateau du Golan, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme, une ONG.

En quatre ans, la guerre civile en Syrie a fait 220.000 morts, 1 million de blessés et 4 millions d’exilés, sans qu’une victoire militaire ne soit envisageable, a rappelé M. de Mistura vendredi.

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