Tchad: Internet toujours coupé au lendemain de la présidentielle

Le président tchadien Idriss Deby Itno

Le président tchadien Idriss Deby Itno

Les réseaux internet étaient toujours coupés lundi dans N’Djamena au lendemain de la présidentielle au Tchad qui s’est déroulée dans l’ensemble sans grave incident mais sous forte présence militaire, a constaté l’AFP.

L’internet mobile avait été interrompu dès dimanche matin et l’internet fixe dans la soirée. Les sms ne passent plus non plus sur le réseau local.

Ces mesures d’isolement, nullement expliquées par les autorités, empêchent de fait les opposants de communiquer entre eux au sujet des conditions de déroulement du vote de dimanche auquel se présentaient 13 candidats, dont le président Idriss Deby Itno, au pouvoir depuis 26 ans, et qui brigue un 5e mandat.

Cette situation rappelle celle du Congo où les autorités avaient coupé tous les réseaux de télécommunications (téléphone, sms et internet) pendant quatre jours lors de la présidentielle du 20 mars.

Autre signe de crispation du pouvoir tchadien, certains médias internationaux télévisés, qui avaient l’autorisation de tourner jusqu’à dimanche soir, étaient toujours lundi en milieu de journée dans l’attente d’une nouvelle autorisation de travailler de la part du ministère de la Communication, et empêchés de fait de suivre l’après-élection.

Dimanche soir, une équipe de TV5, qui couvrait des échauffourées entre des militaires et de jeunes opposants dans le quartier Ampata Grillage (7e arrondissement) au sujet de bourrage d’urnes, s’est vu enlever brutalement sa caméra par les militaires.

Elle leur a été rendue plus tard dans un commissariat, mais avec le sujet filmé effacé, a précisé à l’AFP l’équipe de TV5. Suspendue dimanche pendant le scrutin, la circulation a bien repris dans la capitale et le déroulement du vote était abondamment commenté dans les quartiers pauvres où l’on espérait toujours, sans trop y croire, « un vrai changement ».

Dès dimanche, le chef de l’opposition Saleh Kebzabo a accusé le régime « de bourrages d’urnes et de ventes de cartes d’électeurs ». En l’absence de sondages post-électoraux, il était impossible de connaître les tendances du vote, dont les résultats provisoires ne sont attendus que dans 15 jours, selon la Commission nationale électorale indépendante (CENI).

Le président sortant semble cependant devoir l’emporter – tant l’appareil d’Etat et son parti le Mouvement patriotique du Salut (MPS) disposent de moyens supérieurs à ceux de leurs concurrents – la question étant de savoir si ce sera au premier ou bien seulement au second tour en raison du nombre de candidats en lice dimanche dernier.

AFP


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