Il y a un peu plus de deux ans, le slogan « Diomaye moy Sonko » résumait une équation politique simple : un homme, un projet, deux visages. Aujourd’hui, cette formule ressemble davantage à une épitaphe qu’à un cri de ralliement.
Le 1er mars 2026, lors d’une diffusion en direct, le Premier ministre Ousmane Sonko a averti que son parti, le PASTEF, était prêt à quitter le gouvernement et à rejoindre l’opposition si le président Bassirou Diomaye Faye s’écartait de la ligne politique commune. La déclaration a fait l’effet d’une bombe dans un pays qui croyait tenir enfin son alternance véritable.
La rupture est née en novembre 2025, lorsque le président Faye a écarté Aïssatou Mbodj, proche de Sonko, pour la remplacer par Aminata Touré comme coordinatrice de la coalition présidentielle. Cette nomination a entraîné l’absence d’Ousmane Sonko au Conseil des ministres. Depuis, les signaux d’une fracture s’accumulent.
Le 7 mars, la réponse de Faye est venue, cinglante et méthodique. Il a présidé la première assemblée générale de sa coalition « Diomaye président », qui se structure pour devenir une force alternative au PASTEF, avec en ligne de mire les prochains rendez-vous électoraux.
La question de l’éligibilité de Sonko à la présidentielle de 2029 reste entière. Sa condamnation pour diffamation, confirmée en appel, entraîne une inéligibilité de cinq ans — une épée de Damoclès juridique que certains observateurs considèrent comme le véritable enjeu de cette crise.
Le Sénégal champion d’Afrique de football et champion d’Afrique de la turbulence politique : deux titres que le pays cumule désormais en même temps.