Tribune : WHO RUN THE WORLD ?

femme, journée de la femmeCette année encore, le 8 mars sera l’occasion de célébrer LA FEMME ou LES FEMMES, comme chaque année depuis 100 ans ! Oooh la bonne blague !

En y réfléchissant, je dirai même plus Ohhh la mauvaise blague. Pourquoi devrions, nous, les femmes qui représentons 49,6%[1] de la population mondiale avoir une journée qui nous célèbre ou nous rend hommage?

Cette journée est pour moi comme une gifle qui vient meurtrir ma joue chaque année à la même date. Encore une injustice, qui rappelle que nous les femmes, sommes différentes… Or toute la raison d’être du 8 mars est de rappeler que nous devrions être les égales des hommes…Ce qui est encore une fois, une bonne blague…mais bon,  JOKER, je passe…

Est-ce qu’il y en a une journée qui célèbre les hommes ? Non.  Mais non, enfin, les hommes sont célébrés tous les jours, à chaque heure et à chaque seconde, du 1er janvier au 31 décembre, vu que c’est eux qui semblent fixer les règles.

En effet, ils siègent dans les hautes sphères de prise des décisions que ce soit à l’Assemblée Nationale, dans les tribunaux, dans les grosses multinationales et petites entreprises, dans les universités les petites comme les grandes, etc. Même dans des domaines qui semblent être réservés aux Femmes comme la Mode, la Coiffure, les grands couturiers répondent rarement aux noms de Coco (Chanel), d’Elsa (Schiaparelli), ou de Madeleine (Vionnet) mais plutôt Paul (Poiret), Yves (Saint-Laurent), Christian (Dior ou Lacroix), Jean (Patou), Pierre (Balmain ou Cardin), Jean-Paul (Gaultier) et j’en passe ! Ne parlons pas de la coiffure, ni de la Gastronomie car là-bas aussi les hommes occupent le haut de l’affiche.

Revenons au 8 mars, en allant surfer sur le site de l’UNESCO, on y apprend ceci : « La Journée internationale de la femme est l’occasion de célébrer chaque femme, de n’importe quelle origine. C’est un cri de ralliement ; l’occasion de réfléchir et progresser vers l’égalité des genres et l’autonomisation de toutes les filles et les femmes. C’est une journée pour fêter les actes extraordinaires des femmes et faire front commun pour la promotion de l’égalité des genres. Cette année, le thème de l’ONU pour la Journée internationale de la femme est « Planète 50-50 d’ici 2030 : Franchissons le pas pour l’égalité des sexes » Malgré les énormes progrès réalisés depuis 1975, les femmes sont encore sous-représentées dans un trop grand nombre de secteurs de la société, compromettant les progrès et le développement durable. Les inégalités limitent la créativité et le talent et étouffe l’inclusion et le pluralisme. Cela n’affecte pas seulement les femmes – il affaiblit le tissu même des sociétés. »

A la lecture de ce qui précède, il y a de quoi se poser une question : A qui la faute ?
Comment en 2017, nous en sommes encore à chercher la promotion et le respect de la femme ? Comment en 2017, avec tout ce que la femme a prouvé depuis plus d’un siècle, la femme en est encore à devoir chercher des voies et moyens pour s’imposer et en imposer ? Comment en 2030, soit dans 13 ans, allons nous y arriver ?

A qui la faute ? Aux Hommes, bien-sûr, j’entends d’ici les voix s’élever sans oublier les points vengeurs se montrer ! A qui la faute ? A la société bien-sûr, je vois d’ici les attroupements des féministes ou autres manifestantes agitant leurs banderoles aux slogans éloquents ! A qui la faute ? A tout le monde, sauf aux femmes bien-sûr et pourtant… Elles sont les premières coupables, fautives.

Ah… là, je n’entends plus rien. Chut.  Silence.  Ceux qui me lisent ont le souffle court, voire coupé. Ils ou elles se disent : que veut-elle dire ? Comment peut-elle écrire cela ? C’est quoi son problème à celle-là ? J’y arrive…Don’t be afraid, the Winter is not coming, my opinion will be explain…

Un proverbe américain dit «  La main qui fait osciller le berceau gouverne le monde ». J’ai lu et relu ce proverbe, et il peut signifier « Les enfants représentent l’avenir. Quiconque élève un enfant possède un pouvoir sur le futur, crée l’avenir ». Vous voyez où je veux en venir ? Toujours pas ?

Qui oscille le berceau des enfants ? Souvent ce sont les femmes, les mères.
Qui malgré un emploi du temps professionnel chargé, gère et organise le quotidien de la famille ? Souvent, ce sont les femmes.

Bref, ce que je veux dire, c’est que nous les femmes sommes celles qui ont « la main sur le berceau » donc celles qui ont le pouvoir, le devoir, le rôle de montrer à travers l’éducation que nous donnons à nos enfants et ce, dès leur enfance, le respect, la considération que nos filles doivent avoir envers elles mêmes et les autres femmes, que nos garçons doivent avoir envers leurs mères, leurs sœurs, leurs tantes, les femmes pour que demain quand ils occuperont des postes de décisions qu’ils puissent agir dans le sens de la considération et de la crédibilisation des Femmes.

Oui, je sais l’éducation n’est pas le seul facteur qui rentre en ligne de compte dans le caractère d’une personne, il y a aussi la société, l’environnement, etc.  Mais ne pensez-vous pas que si nous les Femmes dans notre rôle de mère avions conscience de « tenir le berceau », avions cela en tête, que nous éduquerions nos fils afin d’en faire des hommes respectueux, nos filles afin d’en faire des femmes, et non des amazones urbaines, intelligentes, audacieuses, accomplies et bien dans leurs peaux? Et ouvrirons ainsi le champ des possibles pour nos fils et nos filles ?

Si les femmes avaient conscience de leur force, de ce pouvoir, elles ne se réjouiraient pas du 8 mars car à bien considérer cette date, je trouve que cette journée est insultante ! Elle met la Femme dans une position de victime qui a besoin d’être protégée et j’en passe. Or, une femme au premier abord est une femme, pas une victime, mais une femme. Et j’ajouterai pour ma part, que je ne suis ni abattue, ni battue mais une  battante.

Vraiment, le 8 mars m’énerve car chaque année elle veut que je regarde les hommes comme des bourreaux d’un crime qu’ils n’ont pas commis. Car l’homme et la femme ne s’opposent pas, ils se complètent.

Je déteste le 8 mars pour la simple et bonne raison que c’est nous les Femmes qui dirigeons le monde, sauf que nous n’en avions pas vraiment ou encore pas bien pris conscience, et la journée du 8 mars ne nous y aide pas ! Et sur ce coup là, ce n’est pas Beyoncé qui me contredira…Who run the world ? Girl ! Just think about it !

Lydie OMANGA,
Consultante en communication
@lydieOmanga


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